CR Marathon de San Sebastian, SUB 3h00 le graal…

Lorsque l’on décide de s’inscrire à un marathon dans le pays basque, c’est un peu comme jouer à la roulette russe avec la météo vu qu’il pleut un jour sur deux, donc vouloir courir 42 bornes sous un temps mitigé il faut en vouloir, mais ça en septembre quand tu te décides, tu y penses pas forcément.
Avec la famillia nous avons choisi un hôtel non loin de la ligne de départ pour que je puisse y aller à pied sans déranger tout le monde, après avoir pris le petit déj au milieu d’une cinquantaine de coureurs (on a été plusieurs à avoir eu l’idée), salle spécialement ouverte pour nous car normalement ils ne servent qu’à 8h30. Tout le monde se toise tranquillement, pour ma part je me suis fait mes petits muffins gâteau sport tandis que les espagnol sont beaucoup plus joueur, omelette à la tomate, charcuterie…perso je me sens pas trop de faire ça, c’est un coup à ce que ça te reste sur le bide toute la matinée.
Je sors de l’hôtel, deux pays sont dehors, je tends la main, put*** il flotte ! Les gars sont français et me disent qu’ils ont commandé un taxi pour aller au départ, il y a 3kms je vais pas prendre un taxi pour si peu, je remonte ma veste et part tranquillement sous une petite bruine. Je suis parti sacrement light, mon maillot de course, un petit pull que je prévu de jeter avant le départ et ma veste Track qui m’a pas l’air trop étanche. Ce n’est pas grave, on est allé au départ à pied la veille et je sais que j’en ai pour une vingtaine de minutes. A la moitié, je suis sur un pont long de 200m et là de très grosses gouttes sont en train de tomber, 2mn après je traverse le pont a bloc pour me mettre sous un arbre, il y a vraiment rien autour, je suis complètement trempé, ça a traversé ma veste, j’ai un centimètre de flotte dans les chaussures, les chaussettes trempes, bref la grosse loose et en plus j’ai froid ! D’autres coureurs autour de moi sont dans la même situation, on ne sait plus si il faut en rire ou pleurer.
Je continu mon chemin et un espagnol vient me parler par rapport à mes pompes, il court avec des vieilles boston 4 et il voulait savoir si les 6 avaient une bonne accroche, je souri et je lui dit que c’est le jour idéal pour vérifier. C’est un madrilène, et il veut tenter moins de 4h, il me dit de pas m’inquiéter, il devrait pas pleuvoir plus fort, je souri encore une fois, je lui dit que maintenant on s’en fou un peu on est trempé !
J’arrive enfin dans le vélodrome, au sec. L’organisation est au top, l’intérieur de la piste servira pour la consigne des bagages, du coup tout sera au sec, je peste comme un malade de pas avoir pris de kway, j’ai bien des affaires sèches mais c’est pour l’après course, le pire c’est les mains et les pieds, je tremble comme une feuille, je fini par trouver 2 buffs que je mets autour de la tête pour me réchauffer et je m’assois sur mes mains, je vais rester une bonne vingtaine de minutes et j’observe tous ces coureurs qui arrivent de partout, beaucoup de français, d’anglais…
Bon quand faut y aller, faut y aller, je dois absolument me réchauffer du coup, je décide d’aller m’échauffer, depuis que je suis levé, j’arrête pas de boire, comme un tic. Je vais donc me chauffer dans une rue sous les arches des magasins, là au moins je suis à l’abri. Quelques gammes, la routine apprise par le coach que j’avoue faire avant chaque exercice de vitesse, et chaque courses, puis je me dirige vers le départ pour voir le lancement du 10kms à 8h45 tout en restant sous un balcon, entre temps c’est la troisième fois que je vais pisser. Je ne peux pas m’empêcher au « bordel » organiser du dernier marathon de Toulouse, ou de la même façon il y avait 3 courses (départ) en 30mn, ici tout ce passe comme sur des roulettes sans aucun retard. Après j’avoue que le niveau sécurité est plus light mais ça fonctionne. Je me dirige donc dans mon SAS de départ, le SAS des 3h, non pas que j’avais prévu mon coup mais plutôt pour bénéficier de conditions de départ correctes, étant arrivé tôt, je suis à 10m des élites, parfait ça ne peut pas être mieux !

9h00, le départ est donné. L’objectif est simple passer sous les 3h05, 3h04’15 exactement, je me suis noté tous les temps de passages sur un bracelet avec un 4’22/km. Je me suis également noté un plan B avec les temps de 3h10 qui était mon plan initial début septembre, je rappelle que mon RP est à 3h22’21. Le coup de feu est donné, on passe devant le stade Anoeta, on va passer 3 fois dans la matinée à ce point là. Ca part relativement vite, ce marathon est considéré comme un marathon très rapide, l’an passé, 60% des coureurs ont battu leur record. On arrive au 1km, verdict 4’22, punaise j’ai un chrono dans le cul, réglé comme du papier à musique, on continu le peloton est très long, et voilà qu’en face de nous les premiers sont déjà là, je suis pas forcément addict des marathons en boucles, mais le coté sympa c’est que tu peux voir les élites plusieurs fois et c’est ça qui rend le marathon excitent. Les mecs ont une foulée de fou furieux de plus que le marathon et le semi font course commune. Je regarde si je vois Nico et Stéphane, mais personne, on va faire le tour d’un pâtée d’immeuble en prenant un petit faux plat montant, km2, 4’13, uuuhhh calme toi l’agneau, tu fais quoi. Je prends la corde de toutes les directions et continu, à notre tour d’être de l’autre coté de la route du coup on aperçoit le peloton, jusqu’à la dernière concurrente qui je l’avoue est déjà très loin. Devant moi, j’aperçois 2 oriflamme avec marqué 3h, les meneurs qui originalité sont en vélo électrique. En même pas temps c’est pas bête, au moins ils vont être réguliers, mais bon pour moi ça change rien pour 3h05, je vais me la jouer solo, km3, 4’15, encore rapide, faut la jouer cool mec, la route est longue. On continu et on repasse devant Anoeta qui est le stade de la Real Sociedad (ça la ou Griezman a débuté pour les incultes du foot), on repasse à droite de la ligne de départ, là j’avoue que c’est un peu le bazar, la rue est jonchée de vêtements, de sacs poubelles, ça aurait mérité quelques mecs de la mairies pour ramasser en vitesse le plus gros, c’est relativement plat (2e rappel, l’orga annonce 17,5m de D+, pour m’a part j’ai 113m et je pense que c’est plus juste mais dans tous les cas c’est très peu pour un marathon, donc il suffit d’être régulier), km4, 4’15, bon là il y a un truc qui cloche, soit je suis chaud et j’ai intérêt à rester comme ça, soit il faut vraiment que je lève le pied, je décide de faire le point au 5e. On rentre dans le centre ville, ça commence à être animé, km5, 4’16 soit les 5 premiers kilomètre en 21’23, sur mon petit bracelet il y a 21’50, c’est pas gagné mais vaut mieux être en avance qu’en retard. Mais à cet instant là j’ai un autre problème, j’ai une folle envie de pisser, donc je suis en train de calculer qu’il faut que je reste sur ce rythme pour pouvoir m’arrêter et repartir dans mon temps initial !

L’ambiance monte d’un cran, on arrive en plein centre ville, le peloton est toujours large et commence à clairement se structurer notamment avec les coureurs du semi, certains commencent déjà à souffler très fort, je suis heureux de pas être dans cet état là, car il me reste un bon chemin, on passe devant la Cathédrale, les Aupa et Venga fusent ! On tourne sur un grand boulevard et là il commence pleuvoir des trompes, on aura été tranquille 25’, de toute façon j’ai toujours mes 1cm de flotte dans les chaussures ça ne va pas changer la donne. Boulevard Zumardia, l’axe principal de la ville, ou les rues à tapas débutent, on traverse le pont emblématique de la ville, et l’on croise pour la deuxième fois un coureur en tête c’est un basque du club de San Sébastian, du coup les spectateurs sont au taquet ! Il a pris 200m sur le peloton des kenyan, le mec est sacrément solide, il est déjà au 9e alors que je suis à 6,5kms, on joue pas dans la même cours, mais encore une fois sympa de voir ce qu’il se passe ne tête. L’envie d’aller pisser est toujours aussi importante mais n’étant pas exhibitionniste, il va falloir se retenir ou trouve un coin de ruelle, du coup j’arrive au 7e en 4’15, toujours aussi régulier. 200m plus loin, arrivant en face, je commence à voir des têtes connues, tout d’abord Benoit Dunet, dit « moustache », champion du monde Master, pour ceux qui aiment les chiffres ! Je sais pas pourquoi mais je gueule un « allez Benoit », il me fait un petit signe il est super facile. 100m plus loin, Laurent Michellier, le maillot R Freedom, les tatouages, la casquette du cycliste relevée, tu peux pas le louper, idem j’encourage, il sourit , je vois que c’est le paquet des 2h45 du coup je cherche Nicolas du club, mais je ne l’aperçois pas. On se prend un petit faux plat montant, intérieurement je me dis d’arrêter de faire le con, de garder des forces et de rester focus…km8, 4’08, putain Bertrand tu fais n’importe quoi. Virage à 180, on repart. Après quelques centaine de mètres, on déboule face à l’océan, les premiers surfer sont là, clairement c’est la carte postale de la course et cette vue me fait un bien fou, une grosse respiration, et l’on continu vers le centre ville, on passe l’arche du km9, 4’09, c’est également le km30, au retour ça sera le money time ! Bon ça commence à prendre forme, je suis pas mal, on longe toujours la mer, il faut faire attention car il y a des sortes bornes sur la route, pour la voie de bus et c’est limite pour se casser la figure, km10, 4’13, envie de pisser au max, là il faut que j’y passe. Premier bilan j’aurait du passer en 43’40 et je passe en 42’27 du grand n’importe quoi, rapide calcul mental, je suis sur les base de 3h. A qui le dis tu Lulu ! Sans m’en apercevoir je suis dans le gros paquet et sur ma droite un mec en vélo à l’oriflamme des 3h… Je me calme et je me dis que j’ai 1’ pour pisser et rester dans les bases définies par le coach.

Tout ce passage est à couper le souffle, cette partie du marathon est exceptionnelle, à ce moment là je repense au marathon de Toulouse ancienne version, quand tu passes Launaguet, Fombeauzard et autre où tu es seul pendant des kilomètres au milieu de rien. Il est bon de voyager (3h de route c’est pas non plus le bout du monde), ça y est c’est le moment, un espace vert sur la gauche m’appelle avec un petit rocher, je suis désolé mais c’est pause pipi ! Là je sais pas pourquoi, je me mets à compter pour savoir combien de temps je suis en train de perdre, vue que j’ai bu à tous les ravito, j’ai des litres à évacuer, bilan je fini le compte à 40’’, je passe le km11, 4’33, c’est à rien n’y comprendre, inconsciemment avant de m’arrêter j’ai accéléré, du coup je repars toujours avec de l’avance et surtout plus léger ! Là très vite, je définie une nouvelle stratégie, fini les 4’22, c’est à ce moment là que je décide de faire une autre course, les 3h sont à 150m devant moi, je décide de maintenir la distance et pourquoi pas revenir vers eux au fil des kilomètres On passe sous un long tunnel pour arriver au km12, 4’12 comme quoi je suis revenue naturellement à l’allure sans forcer ou sans être irrégulier, il faut surtout pas s’affoler, ça m’emmènera ou ça peut. On continu, et sur la droite j’aperçois une vingtaine de grands gaillards, je ferais le rapprochement un peu plus tard que c’est les joueurs de la Liga de LAS PALMAS qui joue contre la Real Sociedad le soir même ! Les mecs sont spectateurs et encouragent, l’image est assez sympa. Au 14e, au niveau du rond point, on re croise la tête de course, le basque à fini de jouer les mariols, il est rentré dans e tas, mais il reste au contact des kenyans. Quelques minutes après je re croise Benoit, puis Laurent qui me fait signe et enfin Nicolas que j’aperçois de très loin. Je luis fait un grand signe de la main, je suis super comptent de le voir, juste avant lui il y avait les meneurs des 2h30 et n’ayant pas vu les 2h45, il est carrément dans les temps, je lui gueule un « allez ça va la faire », puis continu ma route avec la banane tout en oubliant complètement que je suis à 14km/h…et qu’il reste 27 bornes. Nous voilà au 15e, 4’09, on est passé sous un pont, ça fait un toboggan c’est pas facile car pour maintenir l’allure, il faut un peu forcer, nouveau virage à 180°. 5kms en 21’27. Je crois vraiment que je vais réussir le défi de passer sous les 3h05 et ça me rend plutôt heureux.

On refait donc le chemin inverse en reprenant le toboggan, puis en repassant le long de la faculté, c’est pas la partie la plus animée et pas la plus jolie, mais je profite de chaque ravitaillement pour poire une ou deux gorgée (c’est royal, ils distribuent des petites bouteilles, moi qui ne sait pas boire aux verres en course, j’apprécie), par contre coté bouffe vous oubliez ! J’ai pris que 2 gels et je prévois de les prendre qu’a partir de la moitié, du coup sur un coin de table, je vois des noisettes, j’en prend un poignée à la volée, quelle erreur ! Le truc est sec comme pas possible, je vais mettre 2mn a cracher tellement je m’étouffe, un coureur me passe une bouteille, j’échange avec les noisettes, je sais pas si il y gagne. Km17, on re déboule sur la planche de la Concha, toujours aussi magnifique avec l’aquarium au loin, 4’13. On continu pour rentrer dans la ville, puis on va tourner sur la droite, et là magie je n’y croyais plus, le soleil en pleine figure, je suis éblouie mais j’ai pris au moins 5° d’un coup et ça c’est mieux qu’un gel Isostar, je vous l’assure. On continue en direction du stade, au km19, je suis attentif, car c’est l’endroit ou j’ai donné rendez vous avec ma petite famille, mais je ne les vois pas ils ont du rester au chaud, on se verra sur la deuxième boucle. On repasse sur la ligne de départ au 20e, devant le stade, là il y a très grosse ambiance, car la moitié du peloton va s’arrêter et pas mal de coureurs sont au sprint, pour ma part ça va je suis pas mal, quand je vois mon collègue de droite qui est à 2 doigts de vomir alors qu’il a fini dans 1kms… Je prends donc sur la gauche pour entamer la 2e boucle, au moins maintenant je connais le parcours par cœur ! On est sur le premier faux plat montant, c’est pas évident, je me suis rapproché des ballons 3h qui sont à quelques mètres, ça y est j’aperçois l’arche Zurich qui signale la mi course je passe à ma montre en 1h30’02, putain si je craque pas je vais faire un holdup up, mais là j’ai un petit truc qui me dit, t’enflammes pas Jacky tu n’a pas non plus du gras pour un coup de mou..

Je prends une bouteille d’eau au ravito que je passe à un coureur à coté de moi après avoir bu et le gars me répond par un « Merci », d’humeur joyeuse, j’entame la discussion, je lui demande si il tente les 3h, il me répond qu’il va essayer mais que ça va être dur. « Et toi ? », ben je sais pas trop quoi lui dire, je me dis à cet instant là que faire un bout avec lui ça sera toujours ça de pris, km22, 3’58, c’est un faux plat descendant donc on s’affole pas mais quand même, le but c’est pas forcément de rattraper les kenyans.. On continue sur un morceau de route pour faire encore un tour à 180°, le peloton est vraiment plus clairsemé, il va falloir s’accrocher maintenant, on repasse par le bon faux plat montant du début et ça se sent, km23, 4’20, où là que passa. On fait le tour d’un immeuble, ou les bénévoles sont venus rebaliser car au tout départ certains coupaient sous les arches des commerces. Je relâche à mort en redescendant, et me voilà côte à côte avec le meneur d’allure des 3h, le truc incroyable. Là l’idée est simple, soit tu restes au chaud sans jamais regarder ta montre et tu suis le petit groupe en essayant tant bien que mal de t’accrocher, soit tu suis tes sensations. A cet instant là, je me dis que la première est la bonne mais ça fait 2mn que le meneur sur le vélo est en train de s’engueler avec plusieurs coureurs, il indique son compteur, apparemment ça cloche, le mec ne passe pas au bon temps de passage. Je trouve toujours ces situations complètement dingues, tout dépend comment vous êtes partis, si les meneurs ont déclenchés au coup de feu du départ, c’est normal qu’il est un décalage, des claques se perdent, mais vu qu’ils sont 4 ou 5 à s’énerver, je sens que ça pu et je décide de partir comme un grand au 25e, style j’ai de la marge :-).

Je suis toujours avec le gars de Pau, on avale les kilomètres tranquillement, en commençant par rentrer en ville pour la deuxième fois et notamment au niveau de la cathédrale où l’ambiance est encore montée d’un cran et tout ce que l’on peut dire c’est que c’est bien chaud : Venga, Aupa, Venga ! Les mecs sont au milieu de la route limite comme sur le tour de France, ça me fait marrer comme quoi j’ai encore un poil de ressource. Au 27e on repasse sur le pont et je recroise les gars de devant avec notamment les mecs en 2h30. J’ouvre bien les yeux et voilà Nico (tiens il est passé devant Laurent), je gueule « Ca va marcher ! », puis continu ma route, quelques secondes plus tard voilà Laurent, je l’encourage aussi il me fait un signe en échange. L’avantage à ce moment de la course c’est que l’on connaît le chemin, donc je sais que ça va remonter jusqu’au demi tour complet, km28, 4’09. Un peu plus loin je vais croise Cécile, la copine de Laurent qui cartonne sévère car elle est bien devant moi. On fait demi tour puis après une petite monté, on arrive face à la mer et la plage des surfer, le gars de Pau qui est toujours dans mon dos me dit : « au moins la carte postale est magnifique », on échange un sourire, mais je vois que le sien est bien moins vaillant que le mien, sa tête à changée et il me dit « c’est maintenant que ça commence ! », en effet on est au km30, je passe en 2h07’01, alors que j’aurais du être en 2h10, j’ai bien 3’ d’avance, ça n’arrête pas de grandir. Mais comme il a dit, c’est maintenant que ça commence. Le 30e kilomètre est sponsorisé par powerbar ça tombe bien, un gel serait le bienvenu, le problème c’est que je ne suis pas fan de cette marque excepté de celui au cachette, je ne supporte plus les sucrés mais en salé ça passe, j’avais une chance sur 1000 à attraper le bon parfum sachant que je ne connaissait même pas la couleur, mais ce matin là j’ai le cul bordé de nouille, et bingo cacahuète !

A partir de cet endroit là, je commence à me faire des nœuds dans la tête, je commence à me dire qui se le mur arrive je vais le voir bien assez tôt avec mon coup de Trafalgar, bref je commence à faire de l’huile tout seul alors qu’il y a pas forcément de soucis à ce faire, du coup je me décompose le reste de la course en 2x5kms en me disant que je dois vraiment pas faire le con sur les 5 prochains et débrancher mon cerveau sur les 5 derniers. On longe la plage de la Concha, c’est toujours aussi magnifique et maintenant les rayons du soleil viennent plonger dans l’océan, petit signe de zénithude absolu, km33, 4’16 ; ça tient à chaque fois je me dis plus que 9kms, plus que 38mn de course ça va être bon, tu vas le faire. Mais là les premiers signaux apparaissent, on par vers l’université c’est pas le plus bel endroit et ça y est les premières défaillances sont là, certains commencent à ralentir, d’autres ont des crampes, je vois un mec faire de fentes, pour s’enlever les crampes ! Au 34e, je recroise les gars qui sont en 2h30, il y en a pas des masses, j’espère voir Nico pas trop loin, banco quelques instant plus tard c’est lui, je l’encourage car là il faut tout donner mais pas un signe, rien, il doit être dans le dur. Je m’attends à voir Laurent, mais pareil il a disparu du radar. De toute façon, fini les amitiés on est dans une zone pas évidente, c’est un toboggan avec descente et monté pour passer sous un pont, un peu comme sur es berges du marathon de Paris pour les connaisseurs, là clairement ça épure sec, je mange des dizaines de coureurs, notamment dans le faux plat montant, on arrive enfin au dernier demi tour du parcours, km 35, 4’15. J’effectue le demi tour, je relance pour conserver l’allure, ouuuhh ça tire un max sur les cuisses, mais j’ai un autre problème, il est au niveau de l’estomac, j’ai bu sans exception a tous les ravitos c’est à dire quasiment tous les 2,5kms, pas énormément à chaque fois mais assez pour avoir un paquet de flotte gelée dans le bide qui commence à me gêner, j’espère que ça va rester comme cela, km37, 4’12. Je fais un rapide calcul dans la tête et chaque fois ça donne 3h02, je comprends plus rien, qu’est ce que j’ai raté, je commence à m’embrouiller tout seul, je vais pas échouer à 2mn ça ferait trop con… Je calculerai plus tard

Toujours pas de mur, ou du mois si sur le bord de la route J, bon là c’est le money time, dans mon plan initial il faut tout lâcher, mais 5kms c’est encore long, surtout que j’ai vraiment un coup de moins bien, et j’ai comme l’impression de ralentir, on repasse dans le tunnel, km38, 4’12. A cet instant petite anecdote qui vaut 100 000$, 200m devant moi je vois un coureur sortir au sprint de la file indienne se mettre sur le bas coté, il se défroque et chie littéralement sur place ! Il y a des fois où ça ne peut pas attendre. Là je suis avec 2 gars qui sont en train de me distancer et je sens qu’un des deux à l’air plutôt frais, c’est mon cheval gagnant ! Je prends la foulée et je ne le lâche pas, j’ai l’impression de faire des foulées de 2m, km39, 4’14, rapidement je fais 3x4mn, je rajoute à mon chrono, non d’une pipe ça va passer et même moins de 2h59. Là je suis ailleurs, j’ai débranché le câble et je tire sur les bras comme un taré, comme lors de la séance de cross 2 semaines au paravent, km40, 4’03, c’est gagné ne regarde plus la montre avance. J’arrive là ou devait m’attendre la famillia mais personne, je suis dégouté car c’est le premier marathon que l’on arrive pas à ce voir, ou alors je les ai raté, ça serait pire, on passe sous l’arche du 41e, la flamme rouge, allez à bloc, à partir de là il y a du monde partout qui encourage c’est énorme, et là au niveau du métro, j’entends le bruit d’une cloche (souvenir ramené lors du marathon de New York), je reconnaitrais le bruit entre mille, ils sont là, Vanessa, Thomas et Agathe dans la poussette, je cris pour qu’ils me voient arriver, un énorme coucou, je suis fier comme jamais. Je longe Anoeta et là enfin on rentre sur le stade, il doit y avoir 300m, je rattrape encore des coureurs, les derniers 100m, je regarde le chrono officiel il affiche juste 2h59, je lève les bras, crie comme un taré, et je passe la ligne !

Putain je l’ai fait, 3 mois avant je voulais juste battre mon RP, ça m’aurait motivé mais là, je viens de courir 42 bornes à plus de 14km/h, un truc de malade, chrono officiel 2h58’52, 362e. Je l’ai fait, j’y suis arrivé, casser la barre des 3h00, c’était un rêve mais au bout du 10e marathon j’y suis arrivé. Maintenant place aux Pinxos et à la cerveza !

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