Semi de Toulouse 2017: Le record tombe!

Dimanche dernier, le plan d’entrainement affichait: Semi marathon de Toulouse avec pour objectif de descendre enfin sous les 1h30. Ayant retiré mon dossard la veille, me voilà arrivant environ un peu plus d’une heure avant le départ espérant être large et sans stress pour me rendre sur la ligne de départ…mais ça c’était avant le drame. Je trottine tranquillement le long de la Garonne et arrive au pont Pierre de Coubertin vers 8h, ça sent le bazar d’entré de jeu, il doit y avoir 3000 personnes et ….4 portiques de sécurité, autrement dit un bon entonnoir. Le départ du 10kms est à 8h30 et le semi à 8h50, je me faufile, mais c’est complément bouché et surtout les coureurs sont de plus en plus énervés. Ce qui est gênant c’est que certains sont venus avec l’ensemble de leur famille alors que l’endroit est complètement congestioné et ils ne peuvent pas aller plus loin car seul les coureurs sont habilités à passer le contrôle. 8h30, toujours dans la foule, le speaker demande si tous les coureurs du 10 sont sur la ligne de départ, mais là il y a encore un bon millier de coureurs encore derrière la sécurité, c’est un carnage, les gens sifflent, râlent…ça tombe apparemment le départ serait différé mais on a pas d’infos. Je passe la sécurité à 8h40, je ne sais toujours pas si mon départ va être décalé du coup je me précipite à la consigne, je jette mon sac et ma veste, j’en oubli même, le seul gel que je m’étais préparé. Je remonte sur le pont, et là j’entend que tous les départ sont décalés de 25mn. Du coup j’en profite pour commencer m’on échauffement mais comme le départ peut partir à tout moment, je reste dans le coin, je rentre même dans le SAS et je me fais des accélérations , mes gammes, bref ce n’est pas la prépa idéale.
Le monde commence à arriver, là il faut pas que je me manque on est plus de 3000 coureurs, hors de question que je parte à l’arrière, je me faufile sur l’avant je suis dans les 100 premiers juste derrière les élites. 2eme déception, il n’y a pas de meneurs d’allures alors que ma stratégie était très claire dans ma tête, rester avec le meneur 1h30 jusqu’au 11e et accélérer progressivement par pallier de 5 »/km. Du coup il va falloir que je trouve le bon groupe.

Ca y est après de longues minutes d’attentes, le départ est donné par le maire de Kiev, Klishko, le boxeur! On part sur le pont, vu que je suis dans les premiers, ça part très vite, le tout au départ c’est de bien placer après ça va se réguler tranquillement, je pars donc à 4’00/km pour lever le pied après 500m, en essayant de me caler sur du 4’16, le premier kilomètre passe, 4’08, c’est pas mal on continu comme ça. Ma plus grosse crainte, c’est d’être tout seul à cette allure, je continu tranquillement puis je vais trouver un couple qui me semble m’aller, je leur pose la question de savoir sur quelle bases ils sont, ils me répondent entre 1h30 et 1h31, ça sent le danger de pas passer sous les 1h30, je vais rester un peux à leur coté jusqu’au 3e au je continu à être en 4’08, à ce moment là je ne sais pas ce qu’il se passe mais je décide de partir seul et de faire ma course sur un tempo un poil plus rapide, autour de 4’10. On est sur les allées Charles de Fitte, on va arriver au niveau de St Cyp, du coup je jette un oeil à savoir si mes grands parents sont là mais RAS, du coup je reste concentré. Depuis que le parcours est en ville, il y a vraiment du monde et ça c’est vraiment agréable, pari réussi pour l’orga et on verra c’est vraiment le seul. On commence à remonter le pont neuf, là sur la droite, la paparazzi du trail de la course à pied, du marathon, j’ai nommé Yann, un petit coucou et je repars. On va tourner à gauche vers la place St Pierre. Je suis un fille, il y en a pas 50 devant moi, et je me dit que je peux rester un poil derrière car elle à une très bonne allure. On passe au 5e kilo en 4’11 en 20’46, je suis bien en avance sur mon chrono, mais je suis surtout très bien physiquement, pas essoufflé, tout est au vert.

On passe saint Pierre, puis on se dirige vers la fac et l’Arsenal, quelques relance, puis on déboule enfin au niveau du premier ravitaillement, il pas que je le manque car je n’ai strictement rien dans les poches, pour l’instant ça ne sera que de l’eau et magie, il y a des petites bouteilles de 50cl, parfait pour moi, j’en attrape une au passage et bois 2 gorgées. On arrive au niveau du canal latéral, on fait 200m et là il y a un virage en épingle du coup je vois qu’il n’y a pas des centaines de coureurs devant moi, je continu, de l’autre coté, le couple que j’ai lâché plus tôt, un petit signe de la main et je continu. On enchaine un dédale de relances, 7e, 4’18 aie, ça sera mon kilo le plus lent de tout le semi et dire que c’était l’allure cible quasiment… On continu au niveau de Compans Cafareli, il y a pas mal de monde à cet endroit et ça encourage, on vire à gauche, le long du palais des sports, c’est un faux plat descendant, j’en profite pour bien relâcher les bras, respirer de grandes bouffées.Devant moi il y a 3 coureurs et même si ils sont rapides, je pense que c’est les bons chevaux il va falloir que je rentre sur eux progressivement. On déboule le long du canal, là on a le le soleil pleine face, pas facile car c’est relativement gênant. Cette partie de course n’est pas évidente à gérée car c’est en léger faux plat montant et je ne veux pas forcer, par contre je sais que l’on arrive Rue Bayard, l’endroit stratégique pour moi car c’est le 10e kilo, je passe en 41’42 pour un chrono initial de 43′, là clairement j’ai la banane. Pas de points de coté, mal nulle part, je suis juste bien, à ce moment là, je me met dans la tronche que ça va le faire!

La rue Bayard est en faux plat descendant, je passe devant Mr Carnaval, lieu de toutes mes débauches étudiantes, ou je buvait plus de whisky coca que d’Isostar… On tourne à gauche sur le boulevard de Strasbourg et j’ai enfin rejoint les 3 coureurs, un coup d’oeil à ma montre on est en 4’10 et je suis bien au chaud comme dirait les cycliste, je me dis que si je bouge pas jusqu’à la fin je tombe mon record, mais je me dis aussi que le coach veut que j’attaque à ce niveau là. Je le sens pas trop du coup je reste un peu en dedans, le point critique c’est du 15 au 17 au semi, donc je patiente. On continu sur le boulevard, j’en profite pour me ravitailler et voler une orange avec une bouteille, je fais passer la bouteille aux 2 autres coureurs, on est bien. Au niveau du monument au mort, je croise Norbet qui est signaleur, un petit coucou et je continu, un peu plus loin, une dame me lance « allez L’isle Jourdain », le fait d’avoir le maillot du club, on reçoit quelques encouragements direct. Du coup ça m’a fait accélérer et je passe le 13e en 4’02. On continu en direction du pont des demoiselles. Je suis toujours dans les groupe, l’allure est vraiment régulière, ça oscille entre 4’05 et 4’10 mais c’est parfait, on se rapproche de l’arrivé. Demi tour pour revenir vers le centre ville en direction du jardin des plantes, en longeant le canal, et là j’ai 1000 images qui me remontent, lors de mon premier marathon en 2009, j’ai du marché à ce niveau là tellement j’avais des crampes, mais aujourd’hui je déboule à 15km/h et j’ai la patate. 15e kilo, 1h02’22, je fais un rapide calcul, si j’attaque à ce niveau là en me m’étant autour de 4’00, je peux aller chercher les 1h26! Un truc de malade, j’espérait secrètement juste passer sous les 1h29, un petit 1h28’50 m’aurait rendu heureux mais là je suis en train de tout petter, motivation puissance 1 million.

Ni une ni deux, j’accélère progressivement, je prend la tête du groupe et je force un peu l’allure. On est le long de musée d’histoire naturelle, le revêtement est pas bon, c’est une sorte de dallage de pierre et ça glisse, c’est pas grave, on fait un petit tour au Busca, 4’01, ça va rentrer, on continu au niveau du jardin des plantes. Loin devant moi, il y a un gars du Triathlon Toulouse métropole avec une fille qui carbure, je me met en tête d’aller les chercher, je suis maintenant tout seul, 17e 4’07. 

Maintenant il plus calculer, il faut se faire mal, je veux finir sous les 4’00, on rentre au Carmes et là c’est le début du ramassage des morts, je rattrape des coureurs qui commencent à craquer, et moi je continu d’accélérer, ça fait du bien 18e, 3’57 puis le 19e 3’47, putain que c’est bon, par contre le sourire laisse place à la grimace, je baisse pas l’allure mais je la ramène pas non plus. Dernier ravitaillement, je prend une orange, essaye de boire et manque de m’étouffer, je crache tout, j’ai enfin rattraper le gars du TTM, Je passe au 20e au niveau de la Cathédrale Saint Etienne, là c’est des gros pavés avec des trous partout, je manque de me faire une cheville, mais le chrono est là 3’54, on redéboule sur l’avenue Alsace Lorraine, c’est en léger faux plat, A BLOC, je recroise le paparazzi Yann qui m’encourage au passage, au tourne à gauche pour rejoindre le Capitole, putain je lis un 1h25 sur ma montre, c’est bon, je m’arrache, voilà la ligne ça y est, 1h26’12!!

Même dans mes rêves les plus fous, je ne pouvais pas m’attendre à un tel chrono, tout c’est goupillé parfaitement, je termine 81e sur presque 3000 coureurs, la confiance est à 1000% pour la prochaine épreuve du marathon de San Sébastian. Un peu plus loin je croise Guillaume qui à lui aussi battu son record en 1h19’30, Nicolas qui sera à San Sé à également tout pété en 1h17, pas mal le Track !

Je pourrais m’arreter là, mais je souhaite également mettre un gros carton rouge à l’organisation, derrière j’ai voulu aller récupérer mes affaires à la consigne, c’était sans compté sur les centaines de coureurs qui congestionnait la zone, mais je vais découvrir un peu plus tard pourquoi, le camion où il y a mes affaires n’est toujours pas là! Je vais attendre plus d’1h05 avant de récupèrer mes affaires, frigorifié, tout le monde est complètement débordé, un vrai carnage. Alors si le Marathon de Toulouse veut atteindre les 20000 coureurs en 2020, si vous doublez pas les bénévoles et l’orga ça sera vraiment sans moi!

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