La Skyrhune 2017: ma première Sky Race chez les Basques

La Skyrhune, existe seulement depuis 2014, mais elle à déjà tout d’une grande. Un parcours à couper le souffle, un plateau élite de folie, une ambiance de dingo et en plus elle se court dans une région magique. Les échos sont tellement bons que l’on est obligé de passer par un tirage au sort pour espérer venir y courir. Cette année encore il y avait plus de 1231 pré inscrit pour seulement 350 places sans les élites… et dès le 4 mai je savais que je serais au départ de cette 4e Skyrhune le 30 septembre.
Après avoir récupéré mon dossard et toute ma dotation, pour 25€, c’est tout simplement énorme, première course où l’on me demande de choisir ce que je veux, bandeau Buff ou casquette cycliste (vous connaissez ma ferveur pour les casquettes je n’ai pas hésité longtemps), un boite de paté du Pay Basque, une Bière Basque édition spéciale Skyrhune, un verre, une drapeau comme sur le parcours, un aimant décapsuleur, bref du lourd et de l’utile! Il y a même eu du pratique avec des places réservées dans le petit train pour monter à la Rhune pour toute la petite famille.
A 13h direction, Ascain, the place to be, Vanessa et Sophie me posent au village, elles partent vers le petit train avec les enfants, moi je vais en profiter pour m’échauffer. C’est l’occasion de voir tout le gratin du trail français, notamment dans le premier kilomètre qui est un beau pétard, je vois les gars du team Buff, Joro, les gars sponso par Scott et tout se beau monde se met des mines dans une cote à 8-10%, moi je chauffe tranquillou… On approche de 14h, il est temps d’aller sur la ligne de départ.
Le speaker fait monter la pression, les élites rentrent dans le rang, l’ambiance est toujours aussi chaude, c’est parti. Sur la Skyrhune, il y a plusieurs maillot distinctifs comme sur le tour de France, et le premier à décrocher est le maillot vert qui récompense le meilleur sprinteur sur le 1er kilomètre, clairement je ne joue pas le maillot, pour moi l’objectif est simple, finir dans un bon état entre 3h et 3h30… Le départ se fait donc tranquillement au chaud, surtout pas se mettre dans le rouge comme les grands malades ci dessous.

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On continu sur un chemin goudronné, heureusement mais ça va pas durer, il a fait beau toute la semaine précédente, mais le matin même de la course, il est tombé des cordes ce qui va rendre la partie bien glissante à mon avis. 
On arrive au niveau de la carrière, c’est parti maintenant place aux choses sérieuses avec l’attaque du Miramar, un bon petit 400m de D+ en face de nous. Vu le paquet de coureurs au départ, c’est en core bien bouché, un petit bouchon ici et là dès que le passage se resserre. Le terrain commence à être abimé après les marcheurs, les jeunes et les premiers qui sont passés. On quitte un sentier pour partir sur un single ou l’on peut enfin recourir, ça fait du bien après presque 3kms de montée, je tourne la tête sur la droite, on peut apercevoir la baie de Saint Jean Luz, dommage qu’il ne fasse pas plus beau ça aurait été sensationel.

Maintenant il est temps de continuer à grimper, je sais pas si c’est la perte de poids, ou le fait d’être en mode relâche, mais je m’amuse même en relancer dans la montée, tout est relatif, je ne suis pas Baronian mais je double quelques coureurs. On commence à approcher près du sommet, il y a un peu de monde en amont, mais le vent est également bien là en travers, un relance, ça y est les derniers mètres sous le Miramar, et ambiance garantie, a ce CP là les premiers m’avaient déjà mis 15′ dans la vue…

{LIVE} – SKYRHUNE 2017Km 5, passage à MiramarChaude ambiance au passage des premiers :Didier Zago en tête accompagné de Thibaut Baronian en moins de 23 minutes suivi de près par Adrien Michaud.Ils ont déjà fait le trou !En partenariat avec TERRE ET COTE BASQUES​ : goo.gl/RnQspS©Damien Jeanjean

Publié par Trails Endurance Mag sur samedi 30 septembre 2017

Je suis en canne, un petit verre d’eau et je repars, sauf que là commence les complications avec la descente, on nous annonce un -200D- sur même pas 0,61km, mais bien rude et avec la boue difficile de s’engager même si au passage mes Saucony Peregrine 7 font plutôt le travail a cet instant de la course. J’essaye de me décrisper sur la fin de la descente mais c’est pas évident, je lâche enfin les chevaux sur un virage à droite et c’est parti pour un long moment de relances plus ou moins roulantes.
On continu de descendre, la pente est beaucoup moins rude ce qui permet de bien relancer à tous les niveaux. A cet instant de la course on se retrouve à peu près entre coureurs du même niveau du coup je suis avec 2-3 coureurs qui seront avec moi jusqu’en haut de la Rhune. Après pas mal de relances on attaque les sous bois, avec la flotte qu’il est tombée, il y a des coulée partout, mais surtout le terrain est plutôt technique rempli de cailloux et autres galets mais également pas mal de racines qui sortent de nulle part et gare à vous si vous levez la tête c’est la gamelle assurée. On double assez peu car c’est très sinueux mais le plus compliqué c’est que l’on suit des courts d’eau et je pense que l’orga a volontairement fait des zigzags autour de ces courts d’eau du coup, toutes les 2mn on traverse et on se glace mais ça fait parti du jeux. Arrive un ravito, en bas de la deuxième bosse puis un large court d’eau ou là il n’y a pas d’échappatoire, c’est jusqu’au genoux, ces quelques kilomètres m’auront fait le plus grand bien.

On attaque donc la deuxième bosse le Ciburu Mendi, pour tout vous avouez ce passage ne m’a pas du tout marqué, ci bien qu’entre le ravito au pied et l’attaque au pied de la Rhune, je me souvient bien sur que ça montait , mais il faut croire que ces 1,6kms sont passés tranquillement. Néanmoins, je me souviens très bien de la descente en entre percevant la tente du troisième ravito, mais surtout la crête du départ de la montée suivante qui était plus qu’impressionante. Encore une descente un peu compliquée, d’ailleurs un gars devant nous se plante de manière exemplaire, on s’arrête pour l’assister mais en fait il a de belles de crampes, il veut pas d’aide donc on continu. On arrive enfin au pied de la dernière difficulté et quelle difficulté!! 

On attaque la Rhune, un petit panneau sur la droite indique 2,6km et plus de 600m de D+, un rapide calcul mental, ça va piquer et on va surtout trouver des pourcentages de malades. On se retrouve enfin sur la crête aperçue plus tôt, il faut peut être pas avoir le vertige à ce moment là car il y a un peu de gaz en dessous, bon c’est pas non plus l’Aneto, mais ça a également son charme. A cet instant de la course, on oublie un peu de courir, car il faut s’aider des mains à pas mal d’endroits. Chemin faisant, on commence à apercevoir le petit bout rouge et blanc de l’antenne, c’est là que c’est particulièrement traite. Je regarde ma montre 2h00, je dis au coureur devant moi, « imagine mec, le premier il boit déjà une bière… »

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On arrive au croisement du chemin de rando, que l’on aurait pu suivre mais que faux espoir! Là on aperçoit clairement le sommet, il n’y a pas de piège c’est tout droit dans la pente, il n’y a pas plus court, par contre je me demande que font tous ces petits « moutons » à 4 pattes là haut… Je vais pas tarder à le savoir, la première partie est compliquée mais elle se fait plutôt bien dans l’herbe, par contre la fin au pied du sommet est terrible, on est dans les caillasse, on ne sait pas ou passer, il y a tout qui bouge, mais bonnant malant, je vais arriver au sommet au bout de 2h30 exactement comme j’avais dit à Vanessa. Là moment bien sympa toute ma tribu avec Sophie m’attendent dans un climat un peu frisquet, je peux vous jurer que ça recharge les batteries à 2000%. 2 dragibus, un morceau de banane, je recharge en flotte, place à la descente, on passe derrière le petit train à crémaillère, photo pour l’occasion et ça repart.

Là ça va être un grand moment de solitude, c’est un peu comme la natation en triathlon pour moi, je sais qu’après un beau morceau de dénivelé, j’ai les quadris qui sifflent en descente. Ca ne va pas louper, en plus de cela, le terrain est vraiment pas fameux, les passages sont dévastés par les coureurs précédent, ça glisse dans tous les sens et en plus c’est raide, limite il faut tout descendre en posant les mains, après de longues minutes, je me sort de ce bourbier mais non sans mal, mes chaussures commencent à merder, le laçage se relâche et j’ai les orteils qui tapent comme des malade et cerise sur le gâteau, un truc qui ne met jamais arrivé, j’ai la semelle de propreté qui est en train de se recroqueviller et de se plier, 1km plus tard, il faut que je m’arrête pour la remettre en place, mais rien à faire, elle n’adhère pas au fond de la chaussure, ça n’arrête pas de glisser…, c’est pas grave, je relance jusqu’à la tente qui m’indique la dernière micro bosse, j’ai passé le deuxième cut, je serais donc finisher il y a pas trop de soucis.

La dernière difficulté est assez courte, et comme une femme me double dès le début, petite fierté personnelle, je vais la talonner en trottinant pour recommencer à courir dans la monté, je vais passer cette difficulté sans problème en même temps ce n’était pas la plus grosse. On est au 17e kilomètre, il en reste donc 4, dont 2 très roulant. C’est la seule descente que j’apprécierai, chemin large, il y a plusieurs trajectoires possible et surtout le terrain est praticable que ça soit dans la boue ou sur l’herbe sur les coté, je vais dérouler sérieusement, c’est peut être cette partie qui me vaut encore des courbatures 4j après…, on déboule sur le bitume, la pente est très raide, à mon avis plus de 15%, j’essaye de me relâcher au maximum, puis enfin, je passe sous la bannière dernier kilomètre, alors là on débranche, je vais faire le dernier kilo en 4’02 comme quoi il m’n restait encore, on entre dans Ascain, et enfin la ligne d’arrivée.

Je termine cette Skyrhune 2017 en 3h22 (l’objectif est plutôt réussi, je me suis amusé et je suis pas trop défoncé), à la 311e place sur 500 partants, en tout cas chapeau les basques vous avez régalé!

2 commentaires sur “La Skyrhune 2017: ma première Sky Race chez les Basques”

  1. Bravo pour ta couse du coté de chez moi. J’adore ce spot, c’est un peu la montagne sacrée chez nous. Super temps meme avec tes déboires, chapeau. Au plaisir de te croiser un jour dans les hauteurs 🙂

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