Cross de Blagnac 2017 : ou comment courir à 15km/h et se faire déposer dans tous les sens

Ca sera certainement le dernier dossard de l’année ou peut être pas, en tout cas, avec toutes les séances spécifiques cross que l’on s’enfilent le mardi midi, j’aurais été frustré si d’ici la fin de l’année je n’avais pas pu me présenter sur une ligne de départ. C’est à dire que jouer à saute mouton et au bac à sable avec les copains du club ça donne envie :-).
Je découvre ce matin un nouveau monde, que j’avais eu l’occasion d’aller voir en mode spectateur à Colomiers les années précédentes, mais cette année j’y suis en mode acteur. On se pelle, tout le monde est en débardeur et avec des chaussures à aiguilles appelées “pointes” dans le jargon de connaisseurs, alors que tu mets 200 trailleurs sur le même chemin ce matin, les mecs viennent emmitouflés comme s’ils partaient au pôle nord, je parle en connaissance de cause, je l’ai déjà fait -:) ! Dans ce nouveau monde, tu ne t’inscrit pas c’est ton club qui le fait, et les mecs que tu croises ont des guibolles comme des allumettes, on appelle ça des pistard, un peu plus tard je comprendrais très vite que la circonférence du mollet ne pas forcément égal à la puissance de son possesseur!

Deuxième leçon de la journée, pourquoi faire simple quand on peu faire compliqué, le cross à lieu à Andromède, pour ceux qui ne connaissent pas, la ligne droite de ce quartier doit presque faire 2,5kms, sur un aller retour on pourrait presque faire la distance, mais non, là c’est comme au manège, on fait des “tours” sans payer 2€, et surtout sans attraper le pompon, du coup pour nous les grands on a droit à 2 petites boucles bleues (1100m) puis 2 grandes boucles rouges (2100m) soit un beau parcours à faire de 8400m, c’est pas beaucoup et énorme à la fois car ces petits malins on placés à peu près 278 virages et 324 relances. Bref je cris avant d’avoir mal.

En arrivant je croise mes 2 compères du jour, Guillaume et Hervé surnommés bombe 1 et bombe 2, les 2 rigolos taquinant les 36 et 34’ sur 10 ça vous laisse voir le niveau quand toi tu as cassé la barre des 40’, il y a 3 mois après 2048 essais…on part donc reconnaître le terrain, et ces 278 virages, on s’élance sur la grande boucle, je plaisante mais c’est pas mal j’aime bien l’endroit, le terrain est varié quasiment tout sur l’herbe, il y a quelques sentiers à traverser mais ça va. Le terrain est souple juste ce qu’il faut, je fais connaissance avec mes fameuses pointes utilisées 2 fois en 2 ans, limite je leur parle pour les rassurer qu’elles vont charger. On fini notre petit tour, quelques gammes pour faire plaisir au coach d’ailleurs Guillaume me gueule que Franck n’étant pas là on peut s’en passer (je le balance ici on sait jamais si le coach li le billet…)

Bref, 11h00 c’est le départ, on dirait une course de chevaux, voilà notre petite centaine de mâles en rut (oui le cross on ne se mélange pas, les mecs dans un SAS, les filles dans un autre) ça sent fort la testostérone! Devant nous, il y a David Gosse, il devrait pas nous gêner au démarrage, d’ailleurs c’est la seule fois que je verrais la couleur de ces pompes.

Le coup de feu est donné, ça part comme des brutes, le départ est très large mais le premier entonnoir doit faire 2 m, du coup ça ralenti pas mal, on continu et paf, une branche de sapin dans la tronche, décidément c’est violent, en même temps j’ai voulu resté à l’intérieur, première longue ligne droite en dévers, ça commence à s’étirer, clairement je suis bien trop vite, mais je me dis que c’est pas mal de se placer on verra ensuite. Petit zig zag dans le sous bois, on part dans un fossé, puis on reprend la ligne droite jusqu’au 1km, et pan 3’38 à oui quand même, lève le pied ou dans 10mn tu mets le cligno. On repasse au niveau des arbres, là il y a déjà moins de monde et je sens que ça commence à piquer, j’essaye de relâcher les bras sur la descente, sur la même longue ligne droite en dévers, et là bam, je me fais déposer par 2 gars de blagnac, plutôt très à l’aise, on repasse dans le bois, ou je vois cricri qui prend les photos que vous pouvez voir dans cet article. Re fossé, et re longue ligne droite au niveau de l’arrivé, je passe le km2 en 3’47, mais là on est pas à San Sébastian, je sens bien que ça va peter tôt ou tard, j’ai été malade toute la semaine, la gorge bien sèche…

Place à la grande boucle, on refait quasiment la moitié de la petite et on commence à s’échapper sur la gauche, là il faudrait pas être 50, on peut passer sur une bosse qu’à un coureur, on remonte une butte et on descend vers une grande promenade en bois qui fait un cercle, ils ont mis des tapis pour ne pas glisser avec les pointes, j’arrive tellement vite et surtout j’ai tellement plus de lucidité que je crois qu’il faut aller tout droit alors qu’il faut virer à 90°, la séance des 278 virages démarre, c’est plutôt sympa car l’on croise les premiers qui ne font pas semblant du tout, on se dirige tout a fait au fond du parc, à partir de là c’est du plat avec des relances et des virages en veux tu en en voilà, je me refais passer par un mec non licencié en tout cas, il envoi le salaud. On longe les jeux pour enfants et là petit saut de cabri, il y a une bosse (enfin un exercice de nos séances du mardi!). On repart sur la longue ligne droite de l’arrivée pour faire notre 4e et dernière boucle, j’ai fais la précédente en 4’07 de moyenne c’est pas top mais je limite la casse. Jusqu’à maintenant j’avais loin en ligne de mire Guillaume mais là j’avoue que je le perd. Dans le dos , j’ai un gars de l’USC et un autre du TTM, le défi c’est de pas me faire manger, mais c’est qu’ils sont pas loin les salauds, je sens presque le souffle chaud… Sur la ligne droite en dévers, ils me rejoignent, ça n’aura pas duré longtemps. Là par contre mini coup de fierté, je saute dans les pointes et je lâche pas. On passe dans le sous bois, on redescend dans le fossé, pour remonter sur un bon talus, ami lactique je te sens arrivé, reste calme. On traverse le chemin en bois et là paf le mec du TTM nous met une mine comme ça s’en prévenir, ces triathlète aucune éducation :-). Je suis clairement pas au top, impossible de réagir et mon autre compère idem, on essaye quand même de tenir une bonne allure, on zigzague, on monte et descend les montagnes russes pour partir au fond du parc. Par contre là je sais que c’est plat et toi mon coco, je vais te griller, j’essaye d’accélérer, il ne lâche pas, pire il m’en remet une, je m’accroche et je force, sur la relance, paf 5 m, je continu à accélérer et je le décroche petit à petit, dernier saut de cabri et nous voilà sur la dernière ligne droite, j’ai plus rien dans les jambes mais je tire sur les bras comme un dingue, voilà c’est fini, je franchis la ligne.

Pour un premier c’est pas si mal, 33’47 pour 8400m soit 4’00/km, j’avais pour intention de pas faire pire que les 20 derniers, je fais 50/97 au scratch et 30/50 Senior, une matinée bien sympa avec les collègues de Tracks, une ambiance particulière, on se revoit en janvier!

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