La Saintélyon, une histoire de mental

Samedi 1 décembre 2012, nous voilà arrivés au Parc des expos de Saint Etienne après avoir tourné pas mal dans la ville et notamment autour du mythique stade Geoffroy Guichard des verts. On débarque dans ce hall A, avec pour premier objectif de récupérer son dossard, le mien sera le n°8069 alors qu’il aurait du être 8060, ce fâcheux incident empêchera quiconque de me suivre sur le suivi live, même la puce ne fonctionnera pas, étant donné que j’ai fait toute la course avec Gregory dossard 8059, son classement et ses passages seront identiques aux miens.
Dans l’histoire, j’ai été un peu privilégié car nous avons pu bénéficier d’un accueil presse, dans la salle isolée du fond du hall B, une fois mes affaires déposée, je décide d’aller sur le salon pour aller voir les trophées du Trail 2012 avec l’élection  du meilleur blog trail de l’année 2012 « Des bosses et des bulles » au coté d’Emilie Lecomte, meilleure féminine 2012, Arnaud Lejeune, et Fabien Antolinos .
Derrière, je suis allé voir notre ami Nicolas Contrain d’OFF RUN, complètement débordé, exténué qui à fait un carnage avec le nouveau système de chaines à rapporter sur les chaussures. Les coureurs étaient littéralement enthousiastes sur le système et se l’arrachaient, j’en ai vu beaucoup en course, don certains n’avaient rien compris au système car ils les avaient mis dès la ligne de départ.
Je vais également croiser le président du TTT, l’ami ricoré, très stressé car il a paumé son fameux bracelet pour rentrer dans le SAS de départ, donc il est en pression, derrière je chercherai désespérément les membres de la Runnosphère pour aller discuter mais malheureusement je n’ai pas leur numéro donc on remet ça sur une prochaine course. J’apprendrais plus tard que la majorité c’est pointée au Parc des expo entre 23h15 et 00h00 donc au moment ou je me préparais…
21h30 après avoir tourné et retourné, je décide d’aller à la Pasta, on a accompagné Cédric qui courrait la Saintéexpress à sa navette, pas stressé un pet, il à même terminé 90e en ayant plus de frontale sur les 20 derniers kilomètres. La Pasta, c’était quand même un peu le bin’s, après avoir attendu plus de 30′, c’est enfin mon tour de manger, je suis parti de Toulouse à 5h00 du matin, à ce moment là de la soirée, je ne me suis pas assis donc je suis vraiment très fatigué, je ne décrocherai pas beaucoup de mots au repas, j’ai  vraiment sommeil, l’anecdote  c’est que je suis assis à coté de 2 chirurgiens lyonnais spécialistes de la cheville et du genoux qui se lancent des blagues sur les entorses, ligaments et autres… ça a le dont de me faire sourire, ils sont pas tout jeunes et ils vont s’aligner sur la « grande »!!
22h30, la pression monte gentiment, à ce moment là je me dit qu’il faut que je me repose absolument sinon c’est l’échec assuré, je me dépêche de préparer mes affaires et de me changer, ça fait plus d’un moi que j’utilise les produits X-Bionic, et je vais prendre le départ avec, le collant est tout simplement génial, composé de je ne sais combien de matériaux différents, je n’ai jamais eu froid au jambes de toutes la course, la première couche sera également une X-Bionic, 2e couche sweat Newline visio 360° jaune fluo on va pas me louper. Et pour finir une veste Windstopper Asics, la triple couche aura tenu jusqu’au bout je n’ai pas eu froid également sur le haut durant les 70kms.
Dernière question, chaussures? Route ou Trail? Ça m’a travaillé toute la semaine, 1h30 avant je sais toujours pas, puis si, au final je vais partir sur les routes,New Balance revlite 890v2, je joue la carte du confort, il y a trop de route pou
r avoir mal au pieds et abandonner à cause d’ampoules…Les chaussures trail étaient des SpeedCross 3 de Salomon, mais beaucoup trop cramponné, je les gardes pour des trails courts et notamment boueux, ou encore dans la neige.
Maintenant je prépare mon sac, on se fou de moi car certains disent que j’ai emporté ma maison, oui j’ai une tenue complète de change et au petit matin je serais heureux d’être dans du sec. Niveau alimentation j’ai pris pas mal de trucs que je ne me servirai pas au final, puis surtout je prends 2L d’eau + un bidon à coté, car la stratégie de Greg est de ne pas s’arrêter au premier ravito.  Je glisse ma poche à haut dans le sac Raidlight endurance 14L, puis repli mon gros sac pour le déposer au camion pour tout récupérer au petit matin…
J’arrive au bon moment il n’y a pas forcément trop de monde, je colle l’étiquette et j’arrive au camion ou je dépose mon sac, à mon retour dans la salle, il y a du monde autour de mon sac de course, ma poche à eau fuit!! Alors là c’est toute la misère du monde qui s’écroule sur mes épaules, je vais devoir me taper toute la course avec le dos trempé, je sort vite mes fringues à l’intérieur pour les épargner, je jette la poche à eau pour la réparer plus tard, je m’endormais c’est fini je suis bel et bien réveillé et surtout avec le palpitant à 200. Greg me dis de vite le mettre sur le chauffage pour pouvoir le faire sécher une petit peu, en partie ça va marcher… En fait lors du dernier nettoyage de ma pocha à eau j’avais mal revissé le raccord de la partie basse et ça fuyait pas là, l’erreur de jeunesse… Je remballe tout, visse la Nao Petzl que l’on m’a pretté, dans la salle il y a les elites dont Manu Gault que je regarde se préparer minutieusement, il le porte en lui qu’il joue la gagne, il est concentré au possible, aucun détail n’est négligé, il va courir seulement avec une fiole de coca et 2 barres, son assistance sera là pour gérer le reste…Il est quand même un peu nerveux sautille, fait ces gammes, il lui tarde d’en découdre, nous aussi mais il sera au lit que je courrais encore….
23h30, on est dans le grand hall, l’excitation est à son comble, tout le monde reste au chaud,mais il va falloir aller sur la ligne de départ, il fait -2°C, les pare brises sont gelés. On est avec Remy Jegard de RunningMag, c’est sa première Sainté comme nous, il a le stress au niveau de la tenue car il pense qu’il n’est pas trop couvert comparé à nous, j’empreindrais le lendemain qu’il a jeté l’éponge au 40e…
23h40 on se dirige vers la ligne de départ ça y est on y est pas de marche arrière, tout le monde déconne, mais c’est bel et bien pour cacher la peur d’affronter ces 70 bornes, ce n’est pas une promenade de santé, on se lance pas sur de tel parcours inconsciemment, on sait que l’on risque de souffrir.
23h50, je suis rentré dans le SAS 7-9h, quelques photos avec Greg pour immortaliser cette soirée
00h00, Top départ 12000 loupiotes sont allumées, Christine Arron nous souhaite bonne chance, juste cet instant quand tu passes la ligne de départ, ou tu te sens invincibles, où tu te dis que tu es heureux d’être là, peut importe la suite, tu est en train de prendre une sacrée dose d’adrénaline!!! Maintenant place à la course…
Saint Etienne – St Christo- En-Jarez:
C’est la partie que je vais apprécier de la course, le départ est très roulant, ça me fait vraiment penser à un marathon quand je regarde la foule de coureur, cette impression de vague géante, les 6 premiers kilomètres nous mettes clairement en confiance et surtout il nous permettent de se chauffer tranquillement après avoir poiroter un quart d’heure dans le SAS, certains sont très organisés, je vois des LED sur les sacs à dos ou d’autres avec des cornes de diables clignotantes  cette Sainté à vraiment une ambiance particulière, mais globalement tout le monde est concentré ça ne rigole pas plus que ça… On gère ce passage au cardio car on veut pas forcément s’emballer pour le payer plus tard, les sensations sont là. Au 7e, l’aventure commence vraiment avec un bon « tape cul » comme disent les cyclistes  ça à le dont de vous faire monter les puls, on gagne très rapidement 150m de D+, puis…ça y est virage à gauche, le premier sentier, les premières plaques de verglas, les premières gamelles, globalement le peloton est assez nerveux car l’on est « groupir », la méthode que nous tiendrons jusqu’au bout avec Greg et de crier notre prénom de temps en temps pour que l’autre réponde car une fois perdu de vue, c’est fini on ne se retrouverai plus.
A Albuzy on continu de monter direction le col de la Gachet, la montée est tout simplement inoubliable  plusieurs fois, je me retournerai pour admirer le spectacle et me dire que je suis fier d’être là, de voir ces centaines de frontales qui forment une chenille don le corps ferai des kilomètres. Les quelques décentes à négociées se font plutôt sur les bas cotés pour éviter toutes les pierres rendues très glissantes pas le froid et le givre.
Très vite on va arriver au panneau St Christo, où l’on sent une grande excitation car c’est le deuxième relais et le premier ravito. La stratégie est claire, on ne s’arrête pas à celui là car il y a beaucoup de monde on verra le second, on passe donc en trottinant devant la tente et durant la cote traversant le village, au aura mis 1h44 .

St Christo – Ste Catherine:
Le mental est là, les jambes aussi donc on continu sur notre lancée, on redescent par la route, finalement j’aime ces parties bitumes car ça me permet de récupérer même si les chocs sont là, au moins on est sur du dur, on peut prendre appuis sans glisser. On saute un fossé et l’on grimpe une sacré cote avec de plus en plus de neige, on est à 18 bornes du départ, ça me fait encore sourire, je le perdrais un peu plus tard.
Après l’Hôpital on grimpe en direction du point culminant de la course à 879m à mon Garmin, ça fait 20km que je regarde ma montre car j’était persuadé qu’il était à plus de 900m donc je suis en partit déçu, mais quand même fier d’être au plus haut, je me motive en me disant qu’à partir de là de toute façon ça ne fera que descendre…mouai on se motive comme on peut n’est ce pas?
Depuis déjà 100m j’aperçois un feu sur le haut de la crête avec le bruit des cloches, un groupe d’amis ou de bénévoles j’en sais rien, sont en train de se faire un barbecue par -7° avec un vent à décorner les boeufs et ils sont là à encourager tous les coureurs c’est juste un moment magique, et je peux vous garantir qu’il n’y a pas un coureur qui ne les as pas remerciés  en faisant un geste de la main… Sur quelques kilomètres on va longer la crête, j’ai l’impression de perdre mon visage tellement il fait froid et surtout que je n’arrive pas bien à arranger mon buff pour me couvrir le cou, à l’heure ou j’écris ce CR je le paye car j’ai sacrément la crève. Bref, on court sur la neige, et là il y en a des tonnes, un vrai trail blanc… Mais c’est le seul instant de la course ou j’aurais vraiment le sentiment de courir un trail on est peu nombreux, je suis devant pour une fois, la Nao pleine puissance qui m’éclaire comme un phare de voiture, et presque la sensation d’aller vite (pas comme Manu Gault, faut pas pousser non plus), mais ça envoi! Pendant un petit moment on va courir assez bien dans les sous bois, les lumières des frontales réverbèrent sur la neige et sur la voûte que forme les arbres c’est tout simplement magnifique.
Puis on arrive au niveau de Le Chatelard, avec une grosse descente dans la merde, il n’y a pas d’autres mots, on en a jusqu’au chevilles, ça vous transperce les chaussures, glace les pieds… La descente est assez technique ça fait ralentir pas mal de monde, puis on commence à voir le ravito de Sainte Catherine, on a fait du beau boulot, mais je commence à avoir mal au coup de pieds ce n’est pas de très bonne augure… On passe l’arche en 3h27, on est jusque là sur de belle bases. Maintenant place à la soupe chaude….

Sainte Catherine –  St Genoux:
Après une bonne halte au ravito et surtout une guerre pour récupérer 3 gâteaux du fait qu’il y ait un monde pas possible, on repart tranquillement, dans ma t^te je me dis aller il te reste plus qu’une « saintéexpress »…Après une belle montée, on va se retrouver dans de la neige mais pas de la neige de pacotille  de la bonne poudreuse, c’est bizarre je pensais pas être venu pour skier mais l’an dernier à même époque dans les Pyrénées il y en avait moins…
La descente va être un vrai « stop car » trois quatres foulées puis pang on se cogne le mec devant, c’est simple avec la neige, le parcours c’est transformé en single géant il n’y a plus de place ailleurs, ça va être un peu chiant pour tout dire, car on avait repris le rythme et on parfois complètement à l’arrêt, je ne joue pas le chrono, mais je pense à tout ce qui sont venus chercher ça comme Mangeur de Cailloux alias Julien ça pas du être facile de voir tout ce monde.
Ça y est on rentre dans le fameux Bois d’Arfeuille, c’est le seul passage don on m’avait dit ça difficulté, entre feuille et cailloux sur le sentier… ben pour tout vous dire, on ne ma rien caché, ça glisse de partout entre les racines, le verglas, la boue, les feuilles, mon collègue Greg se prend une bonne crêpe sur un appuis, il faut faire gaffe, je décide de faire les bordures pour éviter les chutes car j’ai pas envie d’arrêter sur blessure, là ça serait vraiment la honte…A force de persévérance on voit enfin le bout du tunnel ou plutôt du bois, je suis lessivé  d’avoir freiner la foulée, du coup j’ai les cuisses assez dures, et surtout le coup de pied en feu pire que lors de mon dernier marathon, ça m’empêche complètement de courir, on est redescendu vraiment bas et je vois les lumières du ravito de St Genoux sur les hauteurs avec la file indienne de frontales et je me dis qu’on est pas forcément à coté, je commence à en avoir marre j’arrive plus à prendre du plaisir, et à ce moment là je passe devant le panneau 35km!!!!
PUTAIN on est qu’à la mi course 4h57 à ma montre aie aie aie, je commence à broyer du noir et ce ravito qui n’arrive jamais, je pense de plus en plus à l’abandon…
On arrive enfin sous la tente,5h09 de course il n’y a pas de place c’est bondé, je prends un thé (excellent d’ailleurs sur toute la course ce thé sucré aura été un succès pour moi), je vais m’asseoir à coté de la grange des secours contre une porte d’étable et je me demande ce qu’il faut que je fasse, à ce moment là, passe plus d’une soixantaine de mecs dans leur couverture de survie qui eux abandonne, je me dis au moins ils partent au chaud… Greg me met un coup de motivation, je décide de changer de chaussettes au moins je repartirais au sec à ce niveau là…

St Genoux – Soucieux:
Cette portion sera le cauchemar de la course, j’avais pas forcément envie de repartir, mais je me dis qu’abandonner n’est pas la solution, puis surtout qu’il faudrait que j’attende des lustres avant d’être rapatrié donc autant courir on avisera plus tard. Ce passage n’est qu’une succession de montées et de descentes qui me brisent les pieds, les quadris, il parait que l’on est dans une nouveau passage, le bois de le Dame, perso c’est ma première Sainté donc ça me change pas la donne…
mais punaise que ces moments sont longs, je regarde les chiffre des centaines défilé sur mon Garmin, il n’avance vraiment pas, je me dis que l’arrivée est à une éternité, puis pour couronner le tout je suis persuadé qu’il ne reste qu’un ravito jusqu’à la fin de la course d’ou ma motivation d’arrêter là, mais là justement on est au milieu de nulle part donc il y a obligation de rallier l’autre ravito.
A ce moment là je suis très heureux de partager la course avec Greg, on va récupérer dans toutes les montés, j’essaye de ne pas le freiner dans les descente, j’ai pas envie d’être un boulet pour lui, alors dès que je le peux je me met à trottiné, je me met à ces cotés et on repart  comme ça jusqu’à Soucieux, on mettre quasiment 2h00 pour faire 11 bornes, même en marchant je serais allé plus vite je me dis avec le recul…
Soucieux, là je me dis stop, je peux quasiment pas marché, il faut que l’on fasse une pause, ça fait 7h08 que l’on est parti, j’ai passé les 42kms chose que je n’avais jamais fais dans ma vie, je suis dans l’inconnue la plus totale…
On rentre dans la salle, la chaleur, je m’assois à coté d’un gars qui me parle avec un accent suisse (il y vit), mais il est est originaire du Québec, Greg me dit qu’à partir de là c’est interdit d’abandonner, on s’est pas tapé 50 bornes pour arrêter à 20km de la fin, il a pas tord, sur ça le suisso-quebequoi renchérit et m’explique ses coups de mous en course, comme à l’éco trail ou il à fini en mode marche… mais c’est pas mon cas, il y a pas moyen que je fasse 20 bornes en marchant….bref je dis « STOPPPP », vous m’avez convaincu je repars…et je vais finir, à partir de ce moment là, je déconnecte les pensée négative je me met en mode finisher. Je change mon haut, Greg en fait de même ainsi que ces chaussettes, puis on repart!!! Là j’apprends la bonne nouvelle ça sera 80% de bitume jusqu’à l’arrivée… Je décide d’envoyer un texto à ma femme, pour la rassurer car je pense qu’elle sait pas du tout où j’en suis, et pour lui dire aussi que je repars…

Soucieu – Beaunant:
On ressort donc du ravito, et il fait jour, ça change complètement la course, et la manière de courir, on court la tête haute, en évitant juste le verglas, ça va mieux, on déconne  en sortant de vieilles tirades de caméra café, mon nouveau surnom est vévert, je dis à Greg que part chance je ne porte pas les mêmes cravates au boulot… Mais tout va mieux, comme quoi le cérébral à vraiment la main mise sur le physique et c’est sur des courses comme celles ci que je viens chercher mes limites en vu de grosses échéances de 2013… On va traverser des petits patelins, puis il va se mettre à neiger de plus en plus, là je crois que l’on est plus à ça près de toute façon, certains se sont levés pour nous applaudir en allant chercher leur journal et les chocolatines, ça fait vraiment plaisir après avoir passé une nuit à lutter contre les éléments et contre soit même. On va faire un bout de chemin avec une jeune fille qui n’a rien, ni camelback, ni ceinture, elle nous dit en plaisantant qu’elle est bien assez lourde du coup elle à pas besoin de s’alourdir plus, on lui demande si elle fait le relais, elle nous répond que oui le 2e relais de 42 bornes, on explose de rire comme quoi ça va mieux…je lui demande aussi si elle a parier du fric, parce qu’il faut quand même être un peu maso pour faire ça, à son tour de rigoler….
Après une ultime descente qui fini de me lassérer les pieds on arrive au dernier ravito, j’en ai rêvé toute la nuit, on est à 9h14 de course, on décide de pas s’y éterniser trop longtemps car à chaque fois la reprise est douloureuse, 2 cookies et ça repart…

Beaunant – Gerland!
On repart, ça sent la civilisation, on traverse une artère de la ville, y a pas foule quand même, puis Greg me parle d’une cote, on longe un viaduc et BANGG… une côte monstrueuse de 1500m, alors là attention les gambettes, en mode marche, je regarde le haut de la côte, il y a des dizaines de concurrents marchant les mains sur les cuisses, c’est la dernière, passé cette épreuve on en verra la fin… On croise u mec sur un monocycle avec frein intégré, il me fait marrer, je le branche en lui disant que c’est un petit joueur et que je voudrais bien le voir dans le sens inverse… D’autres coureurs autour de moi rigole, l’heure est au relâchement… En haut un gars nous dis que dans 300m c’est un replat, allez on se remet à trottiner jusqu’à Ste Foy, puis vient mon dernier supplice, la descente sur Lyon…Aie Aie Aie, les coups de pied en feu, on va longer ces murailles pas accueillante pour un sous,on ne voit rien, on sait juste qu’il faut descendre, il neige à en plus finir, cette portion est vraiment longue, puis tout à coup on à l’impression de voir la lumière au panneau 65km (pour info à ce moment là j’ai 2km d’écart avec mon GPS qui indique 67km, et je ne serait pas le seul au final).
Plus que 5km, c’est quoi un 5000m quand tu viens de t’en taper 65…aller là c’est le moment de serrer les dents et de rallier l’arriver, on franchit la Saône  je reconnais l’arrivée de l’autre coté, on descend sur l’autre rive, on accélère un petit peu, c’est à partir de ce moment là que je vais retrouver la pêche, mais vraiment le grand sourire…
3km, une dernière feinte, on nous fait aller jusqu’à la pointe d’un quai exposé en plein vent, on passe devant des photographes.

2km, le bonheur total, on y est, il commence à y avoir du monde sur les bas cotés, c’est un peu zombie land comme j’aime à le dire, je vois des mecs courir en s’inclinant à 45° comme s’ils allaient tomber, d’autres marchent en arrière car ils ont trop mal aux cuisses bref, à se moment là, peu importe comment tu vas y arriver, il faut franchir la ligne…
1km, c’est fini on arrive, on est au milieu de ce parc, au bord du centre d’entrainement de l’OL, je reconnais les derniers 200m, 100m,50m, puis on rentre dans ce bâtiment en forme de marmite géante, on monte sur le podium en se prenant dans les bras et en levant les mains au ciel, on l’a fait on est finisher  j’en pleurerait presque mais je n’ai plus de force pour le faire… Je pense à mon petit gars Thomas, à ma femme Vanessa, je suis arrivé au bout pour eux, pour qu’il soit fier, je suis passé par tous les états, je remercie Greg chaleureusement qui m’a soutenu…on se regarde « putain on l’a fait, on est finisher »!!!! On terminera en 10h43’45 , 2470e au scratch, peu importe…
Tout ça c’est une histoire de mental, comme dirait l’autre….

http://connect.garmin.com/player/248998692

Et maintenant n’oubliez pas les liens vers les articles des amis :

Eponyme : SaintéLyon 2012 : une sacrée aventure

Running Solidaire : SaintéLyon 2012 – Neige, Genoux & Découvertes

Giao : à venir…

Grego – First Quartile Runner – SaintéLyon 2012, mon récit

Lamiricoré – entre Jackpotes

Noostromo – à venir

SebRom – une SaintéLyon 2012 blanche où tout n’est pas si rose

et l’interview croisé par Greg, sur le site de laRunnosphère

8 commentaires sur “La Saintélyon, une histoire de mental”

  1. Ping : SaintéLyon 2012 : récitMangeur de Cailloux

  2. Ping : SaintéLyon 2012 – une nuit ultra blanche | Noostromo Running Blog

  3. On a adoré votre récit !! C’était une course magique. C’est vrai que le mental prend le relais sur le physique, surtout avec les conditions de verglas et de neige que nous avons eues.

  4. Ping : DENIV' PLUS – Test chaussures: New Balance 890v2 Revlite

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