CR course: Marathon Race à Annecy (42km 2700mD+)

17-06-2014 22-12-27Ce dimanche 1er juin au petit matin, je vais prendre le départ de la Marathon Race mon premier gros morceau depuis début 2014. Pour cette épreuve j’ai à peu près réalisé un entrainement correct, pas forcément une méga intensité, mais du travail de côtes, des sorties en montagne, bref je n’y suis pas allé la fleur au fusil. Encore une fois, toute la petite famille est là pour me soutenir, à commencer par m’emmener au départ à Doussard à 7h du mat car malheureusement je n’ai pas pu avoir de place dans la navette, heureusement qu’ils sont là…
IMG_0576Une fois déposé je prends place dans la salle, qui est ma foie fort agréable car il ne fait pas vraiment chaud dehors, même si une belle journée s’annonce. Ça me fait penser au départ de la Sainté, tout le monde se regarde, assis par terre, dans le calme…avant la tempête. De mon côté j’attends Nicolas, membre de la runnosphère, ne serait-ce que pour le rencontrer, ce sera chose fait 5’ avant de partir sur la ligne de départ, mais malheureusement derrière on se perdra de vue, et pour longtemps car je pense qu’il m’a mis au moins 1h20 dans la vue…

IMG_05628h00, il est temps de passer aux choses sérieuses, mes bâtons se barrent, du coup je décide de partir avec dans la main, ça y est la meute est lancée, je m’emballe pas, mais c’est relativement difficile vu le nombre que l’on est, sachant que l’on va se peter un sacré montée et que ça risque de bouchonner, je tiens bon. Ca va durer 3kms, ça permet d’allonger le peloton et surtout de faire chauffer les mollets. Arrivé sur les premières pentes, je tombe la veste et déplie mes bâtons que je ne lâcherai plus jusqu’à l’arrivée.

On y est, ça s’est étiré mais pas tant que ça, certains malin veulent quasiment te monter dessus pour gagner 3 places, au début tu dis rien, m’ai au bout de 2/3 kms c’est relativement énervant surtout qu’il y a certains passages méga chaud avec pas mal de vide. Bref, je pense que je suis assez haut niveau cardio, mais je ne lâche pas le morceau, je regarde pas mal ma montre je sais que le premier sommet est à environ 1200m, dès que l’on peut tout le monde relance, même sur des pentes de 3 ou 4%, le sous-bois devient de plus en plus clair, on aperçoit le lac et le petit port de Doussard encore endormit. Puis vient la fameuse Croix du Parron à 1181m  puis quelques foulées plus tard, le Col de la Forclaz à 1150m avec beaucoup de monde, j’ai mis 1h14 depuis le départ, c’est certainement la partie la plus performante de ma course. Derrière la descente commence sur le bitume, où on peut allonger la foulée, on part sur la droite, pour plonger dans un pré ou je calme mes ardeurs car la route est encore longue, en bas, au niveau du hameau, c’est la première rampe d’eau, je jette mes papiers, recharge gourde et c’est reparti pour de la monté non-stop.17-06-2014 22-14-39

On est au premier quart de la course, à ce moment-là je trouve que ça ne va pas trop mal. La chaleur se fait ressentir, on est au milieu de hautes herbes, mais également les pieds dans la flotte, les torrents sont gorgés d’eau et les sols détrempés, après avoir passé ce morceau, je bénis les dieux qu’une grosse partie de la course soit en sous-bois car il fait vraiment chaud. Encore un petit effort et j’arrive au refuge du Pré-Verel à 1216m, où il y a encore un peu de monde du fait que ça soit accessible en voiture.
On franchit un pré où l’on nous bipe, depuis ce point-là on aperçoit le chalet de l’Aulp, les premiers sont déjà en haut, pour ma part  il va falloir encore cravacher, les lacets sont assez difficiles, on prend vite de l’altitude, c’est juste magnifique pour une première fois dans les alpes, cette course se vie en permanence à 360°. On arrive enfin au chalet, où l’on ressent de drôle de sentiments avec cette odeur particulière de cheminée. J’ai mis énormément de temps pour monter jusque-là, c’est le contre coup de la première montée. IMG_0570S’en suit une petite descente sur un chemin caillouteux mais assez stable, puis vient THE dernière montée, c’est limite de l’acrobatie, on est au milieu de marcheurs suisses qui sont venue faire le tour du lac en 5j, mais pour sûr ils se croyaient tranquille alors que là 1400 coureurs vont leur passer sur les chaussures. On passe le chalet de Nantet puis une vision directe sur le point culminant de la course : le pas de l’Aulp. La pente est largement supérieure à 20% sous une chaleur pesante, ce n’est pas évident. On commence à poser les mains sur certains endroits, puis on déboule dans la roche,IMG_0571 des cordes ont été posées, ça fait goulot d’étranglement, mais comme je n’ai pas pris le ticket express, je prends mon temps. Ca y est enfin le sommet 1633m, une vue sur le lac splendide. Comme des dizaines de coureurs, je décide de me poser et de savourer 2’ en m’offrant une barre céréale, je suis à 3h00 de course pour 15km parcourus, je me dis que j’ai parcouru le plus dur, mais je ne suis pas au bout de mes peines.

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La descente commence agréablement, sur une herbe courte et moelleuse, je prends mon pied sur plus de 2kms, puis c’est là que les problèmes commencent, autant la montée était rude, que la descente l’est encore plus, je ne sais pas si c’est l’accumulation des kilomètres mais j’ai les quadris en feu, il y a pas mal de flotte qui ravine ça rends toutes les foulées glissantes, il faut être vigilant en permanence, du coup entre la fatigue, et le reste, je dois faire plusieurs pauses pour arriver en bas, un mini effort et me voilà à Villards Dessus, point d’eau n°2, je suis décomposé 900m de D- en 5kms, c’est la mi-course 3h54 de course, comment dire à ce rythme-là je vais arriver avec la nuit, mais je pense que je suis limite vidé. Sur mon dossard où l’on nous a tracé le profil de la course, il ne me reste qu’une bosse…

A partir ce point-là, ce ne va être que du mental (je vais fonctionner en bosse, mini bosse, ravito…point par point). Donc l’objectif à court terme c’est d’atteindre le ravito en passant par trois mini bosses. Je suis limite en surchauffe mais je vais essayer de courir un petit peu car si je m’écoutais je ne finirais qu’ne marchant tellement je suis épuisé. Au bout de la dernière mini bosse, on rentre dans le village de Menthon Saint Bernard par la forêt du haut, un élan de force surgit et je me régale à courir dans le bois, puis à travers les rues du village, puis d’un seul coup, on se retrouve en train de descendre une rue que certains coureurs remontent en marchant (en fait ils sont déjà passé par la case ravito), je continue à trottiner pour enfin arriver à la salle de fêtes  où je vais pouvoir me restaurer. Très grosse erreur je vais croire que j’ai assez d’eau d’en mon camel alors que ce n’est pas vraiment le cas. Il me fat vraiment manger, je viens d’envoyer un texto à ma femme pour lui dire que j’en peu plus et que je pense arrêter. Après un dernier morceau de pizza, il faut bien ça, je décide de repartir en marchant en buvant un verre de coca (un vrai amerloc), je sais à ce moment-là que j’irais au bout quoi qu’il arrive, juste car l’image positive à ce moment-là, c’est de franchir la ligne avec mon fils. Je remonte la route où j’avais croisé pas mal de coureurs, et il n’y a pas grand monde, du coup je me dis que je suis plutôt vers la fin. Dorénavant il n’y aura ni ravito, ni point d’eau et il reste encore une quinzaine de kilomètres et un bon 850m de D+.

Je passe devant le château de Menthon en essayant de trottiner, le peu de bitume que l’on croise est un bonheur pour mes cuisses, puis d’un seul coup on débouche dans un pré ou j’aperçois deux coureurs sur le haut dont une fille avec une silhouette bien particulière, ce n’est qu’Anna Frost qui descend comme une balle en lâchant des « come on, come on », le gars à côté de moi, me lance c’est la Nouvelle Zélandaise de Salomon non ? Oui mon gars, elle a l’air en meilleur état que nous. Après ce petit passage sympathique, on commence à rentrer dans un sous-bois, encore une fois heureusement car là, le soleil est au zénith et on crame, c’est les premières grosses chaleurs de l’année. J’avoue que j’en ai un peu marre et que m’a montré est devenue une obsession, chaque kilomètre est une victoire.

Les coureurs devant et derrière moi sont dans le même état, ils font également des micros pauses en permanence, le but est de terminé point barre. On arrive au col des contrebandiers, où il y a quelque supporters qui sont venus prendre un bol d’air frais, on est au 34e km et déjà 6h58 de course, les premiers sont arrivés douchés et bu 2 bières, moi j’en rêve… Une dernière petite montée mais des moindres jusqu’au Mont Baron (1300m),IMG_0574 je vais me faire avoir 2 fois, en croyant que je suis au sommet, mais pas du tout il reste toujours quelques mètres de montés. Un dernier contrôle puce, puis vient enfin la descente.

J’en avais littéralement bavé dans la première, celle-ci est un peu plus douce, pas du tout sur le haut du parcours, tout le monde est ruiné de toute façon. Je n’ai plus d’eau dans mes bidon et dans mon camel, je ne suis pas loin de la déshydratation quand j’aperçois des secouristes avec un pas de flotte, ils m’indiquent que c’est fait pour ça, d’un coup tout le monde s’arrête et on fait un ravito improvisé. Du coup quand on redémarre, ça fait un petit paquet de coureur, dont le premier mène un bon rythme, on va descendre l’ensemble de ces lacets, ça parait interminable, le lac est toujours aussi loin. Puis à force de persévérance, on sort du bois pour courir entre deux murettes, ça y est on traverse la route et l’on est sur la berge du lac.

Il y a beaucoup de coureurs, il m’en reste encore un peu, j’ai des crampes depuis plus de 20minutes mais je vais courir, oh pas bien vite un petit 11 de moyenne mais ça fait des heures que je me traine, donc ça me parait pas mal. Descente sur le parc, puis au virage, j’aperçois Thomas qui court comme un fou vers moi, il me donne le main et on parcourt ces 200 derniers mètres main dans la main sur le podium, la fameuse image qui m’a fait avancer au ravito.
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Je termine cette course à la 1043e place en 8h45, une sacré balade dans une région extraordinaire, ce fut long, bon mais si difficile…à cet instant que je suis fier d’être arrivé au bout.

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