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Toujours plus haut, toujours plus loin

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MDS 2013 (jour 4) : Etape 2 Oued Tijekht – Jebel El Ofta

Ce matin, c’est bien différent de la veille, on sent clairement que tout le monde a tapé dans la machine, le réveil est difficile, on reste un peu plus longtemps dans le duvet.  Les premières courbatures sont là, certains ont déjà du mal à remettre leurs chaussures, on est que le deuxième jour, bien loin de la longue, c’est le temps de la gestion. La préparation du matin devient un rituel, pour ma part je me strappe au niveau des trapèzes pour éviter les échauffements des bretelles, je double la dose de crème solaire, car j’ai littéralement brulé au niveau des avant-bras et des genoux, il n’y a plus la place à l’improvisation. J’en profite également pour aider Michel au niveau du dos, ou son sac à déchirer son tee shirt et a commencé à entamer son dos, du coup dose de Biafine, compresse, et strapp. Jean de son coté a soigné ses pieds la veille, heureusement d’ailleurs car ce n’était pas très beau à voir, et il nous annonce qu’il a encore mal. Jean Pierre fidèle à lui-même s’auto-strappe chaque orteils un à un, la force tranquille comme je vous disais. Puis la joyeuse bande toujours à l’arrache, enfin surtout Momo en chef de file, qui suit les directives de Yassine, qui a quand même bien du courage car il court avec une fracture à un orteil et enfin Eric toujours aussi calme qui se soigne en solo. N’allez pas dire que dès la première étape on est une tente d’éclopé, c’est dans la plupart des cas, du préventif.

Une fois cette étape passé direction le départ, ce dernier a été avancé de 30’ en raison des grosses chaleurs, le délai max est de 11h00, on a le temps de voir venir, enfin ça c’est ce qu’on se dit à voix basse, car c’est l’étape la plus courte, mais le délai est supérieur à la veille, bizarre…
Lors du briefing, on nous annonce le classement général, le Top 10 homme et le Top 5 femme, puis le nombre d’abandons, il y en a eu quand même quelqu’un et notamment 2 évacuations  par hélicoptère, ça fait flipper tout ça. Aujourd’hui, Patrick BAUER nous annonce qu’il y a l’organisateur de l’UTMB parmi nous (Mr Filipetti si ma mémoire est bonne), et qu’il lui dédit cette étape que l’on appellera l’étape UTMB, comment dire….euhh ça va faire mal.

La traditionnelle musique d’ACDC, let’s go ! Il n’y a que 2 CP, ma stratégie, courir jusqu’au CP1, marche course jusqu’au CP2, ramper jusqu’à l’arrivée, bref je pense que ça va être dur. J’ai regardé le road book la veille, il annonce 2 grosses difficultés, un jebel à 15% et un autre à 25%, pour ce qui font du vélo, ça va forcément leur parler, mixer tout ça avec du sable et 50°, vous êtes en train de comprendre petit à petit les 11h00 de délais.
Je peux courir, je suis bien physiquement alors je trottine tranquillement, je révise mes objectifs en cours de route, 15’ de course, 3’ de marche, je bois régulièrement, je mange un morceau de barre, à ce moment-là j’ai l’impression que tout est parfait, j’arrive enfin à faire ce que j’ai envie, mais je me leurre pas ça fait uniquement 1h00 que je cours, et là première image qui restera gravée en moi, le premier gros jebel, ce n’est pas la grosse difficulté, mais quand je vois les petites fourmis sur le sommet, je me dis que c’est le moment de vérité, je cherche au fond de ma mémoire le visuel du road book, et je visualise très bien les petites bosses de dromadaires.DSC03175 Allez c’est parti en mode combattant, je passe en mode marche active, en me rappelant mes Pyrénées et toutes ces balades en famille, c’est le moment d’ouvrir les yeux, la grosse montée ce basse bien, on est dans le dur au milieu des roches, je prends le temps de me retourner, il faut savoir savourer ces moments-là, je ne suis pas là pour gagner, mais me souvenir de cette course pour le reste de ma vie. Je regarde en contre bas, et ces centaines de coureurs qui trottinent, c’est assez sympa. DSC03177
DSC03180Mais à partir de ce moment-là c’est surprise surprise, on ne voit jamais plus loin que 200m, le menu à ce moment là c’est course de crêtes au milieu des roches, je me surprends à relancer quand je le peux, et quand il n’y a pas 10 coureurs devant moi… On redescend, et hop re monté de 150m, ça n’arrêtera pas, le tout devant un spectacle à couper le souffle, je pense que c’est le moment de la course que j’ai préféré durant les 250kms. J’ai également une pensé pour certains qui ont les pieds en vrac, on est vraiment malmené, les roches sont saillantes à souhait, mais c’est aussi ça le MDS. Certains endroit font flipper, il faut s’assurer avec les mains, passer d’un coté de la crête à l’autre, si certains ont le vertige, il vont être servis.

DSC03183Longue descente en vue, je vais me faire plaisir comme jamais je ne me suis fait plaisir sur un trail, je fais la descente seul devant, doublant certains coureurs qui ont les cuisses dures, bref un pur régal, en bas dure retour à la réalité avec un peu de sable, mais j’arrive au CP1, en 1h30, ça sera ma variable de la semaine, tous les premiers CP, je mettrais 1h30 en moyenne comme quoi, quand tout va on peut arriver à courir sur le MDS.

Sur le CP, je croise Robin, comme la veille on décide de repartir tous les 2, je me suis déversé une bouteille entière dessus, il faut savoir qu’au CP, certain remplissent leur gourde et laisse le surplus, du coup on peut en récupérer pour s’arroser. On commence à trottiner mais Robin n’est pas forcément dans son assiette, du coup je temporise, je le pousse un petit peu car les jambes sont là, mais du coup on décide de marcher à travers cette passe, sous un soleil de plomb. On arrive dans une passe sablonneuse, ce que je hais depuis la veille, car je m’y épuise, on arrive enfin au kilomètre 16.5, ça y est c’est la première difficulté, le jebel Joua Baba Ali à 15%, la première partie, ce n’est que du sable, tu as l’impression que tu es à 4000m d’altitude, tu fais 1 pas à la minute, ça te coute une énergie monstre tellement tu glisses, impossible d’avoir un appui sable, j’ai le cardio à 200 !DSC03184 DSC03185Certains s’écroule dans le sable, ils renoncent, ou du moins ils temporisent. Il y a des docs en bas, en haut, et la température ne cesse de monter. Sur le haut on retrouve des rochers, mais la pente est encore plus dure, obligé de poser les mains. Encore une fois, en haut vision magique, ça te ferais presque oublier ce que tu viens de passer.DSC03187DSC03191A ce moment-là, je respire 2 minutes, je me retourne, et je me dis : « on aime ça quand même », on prend les mêmes et on recommence, on est sur la crête, mais là on nous prévient que le passage va être chaud surtout regarder où l’on marche, c’est le moment ou mes pieds décident de « s’allumer » au niveau des ampoules, ça clignote un peu partout à l’avant, à l’arrière sur les talons, je sens que je suis de moins en moins à l’aise. A aucun moment on a le droit de se relâcher, de rêver, de s’épanouir, à chaque pas, ma chaussure doit se poser à un endroit précis et pas à un autre, après 3h00 de course c’est usant, le point positif, c’est que je partage cette partie de la course avec Robin, et depuis des kilomètres j’ai Vladimir juste devant moi, un estonien, qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Russe blond dans Rocky, une montagne le gars, il a le même sac que moi mais dans son dos on dirait un pin’s. On va sortir de se dédale de pierresDSC03195 et arriver sur une énorme descente de sable, alors là, c’est le moment dont j’ai rêvé durant mes entraînements  j’écarte les bras et descend comme un avion, comme un gosse, je me fais plaisir, tellement que j’ai failli trébucher.
A cet instant je vois le CP2, à 5km, ça met un sacré coup au moral, on voit se point tout au loin et on se dit que l’on va mettre des heures à arriver là-bas, car à ce moment-là, les ampoules, notamment une au pied gauche sur le talon, m’empêche totalement de courir, Robin est assez fatigué également, on se dit que ça ne sert à rien de forcer, on va marcher pendant presque une heure, et enfin arriver au CP2. Bilan 2h43 pour 12km mais avec de belles difficultés.

DSC03197Je décide d’aller voir le doc, j’ai vu les pieds de Jean la veille, et je m’interdis de prendre un risque même si l’arrivé n’est qu’à 6km. Un doc super sympa va me prendre en charge, il me dit si c’est un simple échauffement, je repars, si c’est plus sérieux, il répare. Je m’enlève la chaussure, bilan, j’ai une sacré cloque sur l’arrière du talon, comme sur le Gruissan Phoebus Trail, du coup l’arrêt va durer un peu plus longtemps, qu’importe, l’essentiel est d’être finisher. Sur le coup Robin disparait, j’ai perdu 20’ mais c’est pas grave, je repars en trottinant du coup, mais je m’arrête bien vite car quand je lève la tête je vois la dernière grosse difficulté le Jebel El Otfal, la première parti est dans la roche mais avec une pente insurmontable 25%, là c’est la cours des miracles, il y a des perfusés partout durant l’ascension, la dureté de l’effort, couplé à la chaleur et à la fatigue, certains ne supportent plus. Je serre les dents, derrière c’est quasi fini. J’arrive dans un entonnoir, du coup gros bouchon, il y a une marche de plus d’un mètres et certains coureurs ont du mal à la franchir, on sort de cette cheminée pour arriver dans le sable où une corde a été placée pour pouvoir arriver au sommet en toute sécurité, en haut c’est toujours cette même sensation de fierté, d’être allé au bout de soi-même.DSC03198 Il reste 4kms, on pourrait se dire c’est rien, mais le lit rocheux d’un oued qui va nous fracasser les cuisses pendant de longues minutes, DSC03200le tout en ayant le bivouac en point de mire, croyez moi j’ai regardé ma montre toutes les 5 minutes. On sort enfin de ces roches mais cerises sur le gâteau, on rentre dans de belles dunes, j’en peu plus, je suis épuisé mais je vois enfin le bout, je vois cette fichue arche, je vais même essayer de trottiner pour finir sur du positif, ça y est étape 2 dans la poche.

J’ai bouclé ces 30.7km en 6h19’59 à la 577e place, je retiendrais des vues magnifiques, de belles ampoules, et surtout plus de 700m de D+, apparemment c’est peu courant sur le MDS d’avoir des étapes aussi dures que cela.

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FINISHER MDS 2013

« Notre plus grande gloire n’est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons.  »

Confucius

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MDS Jour « Charity Etape »…

Samedi 13 avril,

c’est l’étape charity du marathon… 8kms de footing dans le désert en soutient à l’UNICEF et ses actions je n’aime pas trop ça… Même si j’ai l’impression de vivre un truc unique ce mot « charity » étape ne me plait pas… ça fait très commercial, très marketing, très « public relation » ;  j’ai l’impression que l’on nous force à nous acheter une conscience… Comme pour nous dire nous avons traverser vos vies en courant mais nous ne vous oublions pas… » et c’est ça, c’est bien pour ça que j’ai horreur de ça, ce n’est pas moi.

Je n’ai pas besoin de cette étape pour mon montrer mon soutient et mon respect à ces gens qui peuplent ces déserts magnifiques depuis toujours, chacune de mes foulées dans ce desert était une empreinte de mon respect et de ma dévotion pour ces gens et leurs grandeurs d’âmes… Je les ai admirés à chacun de mes pas pour leur résistance à une vie, à des lieux uniques mais durs… Certains aujourd’hui courent avec le drapeau de leur pays ça leur tient à coeur je peux comprendre et puis non je ne comprends pas, c’est là le truc ce désert n’est pas le nôtre il est celui de ces populations extra ordinaire qui nous « hébergeaient dans leur salon » le temps de ce marathon. Bref aujourd’hui c’est mouvant mais gênant… Mais

C’est peut etre pour cela que j’ai réussit à finir parce que mon parcours à moi n’était qu’humilité , parce qu’il était respectueux de tous et de tout là-bas. Ma charity étape je l’ai couru tous les jours.

Bref je termine là, ce samedi mes dernières foulées dans ce désert désormais gravé à vie en moi.

me tarde de rentrer chez moi désormais, retrouver les miens, raconter de belles histoires de courses dans le désert le soir à mon fils, souhaiter un bon anniversaire à ma femme et oui c’est aujourd’hui 35 ans et je ne suis pas là… Retrouver également tous les gens qui me sont chers , qui me soutiennent depuis toujours pour leur raconter à eux et à tous ceux qui voudront bien m’écouter ma folle aventure du MDS 2013 !

ça y est c’est fait, c’est officiel j’ai bâché ce truc de fou ; je suis 575e sur 1050 coureurs engagés ;  j’ai fini ; j’ai gagné je suis Bébert le Roi de désert ! Merci la vie !

 

 

 


 

 

PS : et quitte à faire du Charity Buisness ; merci de soutenir l’association pour laquelle je courait cet enfer… l’association SEA SHEPERD du Captain WATSON qui protège la faune et la flore des océans à travers le monde ! Merci merci merci d’avance de votre soutient envers eux aussi…

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MDS étape 5….

Me voilà remis sur pieds voici mes derniers résumés…

5e étape, Dernière étape..

Pour certains,le marathon est l’avènement de toute une saison, pour nous c’est juste la 5e etape, 42,2kms « presque rien » ici… Après 170km,10 ampoules, 2 tendinites et un genoux bloqué…  Par contre c’est dans ces conditions qu’il devient le marathon de notre vie finalement. Pour des raisons de mentale tu te sent obligé d’aller au bout, j’ai donc couru fièrement jusqu’au CP2, plutôt bien même, puis après la douleur est devenue bien trop forte pour mon corps et pour ma tête ; ces centaines de Km ont fini par avaler mon mental. Je fini alors en marchant jusqu’au CP3  sous une chaleur de harassante ; je n’avais presque plus d’eau il faut dire que sans effort je bois déjà environ 3L d’eau par jour à Toulouse alors en courant dans le désert marocain…. Me restait les 8 derniers Kms de cette courses de cette aventure extraordinaire ; e, quand nous sommes arrivés au  village minier après 4km on voyait la ligne d’arrivée… LA ligne ! j’en aurai pleuré… cette « dead line » qui nous a fait aller chercher en nous les ressources les plus profondes, cette ligne que certains ne franchiront jamais. Je vais atteindre mon but fixé il y a presque un an maintenant, il s’agit là d’une victoire sur moi plus symbolique que n’importe quel autre réussite de ma vie.

Arrive le décompte des mètres, tous les coureurs arrivés sont la pour vous applaudir, ça peut paraitre ridicule car ça ne fait pas grand monde nous n’étions que nous seuls dans ce désert mais pourtant ces applaudissements étaient les plus intenses reçu dans toute ma vie de coureur…

Bref je l’ai fait !  Moi Bertrand aussi petit coureur que je sois ; je suis fFinisher du Marathon des Sables 2013 !

Merci a tous pour vos mail ça fait chaud au coeur, si vous saviez tout le soutient que j’ai reçu de votre part à tous…

Vos mots on soigné mes maux tout du long de cette aventures, vos encouragements à tous m’ont fait tenir debout, certains pas dans ce désert je n’aurai pas pu les faire sans vous tous je le sais…

Merci à tous pour tout !

 

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MDS jour 5

Me voilà en course sur la dernière véritable étape du MDS… aujourd’hui « juste » 42,2km un p’tit marathon pr finir… demain Charity étape un footing quoi (rires)
Bref je suis presque arrivé pour aujourd’hui encore… Je devrais finir dans la moitié du classement le top pr moi …

ETAPE N°5

MDS 28 Etape 5A 0113ETAPE N° 5 : JEBEL EL MRAÏER / MERDANI : 42,2 Km

Km 0 : Prendre le cap 100° pour traverser les dunes.
Km 1,7 : Plateau caillouteux.
Km 3,3 : Piton rocheux. Direction S/SE (cap 118°).Alternance de terrains sablonneux et caillouteux.
Km 4,6 : Bord accidenté de l’oued Ziz.
Km 5,5 : ATTENTION ! Grosse crevasse de lit d’oued. Passage technique.
Km 6,1 : Fin du terrain accidenté. Début du lac asséché. Prendre direction S/E (cap 128°).
Km 7,4 : Fin du lac. Suivre le bras d’oued
Km 9,3 : Traversée d’une grosse piste.
Km 10,5 : CP1. Prendre E/NE (cap 76°) et traverser terrain d’oued accidenté.
Km 11,7 : Vallée encaissée dans petite gorge.
Km 13,4 : Fin de la petite gorge. Prendre direction N/E (cap 46°) jusqu’au CP2. Traverser la vallée.
Km 15 : Plateau légèrement caillouteux.
Km 16,1 : Traversée d’oued. Bosses de sable et herbe à chameaux.
MDS 28 Etape 5B 0113Km 17,6 : Fin de l’oued Moha Fighnas. Plateau légèrement caillouteux.
Km 20,7 : Fin du plateau. Suivre balisage qui évite les cultures
Km 22,5 : CP2 au bord de l’oued Beg’a. Suivre balisage qui évite les cultures.
Traverser zone de dunettes avec tamaris.
Km 23,9 : Terrain légèrement caillouteux
Km 24,4 : Traversée de dunettes éparses. Direction N/E (cap 37°)
Km 26,6 : Fin des dunettes. Terrain de cailloux fins.
Km 28,5 : Entrée des dunes de l’erg Znaïgui. Prendre le cap 315°.
Km 31,4 : Sortie de dunes. Suivre l’oued Roub’in Oud qui remonte vers le Jebel Debouaâ.
Km 32,1 : Suivre le petit lit d’oued qui remonte la gorge.
Km 33,7 : CP3 à la sortie de la gorge. Prendre direction O/NO (cap 306°) pour traverser plateau caillouteux.
Km 34,4 : Descendre la petite passe qui mène vers la vallée.
Km 34,6 : Traverser la vallée caillouteuse direction N/O (cap 333°).
Km 35,2 : Passage sablonneux dans relief.
Km 35,7 : Piton rocheux à main gauche. Prendre direction Nord (cap 359°)
Km 37,4 : Mines de M’Fis. Suivre attentivement le balisage pour traverser le vieux village.
Km 38,2 : Fin du village. Prendre direction N/NE (cap 21°) jusqu’au bivouac.
Succession de lits d’oued et de terrains vallonnés ± caillouteux.
Km 42,2 : ARRIVÉE – B6 – REMISE DES MEDAILLES

 

CARTE ETAPE 5

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MDS Etape 4 le jour le plus long…

Etape4: The long long day

partir sur 75km dans le désert c’est découvrir ses limites d’humain, ses limites mentales plus encore que celles physiques. Jusqu’au CP1, toujours la même technique course et marche alternées, encore un peu pareil jusqu’au CP2 mais la suite avec un djebel sur la route vers le CP3 est un enfer 13km a 12h00 sous 56°… je suis en train de fondre mon esprit aussi, je meurs de douleur, je n’ai plus dos , mes pieds me rappellent chaque instant de tout arrêter là et de ma laisser mourir au soleil. 5mk avant le CP, c’est la mort ; j’ai les pieds en feu… Je suis en efner et pourtant tout autour de moi c’est le paradis les paysages sont magnifiques, bouleversants et finalement transcendants puisque je continue d’avancer.

Plus qu’un seul objectif ; atteindre le CP5 avant la nuit, sinon je ne me sortirai jamais de cet enfer. Je vais alors continuer de penser à mes proches tout du long ; ma femme et mon fils sont dans toutes mes pensées, 17h de course on réfléchis à beaucoup de choses… Nous sommes mercredi je pense à mon fils de 3ans qui doit etre au centre aéré aujourd’hui, il doit aller à la gym avec ces copains… je me renforce alors je décuple ce qu’il me reste de forces. Je fais preuve à cet instant d’un énorme mental que je ne soupçonnais pas.

Hop CP4 ok, puis  encore 9km avant l’autre CP, face à moi le plus puissant des remèdes la vue du couché de soleil dans les dunes ; c’est féérique, magique, humiliant.

Ca y est il est temps d’allumer ma frontal, il me reste 20mn avant le CP5 ; là-bas m’attendent une soupe et un couscous… Le paradis en enfer je vous avais dis le voici… Me voilà un nouvel homme, je repars pour un semi. le plus long de ma vie, mais je sais que je vais finir, j’en ai l’intime conviction désormais.

Mon corps est en pleine déchéance ; j’ai plus de 8 ampoules aux pieds, mon genou droit est bloqué, mais je marche et j’avance. J’avance même à presque 5-6km/h,  je vais finir les 11kms restants avec un père et son fils, binôme attachant émouvant et motivant ; je me dis que mon retour ici ne se fera que comme ça qu’avec mon petit Thomas… je fini à 1h27 du matin, je suis parti 76km avant à 8h30. Je suis fier de moi comme jamais; j’arrive dans la douleur mais dans la joie au bivouac.

Une page vient de se tourner ; Je ne serai plus jamais le même homme et encore moins le même coureur…

 

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire mais parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles. » SENEQUE

 

Je suis la star du jour (ci-dessus et ci-dessous petites photos de moi) dans mes dunes magiques… les pieds en sang je vole comme un enfant dans ses rêves… je suis Bébert le Roi du désert !

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MDS Etape 4…

Bref I did it !76kms en 17h… sous 50° puis dans la nuit froide mais je l’ai fait…

Je suis éreinté mais heureux j’ai fini avec dans la tête la force et l’espoir de tous ceux que j’aimais avec dans mon coeur ; mon papa qui me manque et qui ne peux plus me voir finir ce truc de titan… J’ai eu pourtant l’impression hier qu’il était là… Papa pour toi comme pour les autres ; je n’ai jamais rien lâché.

Si vous êtes fiers de moi, sachez que je suis fier d’avoir pour moi un tel soutient !

Ce fut l’enfer et le paradis en même temps allez comprendre… Certains y sont restés d’autres y sont encore… Pour ma part je retourne récupérer et me reposer un peu …

A bientôt les amis.

Mon tableau d’HONNEUR :

Dossard

asc desc
Nom

asc desc
Départ (991) << CP1 (987) << CP2 (985) << CP3 (981) << CP4 (975) << CP5 (970) << CP6 (949) << Arrivée (903) <<
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Mon tableau d’Honneur …

Pour l’instant tout va Bien…

j’ai déjà avalé 40kms…1 marathon de fait.

je devrais ralier le 4e Check Point vers 19h heure française… je m’accroche sévèrement…Dans tout ce sable je prends à rêver d’un apéro avec une bière fraiche et des cacahuètes…

Bref il me reste encore 35kms à parcourir à plus tard… j’avance doucement mais surement…

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Etape 4

ETAPE 4  | 2013-04-10  | 76 km
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Dossard

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Nom

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Départ (991) << CP1 (987) << CP2 (984) << CP3 (812) << CP4 (413) << CP5 (77) << CP6 (0) << Arrivée (0) <<
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MDS ETAPE 3…

Etape3:

Sur le papier c’était TOUT plat, Ouais Ouais….Malgré tout jusqu’au cp1 j’ai envoyé ! Une nouvelle devise pour moi aujourd’hui ; « tout ce que tu cours tu n’as pa a le marcher » … Et marcher prends ici tout son sens. Je passe le 1er check point en 1h32, ‘suis content de moi j’en oublie presque mes douleurs un instant.

Mais là surprise… mon pote Jean le Corse? mon « partner » mon ami était là… Abandon ! Poua La vache ça fout un choc, c’est dur encore plus dur ici de perdre tes amis en bord de route. Ce n’est pas un simple marathon où tu abandonnerai ton pote arrivé au mur… non là tu as envie de pleurer. Il a les 2 pieds fendus le pauvre Jean. Tu as mal au coeur de le perdre là comme ça, tout ce que l’on vit au milieu de ces dunes est amplifié ; du coup le chrono tu t’en fou ! la seule chose importante est de ralier l’arrivée. Il était si triste mon pauvre Jean, un signe de sa main, un signe de la mienne et je repars vers le CP2.

En alternant marche et course, c’est dur, très dur ; mes ampoules sont en sang. J’ai tellement mal… J’arrive au CP2, je demande a me faire soigner mais le gars me dit de continuer (l’abruti…il a jamais du se déplacer autrement qu’en 4X4 dans ces dunes ce bouffon…) Bref je n’aurai pas du l’écouter j’aurai du le menacer tel un désespéré de me soigner… Je vais souffrir comme jamais de mes ampoules… Je repars sur Djebel, puis une mer de sable où je veux mourir  à chaque foulée… 16kms de douleur et d’humilité je me sent tout petit dans cette immensité, si fragile face à ce sable… J’arrive tout de mêm au CP3 ; il me reste 6kms, 6 tous petits kms sur route ils nous paraitraient si dérisoires je vais pourtant avoir l’impression cet après-midi qu’ils en font 10 de plus … A cet instant le mental s’enclache je finirait ces kms grâce à ma tête et à la sur-puissance psychologique d’un militaire  nouveau partenaire nomade.

Bref je finit ce soir ces 38kms en 7h08mn…596e au général…Et deja pas moins de 35 abandons en 3 jrs…

Demain 75KMs nous attendent… Inutile de s’imaginer la rudesse d’une telle épreuve.

Mais pour l’instant je m’endort ce soir encore tel un Roi du désert ; un Roi Fier et Fort comme un Corse…

A demain ! Pensez et priez fort pr moi !

 

 

 

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MDS Jour 3…

3e Jour c’est parti pour une nouvelle aventure de 38Kms… J’espere arriver au bout avec succès. Aujourd’hui 3 checkpoint et non plus 2 cela présage de la difficulté à venir…

En tous les cas Mille Mercis de votre soutient à tous ça fait chaud au coeur et ça aide à tenir quand la fatigue gagne. Merci…

8h34 feu patate je file… A tout à l’heure tout le monde..

ETAPE N°3

JEBEL EL OTFAL/JEBEL MOUCHANNE : 38 Km

MDS 28 Etape 3A BIS 0113

Km 0 : Prendre direction Sud (cap 181°) jusqu’au km 5,1. Terrain plat peu caillouteux.
Km 5,1 : Pointe des reliefs à main gauche. Continuer direction Sud (cap 178°) jusqu’au km 10,4
Km 9 : Piton rocheux à main gauche.
Km 10,2 : Piste.
Km 10,4 : Entrée de la passe de Maharch.
Km 13 : CP1 sur le lac à la sortie de la passe. Prendre direction S/SO pour traverser le lac asséché.
Prendre direction S/SO (cap 200°) pour traverser le lac.
Km 15,9 : Fin du lac. Début de la gorge. Montée.
Km 16,4 : Sommet ensablé.
Km 16,9 : Vallée caillouteuse.
Km 17,2 : Passage sablonneux dans le jebel Ras Khemmouna.
Descendre pour traverser vallée sablonneuse du Mziouda direction Sud (cap 175°).
Km 19 : Fin de la vallée. Sortie de passe. Prendre direction O/SO (cap 250°) pour CP2.
Terrain sablonneux puis un peu caillouteux.
Km 22,5 : CP2 près d’un petit monticule.
Km 23,4 : Montée dans le jebel Mhadid Al Elahau.
Longer la crête qui domine les 2 vallées situées de part et d’autre du jebel.
MDS 28 Etape 3B 0113Km 25,6 : Virer vers la gauche. Descente sablonneuse.
Km 25,9 : Vallée. Prendre direction Ouest (cap 263°) jusqu’au CP3. Montée sablonneuse.
Km 27,2 : Sommet de la passe du Zireg. Descente sablonneuse.
Km 29,3 : Faux plat sablonneux.
Km 32,4 : CP3 sur petit monticule. Prendre direction O/SO (cap 254°) jusqu’au bivouac.
Km 35,9 : Piton rocheux à main gauche (poste militaire).
Km 38 : Arrivée B4

 

 

CARTE ETAPE 3

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MDS Etape 2 …

Etape 2:

après une bonne nuit réparatrice, nous repartons pour une des étapes des plus difficiles et des plus âpres de toute l’épreuve ;  30.7km pour 700mD+ … NO COMMENT

A 8h30, 35°, objectif courir jusqu’au CP1 à 12km, oui ms entre temps 3 djebel qui brise les jambes, une vue à coupé le souffle sur le désert et une course de cretes, la descente technique est courue, j’arrive au 1er CP en 1h30,derrière le soleil fait mal,je repars avec un collègue, on trottine, re djebel mais là 15%, obligé de mettre les mains, derrière une ligne droite de plus de  6kms. Horrible… Nous allons marché tout ce temps impossible de faire autrement jusqu’au CP2. Une fois arrivé au CP2, 1ere blessure, 2 ampoules énormes pied gauche hop obligé d’aller au doc.

« Réparé » je repars vers l’arrivée, mais un djebel de 2km avec au milieu 25% annoncés. C’est le début du calvaire tant redouté. J’ai mal je souffre mais j’avance bon an mal an l’entrainement assidu de ces longs mois paie et paie bien  car je ne fléchis pas. Je souffre de plus en plus mais je me soigne avec les paysages magnifiques que je traverse.

Sur ma route des coureurs mal en point, sous perfusion… (ce soir déjà 16 abandons au compteur de la course) Je continu mon chemin avec dans ma tête cette petite phrase que me répète sans cesse ma femme quand elle court, cette petite phrase qu’elle entendait répétée inlassablement par un grand entrainement de rugby il l’a hurlait à ses joueurs pour faire avancer avec force la mêlé :

« petit pas, petit pas, petit pas, petit pas … on lâche pas ça va au bout ; petit pas petit pas petit pas ; c’est bon ça y va… »  cette phrase est mon leitmotiv cet après-midi elle n’a jamais tant résonné dans ma tête. Et c’est stupide mais aujourd’hui elle m’a emmenée au bout cette petite phrase. Là au milieu du désert j’ai pensé à ma femme et à sa petite phrase « magique » et ça l’a fait…

Ma course se finit donc de petits pas au milieu de champs de dunes. Il fait très chaud mais voilà la fin qui s’annonce je vois la ligne d’arrivée ; voilà le bivouac…

 

Je termine en 6h18 ; 577e au général.

 

Bref je me sent après ça ; ce soir encore tel  un Roi du désert, fatigué et usé certes mais fier et heureux de vivre ça…

 

L’aventure continue, mon aventure continue !

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MDS jour 2…

8h30 c’est le départ hop hop je file….

10h05 je viens de passer le 1er CP… je suis toujours là tel un nomade je trace ma route dans les dunes…

a plus tard…

Etape n°2

08/04/2013 : OUED TIJEKHT / JEBEL EL OTFAL : 30,7 Km

MDS 28 Etape 2 BIS 0113 Km 0 : Prendre direction O/SO (cap 253°) jusqu’au km 7,5.
Km 0,7 : Traversée d’une grosse piste.
Km 1,6 : Traversée d’une grosse piste. Toujours O/SO sur terrain plat.
Km 2,8 : Dunettes et sable d’oued pendant 1,2 km.
Km 4 : Fin des dunettes. Terrain plat et peu caillouteux.
Km 6,8 : Faux plat montant légèrement accidenté et ± caillouteux.
Km 7,5 : Début montée du jebel Hered Asfer.
Suivre sentier balisé sur la crête puis à travers les reliefs vallonnés.
Km 11,6 : Descendre dans la vallée un peu avant les rochers en forme de ruines.
Km 12 : CP1 dans la vallée. Direction générale Ouest (cap 288°) jusqu’au Km 15,6.
Km 15,6 : Traversée de l’oued Rheris en suivant même direction.
Km 16,5 : Début de passe. Montée abrupte vers la crête du jebel Joua Baba Ali. (± 15%).
Km 16,8 : Suivre le balisage sur la crête. ATTENTION passages techniques !
Km 18,7 : Virer vers la gauche. Descente sablonneuse très raide.
Km 19 : Bas de la descente. Traverser la vallée direction S/O (cap 226°) jusqu’au CP2.
Km 24 : CP2 avant le jebel El Otfal. Prendre direction SO (cap 217°) pour ascension difficile.
25% de pente moyenne jusqu’au sommet. Montée alternant parties rocheuses et sable.
Km 26 : Sommet du jebel. Virer à gauche sur une centaine de mètres.
Km 26,1 : Virer à droite pour rejoindre lit d’oued.
Km 26,2 : Lit d’oued rocheux. Descente.
Km 27,5 : Fin de la descente dans le lit d’oued. Traverser la plaine très caillouteuse.
Km 28,6 : Entrée des dunes. Prendre cap 225°.
Km 29,9 : Sortie des dunes.
Km 30,7 : Arrivée B3.

 

CARTE ETAPE 2

 

 

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CR du Gruissan Phoebus Trail 50km

Dimanche matin, 7H00 du mat, en route pour le Gruissan Phoebus Trail, la journée s’annonce tout simplement magnifique avec le soleil levant dans les yeux, je e dis que je vais passer un excellent moment, ça commence à suffir ce temps exécrable que l’on a depuis plus d’un mois. Peu importe la dureté de la course, au moins on va passer un bon moment dehors. Gruissan étant un des mes endroits favoris l’été car ce n’est pas forcément loin de chez moi (1h20 de route), je n’ai aucun mal à me rendre au Parc des expos pour retirer mon dossard. Je commence à me presser un petit peu car le départ est dans 40mn il ne va pas falloir chaumer. Je récupère la dotation (bouteille de vin, c’est ma troisième course audoise, et à chaque fois on a droit à notre petite bouteille, c’est ma femme qui est contente, au moins ça sert pour la cuisine), normalement on aurait dû avoir un buff, mais apparemment ils en ont pas prévu assez, c’est pas bien grave, c’est pas le matos qui me manque pour aller courir. Retour à la voiture, je fini de me préparer, accrocher dossard et puce, mais surtout je m’équipe en conséquence, c’est à dire dans une tenue à 75% identique à celle qui me servira pour le prochain Marathon des Sables. C’est à dire: chaussures Hoka Stinson Evo, manchons Booster, Short Salomon Exo S-lab, en l’occurrence, j’avais un haut à manches longues, car il y  avait pas mal de vent ce jour-là. Mais le point le plus important concerne le sac à dos, j’ai opté pour le sac MDS de la société WWA, j’avais donc la flotte sur les brettelles (2x750ml), et j’avais chargé le sac avec un peu de poids (environ 4kg), je suis sûr et certain que je vais manquer d’agilité sur la course dû à ce sac, mais tester l’ensemble de ce matos en condition course, me permet de faire aucunes concessions et surtout de tirer des conclusions définitives sur mes choix, et il y en a eu. Bref, là n’est pas l’essentiel, revenons à la course…

Une fois harnaché, je me dirige vers le casino du Phoebus où a lieu le départ, on est quand même 350 partants, pour un 50 bornes, c’est pas mal. Particularité de la course, c’est la première manche du TTN long 2013 (Trail Tour National), du coup le gratin du trail est là: Sylvain Court, Emmanuel Gault, Maxime Cazajoux, Damien Vierdet, Maxime Durant, autant vous dire, c’est pas la peine de s’accrocher à ces gars-là qui vont courir la course aux alentours de 14km/h, et vu la technicité du parcours, chapeau!!!

8H45, le coup de pistolet retenti, le speaker a lancé une musique plus que bruyante, mais nous y voilà on part pour une sacré balade. De mon côté, j’ai vraiment zéro pression, j’ai pas forcément de chrono à respecter, je veux juste faire une belle sortie longue (je vais être servi). Comme partout, je pense que même si je partais pour un 200 bornes, on part toujours trop vite, l’euphorie qu’on appelle ça! Après les 500m de bitume (on en retrouvera 35 bornes plus tard), on arpente les bordures de vignes, j’ai regardé le profil, il y a au moins 20 bosses plus ou moins grande, mais je sais que la première est un vrai mur, je pars donc en sur régime sachant que je récupérerais dans cette montée, on est relativement groupé, ça discute à droite à gauche, on est clairement pas dans le même esprit que la route (même si j’aime le marathon, sa concentration, sa précision), cet esprit-là est quand même bon enfant, je parle pour moi qui ne vais pas « frotter » à l’avant, j’ai le temps de savourer et de regarder l’environnement dans lequel je cours.

On y est, nous voilà dans THE mur, tous les photographes sont postés là, on doit être entre 25 et 35%, et surtout dans les premiers cailloux, les appuis sont fuyants, j’aperçois Christelle, la compagne de Rémy Jegard, qui prend des photos pour Running Mag, je la salut, en contrepartie, elle prend un petit cliché:

J’ai les mollets littéralement en feu, ça annonce vraiment pas du bon, on est juste à 3km au compteur, je me dis que si ça me déclenche des crampes, et surtout des raideurs durant toute la course, je suis pas sortie de l’auberge. On bascule de cette première bosse, et voilà les première relances, on est encore assez nombreux, du coup ça ralenti de temps en temps mais ça va pas durer longtemps. On entre dans la garrigue, les odeurs de thym à plein nez, je profite, déjà 5km, je me dis aller 10 fois ça et c’est plié, je fonctionne beaucoup comme ça, je c’est pas, c’est complètement psychologique, mais je me fixe des bornes kilométriques imaginaires, en essayant de m’y projeter notamment au niveau du chrono, mais ma dernière expérience d’ultra ma bien fais voir que c’était ni linéaire, ni proportionnel.

Sur les 15kms suivant je vais passer le meilleur moment de la course, tout d’abord j’ai les jambes, je suis pas forcément fatigué, le terrain n’est pas encore des plus exigeants, c’est à dire on sur une sorte de monotrace (50% terre/50% cailloux), on est un groupe de 4, et ça relance en permanence, il y a quelques bosses mais la plupart se passe en force, on slalome entre les pins, on s’accroche aux branche, mais on court relativement bien, on arrive sur une crête, face à la mer, sur les hauteurs de Gruissan, les rayons de soleil plongeant dans cette mer bleue, là je me dis que je suis un chanceux, je vais peut-être en chier de ombreuses heures, mais au moins je suis dans un cadre dont certains payeraient cher pour être à ma place, alors je savoure. Le gars devant moi, fait la même chose, mais un peu trop longtemps, car il va finir à quatre pattes dans les cailloux à force de regarder le large, il repart les genoux écorchés, mais ça, ça sera le cas de 80% des concurrents. Bilan 20km en 2h12, (secrètement je voulais rentrer entre 5 et 6h), c’est du tout bon, mais je commence à payer les kilomètres de la semaine car j’ai les quadris qui commencent à chauffer. Je veille à boire régulièrement en alternant entre boisson énergétique et eau (c’est l’avantage d’avoir 2 bidons), puis toutes les 45′, j’essaye de m’alimenter, en alternant la moitié d’une barre puis gel, l’objectif est de faire ça jusqu’au premier ravito qui est au trentième puis après j’aviserai.

On redescend énormément, j’ai l’œil rivé sur l’altitude (certains diront que c’est un trail de rigolo, l’altitude max est de 205m, mais au final on frôlera les 1500 de D+, fais uniquement de petites bosses et de relances, je me demande de temps en temps si préfèrerai pas monter un vrai col!  On traverse un petit chemin, puis il faut monter à la vigie, on l’aperçoit au travers de la pinède, la première partie je m’accroche à un couple qui monte régulièrement, je prends une petite leçon par la dame, qui me met un vent, et va me décrocher avant le haut, on arrive sur un mur rocheux ou il faut poser les mains, sans vraiment de difficultés, une petite relance et nous voilà au point culminant du parcourt avec une vue sur la méditerranée et de l’autre coté sur la plaine Narbonnaise, on aperçoit même la cathédrale de Narbonne, un coureur me dit que c’est vraiment dommage, le ciel aurait été plus clair on aurait eu le Canigou pile en face. Je me fou du chrono, je prends une photo (je me dis ça rendra le CR de la course plus vivant 😉 ), un coureur passe et se propose de me prendre en photo, j’accepte, puis par a même occasion on repart tranquillement ensemble en discutant, il a étudié le parcours et me dis que l’on est bientôt ravito, encore 6kms, puis il s’éloigne.

A partir de là, ça ne va plus trop, on est à mi-course 2h53, je commence à broyer du noir, aujourd’hui encore je ne sais pas l’analyser, je sais pas si c’est lié à un coup de mou physique, j’étais bien entamé (c’est un peu comme le mur sur marathon), ou alors si c’était uniquement psychologique, le fait d’être seulement à mi-course, mais d’un autre coté c’est le moment où l’on bascule, et dans la tête il doit rester moins de kilomètre, mais rien n’y fait je me pose mille questions, je doute, alors que le dimanche d’avant j’avais fait une sortie de 3h30 sans aucunes difficultés, j’ai cette fâcheuse impression d’être vidé. Du coup je me met à écouter de la musique, j’ai trouvé ce petit artifice pour détourner ma concentration, et tout me parait beaucoup moins long, beaucoup moins ennuyeux, mon objectif à présent rallier le ravito au 30e et me refaire la pilule.

Ces 5 kilomètres vont être un cauchemar, c’est uniquement de la caillasse, la fatigue me fait perdre de la concentration, j’ai le pied qui tourne de temps en temps, ou même qui se coince entre les rocher, on est uniquement sur des single, et si tu tombes, il te manques la moitié de la peau sur les 2 genoux du coup vaut mieux garder les yeux bien ouvert, les mètres ne défilent pas, il n’y a rien à faire, je suis même obliger de marcher une petit peu pour récupérer un bon coup, avec l’objectif de ne pas m’arrêter, ça fait quelques temps que je cours avec un gars qui a une technique très particulière dans les bosses, il se tient les mains dans le dos en gardant ce dernier bien droit, alors que pour ma part je suis plié à 90° comme un débile avec les mains sur mes genoux en train de pousser comme un dératé pour essayer de monter, 2 techniques complètement différentes, mais si on avait du être filmé, je pense que vous m’auriez dit d’opter pour la sienne, ou il avait l’air beaucoup plus à l’aise.

On arrive à la chapelle, et surtout au ravitaillement, je vais le plein de sucré, mais surtout de salé (une chose à retenir, il faut que je prévois des gels salés, ou des gâteaux salés, pour le MDS), en l’occurrence je vais boire un peu de soupe qui va me faire un bien fou, mais surtout de me poser 2min va également être un peu salvateur.

Je décide de repartir avant de me refroidir, on est assez haut et on est également au pays du vent et ça souffle, des bénévoles nous indiquent qu’il faut redescendre et surtout de faire attention car l’on va courir pendant un moment au fond d’un canyon, enfin courir c’est un bien grand mot, il y a tellement de cailloux, de saut, de monter sur les pierres, qu’un final, on est dans un cadre magnifique, et dans un calme inouï mais un bon moment de galère.

Km 34, je m’en souvient car le photographe nous l’a dit, des personnes de la sécurité civile, nous ralentissent, il faut descendre une paroi en rappel en se tenant à une corde sur pas mal de mètres, puis prudence dans une forte pente, puis je vais me remettre à courir pendant pas mal de kilomètres dans une longue descente, le long d’une vigne. En ayant regardé le parcours, je savais qu’à ce moment-là, on était sur la sorte de « presqu’île », et je me figurais cette fin de course beaucoup moins difficile que le début, ce fut le cas. Encore des cailloux et des cailloux, une autre descente bien engagé puis on retrouve la route, le long des marais, je bénis ce moment, et je me surprends même à allonger la foulée alors que j’ai un mal aux cuisses insoutenable, mais je prends plaisir à courir un peu plus vite, on était 4 au début, je me retrouve tout seul ayant lâché tout le monde, sans l’avoir fait exprès mais ça donne vraiment du baume au cœur. A ce moment-là je me dit, « allez dix bornes, même à quatre pattes, tu vas finir, au moins tu auras travaillé le mental »: objectif imminent, aller chercher le ravito au 45e, je vais y parvenir, la surprise viendra du kilomètre juste que l’on va courir sur la plage, alors ce n’est pas le sable du Sahara sud Marocain, c’est dommage j’avais la pelle pour me désensabler au cas où 😉

Au ravito, c’est une ambiance bon enfant, il y a énormément de bénévoles, comme sur tout l’ensemble du parcours, un grand bravo à eux, même s’il faisait beau, il y a avait tellement de vent et avec l’air frais ambiant, ils ont quand même dû se geler durant l’ensemble de la journée. On est une bonne dizaine à ce ravito, on sait que c’est gagné, il reste 5 bornes, même à pieds ça ferait moins d’une heure. Je repars avec un gars, mais là  j’ai un peu des ouillères, j’enclenche la première dans la première cote, on va longer les étangs sur les chemins côtiers remplis de caillasses, à c moment là je suis complètement désorienté, je me figurais le village de Gruissan sur la droite, mais à la place, il n’y a que les étangs, je pris que pour une chose, avoir le bon kilométrage à ma montre, et être sûr que dans 3kms c’est fini… On rentre dans un bois, je rattrape quelques coureurs, depuis le ravito, je n’ai pas levé le pied, je veux en finir, la descente du bois très abrupte me brûle littéralement les cuisses, mais là bonne nouvelle, c’est que je vois le village, et par conséquence, la ligne d’arrivée n’est pas bien loin.

On descend une dizaine de marche, je retrouve le bitume, un panneau annonce « arrivée 1300m », autant vous dire, que là j’ai commencé à agrandir la foulée pressé d’en finir, je vais doubler encore 2 coureurs, et voilà le fameux par des expos, son tapis rouge, je franchis la ligne d’arrivée!!!

Bilan 50km pile poil en 6h29, 184e/257 arrivants, il y aura eu une centaine d’abandon, pour une course de début de saison, c’est vraiment un trail très engagé, technique, qui ne vous permet à aucun moment de vous relâcher, et cela devient très usant. Un conseil, arrivé au GPT avec pas mal de fond, mais surtout en ayant fait pas mal de travail en côte, car il n’y a que des efforts de ce type.

Maintenant il conviendra d’enchaîner sur une semaine allégée, puis 3 grosses semaines suivront pour venir clôturer la préparation MDS, 3 semaines supplémentaires seront nécessaires à faire du jus. Cette course a été riche en enseignement, que ce soit concernant le matériel, mais surtout concernant encore une fois la volonté à aller chercher au fond de ces réserves….

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La Saintélyon, une histoire de mental

Samedi 1 décembre 2012, nous voilà arrivés au Parc des expos de Saint Etienne après avoir tourné pas mal dans la ville et notamment autour du mythique stade Geoffroy Guichard des verts. On débarque dans ce hall A, avec pour premier objectif de récupérer son dossard, le mien sera le n°8069 alors qu’il aurait du être 8060, ce fâcheux incident empêchera quiconque de me suivre sur le suivi live, même la puce ne fonctionnera pas, étant donné que j’ai fait toute la course avec Gregory dossard 8059, son classement et ses passages seront identiques aux miens.
Dans l’histoire, j’ai été un peu privilégié car nous avons pu bénéficier d’un accueil presse, dans la salle isolée du fond du hall B, une fois mes affaires déposée, je décide d’aller sur le salon pour aller voir les trophées du Trail 2012 avec l’élection  du meilleur blog trail de l’année 2012 « Des bosses et des bulles » au coté d’Emilie Lecomte, meilleure féminine 2012, Arnaud Lejeune, et Fabien Antolinos .
Derrière, je suis allé voir notre ami Nicolas Contrain d’OFF RUN, complètement débordé, exténué qui à fait un carnage avec le nouveau système de chaines à rapporter sur les chaussures. Les coureurs étaient littéralement enthousiastes sur le système et se l’arrachaient, j’en ai vu beaucoup en course, don certains n’avaient rien compris au système car ils les avaient mis dès la ligne de départ.
Je vais également croiser le président du TTT, l’ami ricoré, très stressé car il a paumé son fameux bracelet pour rentrer dans le SAS de départ, donc il est en pression, derrière je chercherai désespérément les membres de la Runnosphère pour aller discuter mais malheureusement je n’ai pas leur numéro donc on remet ça sur une prochaine course. J’apprendrais plus tard que la majorité c’est pointée au Parc des expo entre 23h15 et 00h00 donc au moment ou je me préparais…
21h30 après avoir tourné et retourné, je décide d’aller à la Pasta, on a accompagné Cédric qui courrait la Saintéexpress à sa navette, pas stressé un pet, il à même terminé 90e en ayant plus de frontale sur les 20 derniers kilomètres. La Pasta, c’était quand même un peu le bin’s, après avoir attendu plus de 30′, c’est enfin mon tour de manger, je suis parti de Toulouse à 5h00 du matin, à ce moment là de la soirée, je ne me suis pas assis donc je suis vraiment très fatigué, je ne décrocherai pas beaucoup de mots au repas, j’ai  vraiment sommeil, l’anecdote  c’est que je suis assis à coté de 2 chirurgiens lyonnais spécialistes de la cheville et du genoux qui se lancent des blagues sur les entorses, ligaments et autres… ça a le dont de me faire sourire, ils sont pas tout jeunes et ils vont s’aligner sur la « grande »!!
22h30, la pression monte gentiment, à ce moment là je me dit qu’il faut que je me repose absolument sinon c’est l’échec assuré, je me dépêche de préparer mes affaires et de me changer, ça fait plus d’un moi que j’utilise les produits X-Bionic, et je vais prendre le départ avec, le collant est tout simplement génial, composé de je ne sais combien de matériaux différents, je n’ai jamais eu froid au jambes de toutes la course, la première couche sera également une X-Bionic, 2e couche sweat Newline visio 360° jaune fluo on va pas me louper. Et pour finir une veste Windstopper Asics, la triple couche aura tenu jusqu’au bout je n’ai pas eu froid également sur le haut durant les 70kms.
Dernière question, chaussures? Route ou Trail? Ça m’a travaillé toute la semaine, 1h30 avant je sais toujours pas, puis si, au final je vais partir sur les routes,New Balance revlite 890v2, je joue la carte du confort, il y a trop de route pou
r avoir mal au pieds et abandonner à cause d’ampoules…Les chaussures trail étaient des SpeedCross 3 de Salomon, mais beaucoup trop cramponné, je les gardes pour des trails courts et notamment boueux, ou encore dans la neige.
Maintenant je prépare mon sac, on se fou de moi car certains disent que j’ai emporté ma maison, oui j’ai une tenue complète de change et au petit matin je serais heureux d’être dans du sec. Niveau alimentation j’ai pris pas mal de trucs que je ne me servirai pas au final, puis surtout je prends 2L d’eau + un bidon à coté, car la stratégie de Greg est de ne pas s’arrêter au premier ravito.  Je glisse ma poche à haut dans le sac Raidlight endurance 14L, puis repli mon gros sac pour le déposer au camion pour tout récupérer au petit matin…
J’arrive au bon moment il n’y a pas forcément trop de monde, je colle l’étiquette et j’arrive au camion ou je dépose mon sac, à mon retour dans la salle, il y a du monde autour de mon sac de course, ma poche à eau fuit!! Alors là c’est toute la misère du monde qui s’écroule sur mes épaules, je vais devoir me taper toute la course avec le dos trempé, je sort vite mes fringues à l’intérieur pour les épargner, je jette la poche à eau pour la réparer plus tard, je m’endormais c’est fini je suis bel et bien réveillé et surtout avec le palpitant à 200. Greg me dis de vite le mettre sur le chauffage pour pouvoir le faire sécher une petit peu, en partie ça va marcher… En fait lors du dernier nettoyage de ma pocha à eau j’avais mal revissé le raccord de la partie basse et ça fuyait pas là, l’erreur de jeunesse… Je remballe tout, visse la Nao Petzl que l’on m’a pretté, dans la salle il y a les elites dont Manu Gault que je regarde se préparer minutieusement, il le porte en lui qu’il joue la gagne, il est concentré au possible, aucun détail n’est négligé, il va courir seulement avec une fiole de coca et 2 barres, son assistance sera là pour gérer le reste…Il est quand même un peu nerveux sautille, fait ces gammes, il lui tarde d’en découdre, nous aussi mais il sera au lit que je courrais encore….
23h30, on est dans le grand hall, l’excitation est à son comble, tout le monde reste au chaud,mais il va falloir aller sur la ligne de départ, il fait -2°C, les pare brises sont gelés. On est avec Remy Jegard de RunningMag, c’est sa première Sainté comme nous, il a le stress au niveau de la tenue car il pense qu’il n’est pas trop couvert comparé à nous, j’empreindrais le lendemain qu’il a jeté l’éponge au 40e…
23h40 on se dirige vers la ligne de départ ça y est on y est pas de marche arrière, tout le monde déconne, mais c’est bel et bien pour cacher la peur d’affronter ces 70 bornes, ce n’est pas une promenade de santé, on se lance pas sur de tel parcours inconsciemment, on sait que l’on risque de souffrir.
23h50, je suis rentré dans le SAS 7-9h, quelques photos avec Greg pour immortaliser cette soirée
00h00, Top départ 12000 loupiotes sont allumées, Christine Arron nous souhaite bonne chance, juste cet instant quand tu passes la ligne de départ, ou tu te sens invincibles, où tu te dis que tu es heureux d’être là, peut importe la suite, tu est en train de prendre une sacrée dose d’adrénaline!!! Maintenant place à la course…
Saint Etienne – St Christo- En-Jarez:
C’est la partie que je vais apprécier de la course, le départ est très roulant, ça me fait vraiment penser à un marathon quand je regarde la foule de coureur, cette impression de vague géante, les 6 premiers kilomètres nous mettes clairement en confiance et surtout il nous permettent de se chauffer tranquillement après avoir poiroter un quart d’heure dans le SAS, certains sont très organisés, je vois des LED sur les sacs à dos ou d’autres avec des cornes de diables clignotantes  cette Sainté à vraiment une ambiance particulière, mais globalement tout le monde est concentré ça ne rigole pas plus que ça… On gère ce passage au cardio car on veut pas forcément s’emballer pour le payer plus tard, les sensations sont là. Au 7e, l’aventure commence vraiment avec un bon « tape cul » comme disent les cyclistes  ça à le dont de vous faire monter les puls, on gagne très rapidement 150m de D+, puis…ça y est virage à gauche, le premier sentier, les premières plaques de verglas, les premières gamelles, globalement le peloton est assez nerveux car l’on est « groupir », la méthode que nous tiendrons jusqu’au bout avec Greg et de crier notre prénom de temps en temps pour que l’autre réponde car une fois perdu de vue, c’est fini on ne se retrouverai plus.
A Albuzy on continu de monter direction le col de la Gachet, la montée est tout simplement inoubliable  plusieurs fois, je me retournerai pour admirer le spectacle et me dire que je suis fier d’être là, de voir ces centaines de frontales qui forment une chenille don le corps ferai des kilomètres. Les quelques décentes à négociées se font plutôt sur les bas cotés pour éviter toutes les pierres rendues très glissantes pas le froid et le givre.
Très vite on va arriver au panneau St Christo, où l’on sent une grande excitation car c’est le deuxième relais et le premier ravito. La stratégie est claire, on ne s’arrête pas à celui là car il y a beaucoup de monde on verra le second, on passe donc en trottinant devant la tente et durant la cote traversant le village, au aura mis 1h44 .

St Christo – Ste Catherine:
Le mental est là, les jambes aussi donc on continu sur notre lancée, on redescent par la route, finalement j’aime ces parties bitumes car ça me permet de récupérer même si les chocs sont là, au moins on est sur du dur, on peut prendre appuis sans glisser. On saute un fossé et l’on grimpe une sacré cote avec de plus en plus de neige, on est à 18 bornes du départ, ça me fait encore sourire, je le perdrais un peu plus tard.
Après l’Hôpital on grimpe en direction du point culminant de la course à 879m à mon Garmin, ça fait 20km que je regarde ma montre car j’était persuadé qu’il était à plus de 900m donc je suis en partit déçu, mais quand même fier d’être au plus haut, je me motive en me disant qu’à partir de là de toute façon ça ne fera que descendre…mouai on se motive comme on peut n’est ce pas?
Depuis déjà 100m j’aperçois un feu sur le haut de la crête avec le bruit des cloches, un groupe d’amis ou de bénévoles j’en sais rien, sont en train de se faire un barbecue par -7° avec un vent à décorner les boeufs et ils sont là à encourager tous les coureurs c’est juste un moment magique, et je peux vous garantir qu’il n’y a pas un coureur qui ne les as pas remerciés  en faisant un geste de la main… Sur quelques kilomètres on va longer la crête, j’ai l’impression de perdre mon visage tellement il fait froid et surtout que je n’arrive pas bien à arranger mon buff pour me couvrir le cou, à l’heure ou j’écris ce CR je le paye car j’ai sacrément la crève. Bref, on court sur la neige, et là il y en a des tonnes, un vrai trail blanc… Mais c’est le seul instant de la course ou j’aurais vraiment le sentiment de courir un trail on est peu nombreux, je suis devant pour une fois, la Nao pleine puissance qui m’éclaire comme un phare de voiture, et presque la sensation d’aller vite (pas comme Manu Gault, faut pas pousser non plus), mais ça envoi! Pendant un petit moment on va courir assez bien dans les sous bois, les lumières des frontales réverbèrent sur la neige et sur la voûte que forme les arbres c’est tout simplement magnifique.
Puis on arrive au niveau de Le Chatelard, avec une grosse descente dans la merde, il n’y a pas d’autres mots, on en a jusqu’au chevilles, ça vous transperce les chaussures, glace les pieds… La descente est assez technique ça fait ralentir pas mal de monde, puis on commence à voir le ravito de Sainte Catherine, on a fait du beau boulot, mais je commence à avoir mal au coup de pieds ce n’est pas de très bonne augure… On passe l’arche en 3h27, on est jusque là sur de belle bases. Maintenant place à la soupe chaude….

Sainte Catherine –  St Genoux:
Après une bonne halte au ravito et surtout une guerre pour récupérer 3 gâteaux du fait qu’il y ait un monde pas possible, on repart tranquillement, dans ma t^te je me dis aller il te reste plus qu’une « saintéexpress »…Après une belle montée, on va se retrouver dans de la neige mais pas de la neige de pacotille  de la bonne poudreuse, c’est bizarre je pensais pas être venu pour skier mais l’an dernier à même époque dans les Pyrénées il y en avait moins…
La descente va être un vrai « stop car » trois quatres foulées puis pang on se cogne le mec devant, c’est simple avec la neige, le parcours c’est transformé en single géant il n’y a plus de place ailleurs, ça va être un peu chiant pour tout dire, car on avait repris le rythme et on parfois complètement à l’arrêt, je ne joue pas le chrono, mais je pense à tout ce qui sont venus chercher ça comme Mangeur de Cailloux alias Julien ça pas du être facile de voir tout ce monde.
Ça y est on rentre dans le fameux Bois d’Arfeuille, c’est le seul passage don on m’avait dit ça difficulté, entre feuille et cailloux sur le sentier… ben pour tout vous dire, on ne ma rien caché, ça glisse de partout entre les racines, le verglas, la boue, les feuilles, mon collègue Greg se prend une bonne crêpe sur un appuis, il faut faire gaffe, je décide de faire les bordures pour éviter les chutes car j’ai pas envie d’arrêter sur blessure, là ça serait vraiment la honte…A force de persévérance on voit enfin le bout du tunnel ou plutôt du bois, je suis lessivé  d’avoir freiner la foulée, du coup j’ai les cuisses assez dures, et surtout le coup de pied en feu pire que lors de mon dernier marathon, ça m’empêche complètement de courir, on est redescendu vraiment bas et je vois les lumières du ravito de St Genoux sur les hauteurs avec la file indienne de frontales et je me dis qu’on est pas forcément à coté, je commence à en avoir marre j’arrive plus à prendre du plaisir, et à ce moment là je passe devant le panneau 35km!!!!
PUTAIN on est qu’à la mi course 4h57 à ma montre aie aie aie, je commence à broyer du noir et ce ravito qui n’arrive jamais, je pense de plus en plus à l’abandon…
On arrive enfin sous la tente,5h09 de course il n’y a pas de place c’est bondé, je prends un thé (excellent d’ailleurs sur toute la course ce thé sucré aura été un succès pour moi), je vais m’asseoir à coté de la grange des secours contre une porte d’étable et je me demande ce qu’il faut que je fasse, à ce moment là, passe plus d’une soixantaine de mecs dans leur couverture de survie qui eux abandonne, je me dis au moins ils partent au chaud… Greg me met un coup de motivation, je décide de changer de chaussettes au moins je repartirais au sec à ce niveau là…

St Genoux – Soucieux:
Cette portion sera le cauchemar de la course, j’avais pas forcément envie de repartir, mais je me dis qu’abandonner n’est pas la solution, puis surtout qu’il faudrait que j’attende des lustres avant d’être rapatrié donc autant courir on avisera plus tard. Ce passage n’est qu’une succession de montées et de descentes qui me brisent les pieds, les quadris, il parait que l’on est dans une nouveau passage, le bois de le Dame, perso c’est ma première Sainté donc ça me change pas la donne…
mais punaise que ces moments sont longs, je regarde les chiffre des centaines défilé sur mon Garmin, il n’avance vraiment pas, je me dis que l’arrivée est à une éternité, puis pour couronner le tout je suis persuadé qu’il ne reste qu’un ravito jusqu’à la fin de la course d’ou ma motivation d’arrêter là, mais là justement on est au milieu de nulle part donc il y a obligation de rallier l’autre ravito.
A ce moment là je suis très heureux de partager la course avec Greg, on va récupérer dans toutes les montés, j’essaye de ne pas le freiner dans les descente, j’ai pas envie d’être un boulet pour lui, alors dès que je le peux je me met à trottiné, je me met à ces cotés et on repart  comme ça jusqu’à Soucieux, on mettre quasiment 2h00 pour faire 11 bornes, même en marchant je serais allé plus vite je me dis avec le recul…
Soucieux, là je me dis stop, je peux quasiment pas marché, il faut que l’on fasse une pause, ça fait 7h08 que l’on est parti, j’ai passé les 42kms chose que je n’avais jamais fais dans ma vie, je suis dans l’inconnue la plus totale…
On rentre dans la salle, la chaleur, je m’assois à coté d’un gars qui me parle avec un accent suisse (il y vit), mais il est est originaire du Québec, Greg me dit qu’à partir de là c’est interdit d’abandonner, on s’est pas tapé 50 bornes pour arrêter à 20km de la fin, il a pas tord, sur ça le suisso-quebequoi renchérit et m’explique ses coups de mous en course, comme à l’éco trail ou il à fini en mode marche… mais c’est pas mon cas, il y a pas moyen que je fasse 20 bornes en marchant….bref je dis « STOPPPP », vous m’avez convaincu je repars…et je vais finir, à partir de ce moment là, je déconnecte les pensée négative je me met en mode finisher. Je change mon haut, Greg en fait de même ainsi que ces chaussettes, puis on repart!!! Là j’apprends la bonne nouvelle ça sera 80% de bitume jusqu’à l’arrivée… Je décide d’envoyer un texto à ma femme, pour la rassurer car je pense qu’elle sait pas du tout où j’en suis, et pour lui dire aussi que je repars…

Soucieu – Beaunant:
On ressort donc du ravito, et il fait jour, ça change complètement la course, et la manière de courir, on court la tête haute, en évitant juste le verglas, ça va mieux, on déconne  en sortant de vieilles tirades de caméra café, mon nouveau surnom est vévert, je dis à Greg que part chance je ne porte pas les mêmes cravates au boulot… Mais tout va mieux, comme quoi le cérébral à vraiment la main mise sur le physique et c’est sur des courses comme celles ci que je viens chercher mes limites en vu de grosses échéances de 2013… On va traverser des petits patelins, puis il va se mettre à neiger de plus en plus, là je crois que l’on est plus à ça près de toute façon, certains se sont levés pour nous applaudir en allant chercher leur journal et les chocolatines, ça fait vraiment plaisir après avoir passé une nuit à lutter contre les éléments et contre soit même. On va faire un bout de chemin avec une jeune fille qui n’a rien, ni camelback, ni ceinture, elle nous dit en plaisantant qu’elle est bien assez lourde du coup elle à pas besoin de s’alourdir plus, on lui demande si elle fait le relais, elle nous répond que oui le 2e relais de 42 bornes, on explose de rire comme quoi ça va mieux…je lui demande aussi si elle a parier du fric, parce qu’il faut quand même être un peu maso pour faire ça, à son tour de rigoler….
Après une ultime descente qui fini de me lassérer les pieds on arrive au dernier ravito, j’en ai rêvé toute la nuit, on est à 9h14 de course, on décide de pas s’y éterniser trop longtemps car à chaque fois la reprise est douloureuse, 2 cookies et ça repart…

Beaunant – Gerland!
On repart, ça sent la civilisation, on traverse une artère de la ville, y a pas foule quand même, puis Greg me parle d’une cote, on longe un viaduc et BANGG… une côte monstrueuse de 1500m, alors là attention les gambettes, en mode marche, je regarde le haut de la côte, il y a des dizaines de concurrents marchant les mains sur les cuisses, c’est la dernière, passé cette épreuve on en verra la fin… On croise u mec sur un monocycle avec frein intégré, il me fait marrer, je le branche en lui disant que c’est un petit joueur et que je voudrais bien le voir dans le sens inverse… D’autres coureurs autour de moi rigole, l’heure est au relâchement… En haut un gars nous dis que dans 300m c’est un replat, allez on se remet à trottiner jusqu’à Ste Foy, puis vient mon dernier supplice, la descente sur Lyon…Aie Aie Aie, les coups de pied en feu, on va longer ces murailles pas accueillante pour un sous,on ne voit rien, on sait juste qu’il faut descendre, il neige à en plus finir, cette portion est vraiment longue, puis tout à coup on à l’impression de voir la lumière au panneau 65km (pour info à ce moment là j’ai 2km d’écart avec mon GPS qui indique 67km, et je ne serait pas le seul au final).
Plus que 5km, c’est quoi un 5000m quand tu viens de t’en taper 65…aller là c’est le moment de serrer les dents et de rallier l’arriver, on franchit la Saône  je reconnais l’arrivée de l’autre coté, on descend sur l’autre rive, on accélère un petit peu, c’est à partir de ce moment là que je vais retrouver la pêche, mais vraiment le grand sourire…
3km, une dernière feinte, on nous fait aller jusqu’à la pointe d’un quai exposé en plein vent, on passe devant des photographes.

2km, le bonheur total, on y est, il commence à y avoir du monde sur les bas cotés, c’est un peu zombie land comme j’aime à le dire, je vois des mecs courir en s’inclinant à 45° comme s’ils allaient tomber, d’autres marchent en arrière car ils ont trop mal aux cuisses bref, à se moment là, peu importe comment tu vas y arriver, il faut franchir la ligne…
1km, c’est fini on arrive, on est au milieu de ce parc, au bord du centre d’entrainement de l’OL, je reconnais les derniers 200m, 100m,50m, puis on rentre dans ce bâtiment en forme de marmite géante, on monte sur le podium en se prenant dans les bras et en levant les mains au ciel, on l’a fait on est finisher  j’en pleurerait presque mais je n’ai plus de force pour le faire… Je pense à mon petit gars Thomas, à ma femme Vanessa, je suis arrivé au bout pour eux, pour qu’il soit fier, je suis passé par tous les états, je remercie Greg chaleureusement qui m’a soutenu…on se regarde « putain on l’a fait, on est finisher »!!!! On terminera en 10h43’45 , 2470e au scratch, peu importe…
Tout ça c’est une histoire de mental, comme dirait l’autre….

http://connect.garmin.com/player/248998692

Et maintenant n’oubliez pas les liens vers les articles des amis :

Eponyme : SaintéLyon 2012 : une sacrée aventure

Running Solidaire : SaintéLyon 2012 – Neige, Genoux & Découvertes

Giao : à venir…

Grego – First Quartile Runner – SaintéLyon 2012, mon récit

Lamiricoré – entre Jackpotes

Noostromo – à venir

SebRom – une SaintéLyon 2012 blanche où tout n’est pas si rose

et l’interview croisé par Greg, sur le site de laRunnosphère

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Qui suis-je

Records CAP
- 5km: 19'31 (Larra,2012)
- 10km: 40'44 (Toulouse,2012)
- Semi: 1h32'01 (Carcassonne, 2012)
- Marathon: 3h21'22 (Paris, 2012)

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