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Toujours plus haut, toujours plus loin

Articles dans la catégorie MDS 2012

MDS 2013 (Jour 9): Etape 5 Merdani – Merzouga

DCIM100GOPROAprès avoir digéré un repas fabuleux la veille pour fêter la fin de l’autosuffisance  après que tout le camp soit venu encourager Didier (le malvoyant du MDS (10e participations) et son guide), un des moments les plus émouvants de toute la course, où je n’ai vu que des yeux rouges, et même des larmes coulées tellement on était fier de cet exploit  Et même après le concert d’un groupe canadien en plein milieu de ces dunes, il a fallut passer la dernière nuit sur ce sol si dur, si caillouteux, mais qu’importe on pouvait bien dormir, comme notre ami Eric, qui lui a tromper sa compagne ce soir là….avec sa médaille finisher!
Ce matin là était particulier, il n’y avait plus aucun enjeux, on avait droit à un petit déj offert par l’organisation, sous un soleil magnifique, bref c’est un peu comme le gala au patinage artistique, ou bien le jubilé d’un joueur de foot, il nous restait 7.7kms à faire dans les plus belle et plus haute dunes du Maroc,tout ça pour une noble cause qui est: l’UNICEF.
DSC03325Je n’ai pas trop aimé l’heure a attendre concernant la remise des prix, j’ai trouvé ça vraiment bâclé  ce sont de très grand champions que l’on récompense là, et on ne prends même pas 2′ par catégorie pour les féliciter, certes tout le monde était là, car je crois qu’elle aurait du avoir lieu la veille et il manquait pas mal de concurrents à l’appel vu, qu’ils étaient en course… Je crois sincèrement qu’il y a quelque chose à revoir de ce coté là, on aurait pu faire ça à l’hôtel…

Bref cette étape est pour une noble cause, on nous a fait revêtir un tee shirt bleu, le bleu officiel de l’Unicef, mais honnêtement je crois qu’il n’y a pas trop de sensibilisation du coté des coureurs, on est là pour le MDS, certes, l’organisateur à voulu donner un sens, je n’ai rein contre mais je ne me sens pas impliqué dans cette configuration là, pour moi c’est une étape comme une autre, on va galérer dans du sable comme jamais. Par contre quelque chose qui change tout pour nous, ce n’est pas chronométré donc tout va se faire en marchant, je sais même pas si j’arriverais à courir tellement j’ai mal au pieds, je ne suis pas le seul dans ce cas là.DSC03326
DSC03327 Par contre pourquoi avoir fait 7.7km et pas seulement 3, on est parti bien plus tard, en plein soleil, juste une bouteille d’eau, le seul plaisir de cette étape, c’est vraiment de se remémorer les grands moments entre nous, certainement un peu de nostalgie à ce moment là, la fin d’une belle et grande aventure à immortaliser avec autant de photos que l’on peu. DSC03328

Voilà on y est l’arrivée, c’est terminé, ce fut magnifique, un moment gravé dans ma mémoire à tout jamais, des amitiés liées pour l’éternité. J’y suis arrivé, je suis fier, je ne serais certainement plus jamais le même coureur, j’ai grandit…et certainement un de ces jour j’y retournerais qui sait….?

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MDS 2013 (jour 8): Etape 5 Jebel El Mraïer – Merdani

DSC03288On a passé la longue, plus rien ne peu nous arriver, on est devenu « monsieur indestructible ». La journée de la veille est passé par là, soins, repos ça a fait pas mal de bien, le sac est quasiment vide, du moins il n’y a pas de nourriture car ce soir c’est la fin de l’autosuffisance et nous auront droit à un vrai repas. Mais mine de rien, il faut se les farcir les 42km, un marathon c’est pas anodin  pour certains c’est l’objectif d’une saison, pour nous il fait suite à 190km du coup c’est plus du tout la même histoire. Sur le camps, on dirait un peu l’hôtel Dieu, ou la cours des miracles, certains ne peuvent plus poser les pieds par terre, d’autres sont courbés à 90°, et pas mal d’entre eux on dégoté un bâton pour pouvoir finir en marchant. Quand on prend le départ de cette dernière épreuve, il n’y a pas d’échappatoire  finir coûte que coûte, devenir un FINISHER du MDS, valider ces mois d’entraînements, ses sacrifices, cette souffrance endurée durant les jours  précédents!
Lorsque l’on se présente sur la ligne de départ, les mines sont décomposées mais c’est le dernier gros effort, toujours la même stratégie, essayé de courir jusqu’au CP2, et même à l’agonie finir. Tout le monde se regarde, s’encourage, ce n’est quand même pas du tout cuit donc rester vigilant. Pour ma part, j’ai mis 10′ a mettre mes chaussures tellement j’ai mal aux pieds, ça frotte de partout, mais ça va passer j’en suis sur.

DSC03289Lorsque Bauer lance le départ, on est directement dans les dunes, comme pour nous dire, vous allez en baver. J’ai pas mal d’émotions sur ces premiers mètres  je pense à tout ce qui me sont cher, ma femme et mon fils, ma famille, mon papa disparu et je me dis qu’il peut être fier là ou il est. Ces dunes m’empêchent complètement de courir, mais au moins je m’amuse dans les descente, ce que je me dis à ce moment là, c’est de prendre du plaisir, et de savourer. Après 2km, on arrive sur un plateau rocheux, ou enfin on peut commencer à trottiner, mais mes pieds en décident autrement, tant pis  je vais souffrir mais hors de question que je marche, il faut tenir le plus loin possible. Aujourd’hui il y a beaucoup de 4×4 sur le coté car de nombreux partenaires ont été invités sur cette dernière étape, du coup on est plus encouragé qu’à l’habitude. Toujours la même technique, 15′ de course puis 2-3′ de marche, j’ai mal partout, mais je prends quelques groupes durant 2-3km pour aller le plus loin possible sans subir outre mesure. Après le passage d’un oued, nous voilà sur un lac asséché, je hais ces passages car la chaleur y est étouffante, la réverbération impressionnante, ça va durer plus d’1.5km. Puis nous embrayons sur une grosse piste, ou il y a 2 traces de roues du coup, c’est un peu la file indienne mais à force, on le vois ce CP1, c’est une première victoire, il en restera encore 2. Un peu avant le CP j’ai récupéré Michel qui a les pieds dans un mauvais état suite à la longue étape, du coup c’est pas facile mais il est toujours là, c’est qu’il a fini la Diagonale des fous, c’est pas 2-3 ampoules qui vont l’arrêter  Bilan 10.5km en 1h23 mon meilleur score, ça me donne un coup de fouet comme jamais. Du coup je ne vais pas trop m’attarder  Michel est reparti et je le suis de loin.

Cette portion est beaucoup plus roulante, je me rêve d’essayer de trottiner jusqu’au CP2. On arrête pas de se doubler avec Michel, a chaque fois on se dit un petit mot d’encouragement , du coup on peu dire que l’on se tire la bourre à 7km/h, du haut niveau, il peut venir Usan Bolt, on l’attend. Toujours ces passages semi rocailleux qui ne sont pas fondamentalement difficile, mais lorsque vous avez le malheur de taper un roche encrée dans le sol, vous êtes à deux doigts de vous évanouir, pour moi du moins. Toujours dans la même optique, dès qu’un gars me dépasse, j’essaye de le suivre, même 200m, c’est toujours ça. Puis il y a ces têtes que tu retrouves, les australiens qui se soignaient à la clinique à coté de moi, les anglais avec qui j’ai fais un bout, sur la troisième étape, Jimmy le militaire de Draguignan  tous les souvenirs remontent comme si tu sentais que ça arrivait à la fin. Je vais devoir marcher un petit peu car mes ampoules me font horriblement mal, notamment au niveau de l’orteil, puis à force je vois le CP2, que je passe, 12km en 1h58.

Je prends 10 bonnes minutes pour me poser, il me reste un semi, tient ça me rappelle une histoire tout ça… J’en peu plus, je vais marcher 2km, et arriver dans les dunettes, ah les fameuse dunettes, soit disant des petits monticules de sable qui doivent passer sans trop de problème, mais qui en réalité te font penser à l’ascension du Mont Blanc, je sais pas trop s’il va rester du sable du coup j’en profite pour faire quelques photos,DSC03295 je regarde mon GPS, 26km, soit 16km de l’arrivée, soit au pire des cas 4h00, mais il n’y a pas moyen que je passe 4h00, je veux finir sur une belle note, et compétiteur dans l’âme, si je peux gratter quelques places, je vais pas m’en priver. Je vais trottiner un moment car mon corps me le permet, tout ça en regardant mes pieds, puis lorsque je relève la tête sacré choc, fini les dunettes, place à de vrai belle dune, un gars m’annonce qu’il y en a pour 4km, rien que ça! Là fini de courir, ça sera 4km de marche avec des descentes de folies comme un gamin de 3 ans, on longe les les crêtes de ces dunes, c’est juste magnifique,DSC03298
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DSC03301il est temps d’ouvrir les yeux et profiter  Je rigole tout seul car de temps en temps il y a un arbre énorme remplit de feuilles vertes, je me demande toujours comment c’est possible. Il pousse tout en travers, j’aurais bien voulu prendre une photo mais mon appareil refuse de s’ouvrir. On passe devant un autre arbre, premier mirage? Non pas du tout, il y a un gars qui dort dessous et dans l’arbre il y a pas moins d’une cinquantaine de chèvres debout dans les branches, et tout ça au milieu de nulle part dans des dunes immenses! A force je vais sortir de ce dédale  et sur la dernière dune, j’aperçois le CP3 à 2.5km, la chaleur est à son maximum, je suis épuisé et je n’ai plus aucune force, ça fait un bon moment que je n’ai pas vu Michel, il doit être loin devant. Ces 2.5km vont être un cauchemar  on rentre dans un lit d’oued qui remonte une gorge, sur le premier rocher, j’ai l’impression qu’une saleté d’épine de buisson de chameau s’est enfoncée dans ma chaussure, j’hurle comme un malade, les coureurs devant me demandent si ça va, je réponds que oui, de toute façon, je ne peux pas m’enlever les chaussures, alors épine ou pas, il va falloir que ça tienne. Je vais continuer à monter, sous une chaleur étouffante, mais mains de bonhomme Michelin me font terriblement mal, mais je vois les drapeaux du CP,DSC03305 un petit effort, ça y est, j’y suis 11.2km en 2h17. C’est le dernier CP, ça fait quand même quelque chose, c’est la dernière fois que je vais me faire poinçonner la carte de contrôle, les dernier mots d’encouragements. Il reste 9 bornes, 9 petits kilomètres, du coup je décide de me poser et là surprise, Michel appuyé sur le 4×4, il a pris la foudre comme il dit, du coup il récupère, mais comme ça fait un moment qu’il est là il repart tranquillement.

Après mettre bien arrosé, je repart également, traverse une vallée caillouteuse, c’est pas évident, je suis vraiment épuisé, mais le fait de savoir que je suis à la fin me donne le moral pour trottiner un petit peu, et comme j’aperçois Michel devant, il ne le sais pas mais il m’a permis de traverse cette vallée assez difficile, le sol est de plus en plus noir et pour la principale raison que l’on arrive sur le village de M’Fis qui est une mine, de je ne sais quoi, mais apparemment certains y travaille encore.DSC03307
DSC03310 C’est la dernière monté, pour ma part je marche, mes pieds n’en peuvent plus, j’ai les ampoules qui se sont ouvertes, heureusement que c’est la fin car je ne pourrait plus enchaîner  physiquement je suis pas loin d’être au bout…
Je commence la descente et la ce n’est pas un mirage, c’est les 4 derniers kilomètres, 228km dans les pattes mais ça va le faire, je vais faire parti de cette grande famille des finishers, même si je devais ramper, j’y arriverais. Ce nouveau coup positif me fais courir par brève de 100m, certains me double comme des obus, il faut croire que voir l’arrivée ça donne des ailes. Là quand tu regarde la tête des coureurs, il n’y a que des sourires, les blessures s’oublient, le mental se met en mode bonheur. Il me reste 2km, je pense à tous ces moments passés, et là je dois vous l’avouer j’ai lâcher quelques larmes, c’est comme une tonne de pression qui retombe, l’impression d’avoir fait un truc extraordinaire  qui n’est pas forcément donné à tout le monde, il y a pas à dire je suis FIER! Je veux finir sur une bonne note, il me reste 1km, je relance, je me met à trotiner, je commence à entendre des applaudissements, en fait tout ce qui sont arrivés, sont autour de la ligne en train d’applaudir les suivants, 500m, 200m,100m, je cours plutôt pas mal, ça y est je passe la ligne épuisé, mais pas loin d’être au 7e ciel! Je l’ai fait, je suis finisher du 28e Marathon des Sables, j’ai bouclé ce marathon en 7h14!
Patrick Bauer, me passe la médaille autour du coup, je lui donne une franche accolade  je termine 575e au général en 43h29’27 avec une moyenne de 5.15km/h, peut importe ce qui compte c’est la médaille, et je l’ai. Michel et Robin sont là, et pour clôturer notre bonheur Momo, Eric, Yassine, et Jean Pierre, rentreront au bercail, la tente 77 en force, maintenant on peu savourer.
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MDS 2013 (jour 7): La journée de repos…

Après être arrivé dans la nuit, impossible de m’endormir tellement mes cuisses et me mollets me lançaient, j’ai du rester plus d’une heure avec les jambes en l’air pour m’enlever les fourmis  bref un cauchemar  J’essaye par la suite de m’installer, matelas plus duvet et de me restaurer avec une compote car j’ai la flemme comme jamais. Je suis tout seul sous la tente, en espérant que ça aille pour tout le monde, et tout à coup Robin arrive, blanc comme un linge, mais il est là, il a galéré comme tout le monde mais fier de lui… On échange 2 mots, mais la fatigue l’emporte j’en peu plus et malgré la douleur je m’endors.
La nuit est plus que mauvaise, mais au moins je suis là allongé et je me repose, au petit jour, j’ouvre un œil et en face de moi Michel, exténué pourrait être le bon mot pour illustrer la situation, il a pris la foudre comme il dit au CP3, il a continué au mental au CP4 mais il a faillit prendre une hydro, du coup les docs ce sont permis de l’observer, il me raconte qu’il était avec Laurence Klein qui a abandonné à ces coté (voilà la raison pour laquelle je ne l’ai pas vu), il me raconte qu’elle pouvait plus respirer tellement il y avait de journalistes autour d’elles. Puis il a décidé de repartir, mais à chaque CP, les docs l’arrêtaient pour voir si tout allait, question de sécurité mais au final il a perdu beaucoup de temps.
Il fait jour du coup ma mission est de bien déjeuner et d’aller essayer de me faire soigner car je suis dans un sale état.
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J’ai vraiment une sale tête, complètement épuisé, heureusement que je suis là a rien faire car je ne pourrais plus courir, si j’étais encore en course. Du coup direction la clinique, peut importe le nombres d’heures à passer à attendre, il faut que je me soigne, il reste encore un marathon à courir et vu par quoi on est passé, je veux que tout soit refermé au chaud dans des straps prêt à partir pour le lendemain  Je vais passé encore 2h00 à attendre, au niveau de la clinique c’est la cours des miracles, je me dis encore une foi que je m’en sort bien, certains n’ont plus de peau, il marchent avec des cannes ou bâtons, bref 42km ça va être long.

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Je vais ensuite envoyer mon mail quotidien pour rassurer tout le monde, qui j’en suis sur c’est pas inquiété durant cette longue nuit.
Il est temps de rentrer à la tente voir s’il y a eu de nouvelles arrivées et Jean Pierre est là il la fait à son rythme, il en est venu à bout. 30′ plus tard c’est au tour de de la dream Team, Momo, Eric et Yassine, l’ont également fait on est tous rentré, on se félicite à tour de rôle, c’est comme une petite famille « un pour tous et tous pour un » comme on dit dans mon Gers natal. Maintenant on peut déconner et se reposer, certains tenteront la sieste, moi je n’y arriverais pas mais au moins je resterai allongé.
Puis à 16h30, un miracle tombé du ciel, on a droit à une canette de COCA, du vrai sucre bien dégelasse  frais, je vais mettre 30′ à le boire, une merveille, j’aurais pu tuer pour ça,quel bonheur…
Après cet intermède, il est temps de se concentrer  dernier repas du soir avant la dernière épreuve chronométrée… ça sent la fin, je reverrais presque de la ligne d’arrivée…
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MDS (jour 6): Etape 4 Taourirt Mouchanne – Jebel El Mraïer 75.7km

DSC03229Voilà on y est The Long long day comme disent les British. L’étape qui fait peur par excellence, plus communément appelée la longue! Ce matin le petit déj est complètement différent, je vais manger quasiment 1000 Kcal contre 300 les autres jours, je vais prendre une barre Fuzion, c’est assez énorme, bourratif, mais ça apporte tout ce dont vous avez besoin. Certain dans la tente vont pas la jouer comme ça, et je pense que ça a du jouer durant la journée. On est tous de plus en plus fatigué, on a quand même 108km dans les jambes, on a beau être entraîné  ça fait mal, du coup les gestes sont de plus en plus lent, on prend notre temps, la veille au soir je suis allé me faire soigner, j’ai fait la queue durant presque 2h, mais c’est pas grave, partir en étant sur de ces pieds ça n’a pas de prix, car aujourd’hui normalement c’est là où l’on rencontre le plus d’abandons et ce mot est maintenant complètement banni de mon vocabulaire. Je met un tee shirt à manche longue, une vrai gonzesse tellement j’ai de fringues, je ne supporte plus le soleil sur les avant bras, ça me brûle en permanence alors il est temps d’employer les gros moyen, au moins je serais couvert. DSC03231A trop traîner  on en est même en retard au brief de Bauer, tout le monde discute de sa stratégie  personne n’est serein  pour m’a part, j’ai 2 mots d’ordres, le premier essayer d’arriver au CP5 à la nuit, du coup il ne me resterait que 21km à faire la nuit, par conséquent le 2ième point revient à dire que je veux dormir au bivouac, arriver vers minuit, une heure serait parfait. La veille au soir je me suis fait un petit papier avec les kilomètres entre les CP, pour arriver à gérer la nourriture et l’eau. Au niveau du poids du sac c’est un peu mieux mais je décide de me la jouer à la Momo à savoir découper un morceau de matelas et me faire des renforts au niveau des épaules pour éviter d’être scier. Aujourd’hui c’est également un jour particulier, car le peloton va partir à 8h30 et les 50 premiers 3h00 après du coup on va tous les voir nous doubler, ça sera la première fois qu’on les verra en action. Ça devrait être sympa.

On s’approche de la ligne de départ, puis on s’élance, applaudit par les 50 premiers qui nous font une haie d’honneur, c’est aussi ça la magie du MDS. Comme tous les jours, même technique jusqu’au CP1, alterner 15′ de course et 3′ de marche, encore plus aujourd’hui ne pas se cramer dès le début c’est le mot d’ordre. Il y a 11.5km en parfaite ligne droite avec un sol alternant sable et cailloux, ça met en jambe, je prends des wagons au passage, en essayant au maximum de me protéger du vent, globalement ma technique marche et je suis ultra satisfait  en voyant le premier CP que j’ai avalé en 1h35, mon dénominateur commun… Les jambes vont bien, on sent clairement qu’il fait de plus en plus chaud, je sens que je ne vais pas pouvoir courir éternellement notamment durant l’après midi, il faut faire un coup jusqu’au prochain CP.

On redémarre du CP1, avec en point de mire le Zireg,DSC03235 on nous à annoncé une vue panoramique en haut, je trottine tant que je peux et commence ma marche quotidienne dans la montée, en discutant avec des anglais. Le gars essaye de prendre en photo l’hélicoptère en vol, mais avant que son appareil fasse l’autofocus, l’hélico part à chaque fois, on se marre tout en avançant. A force on arrive enfin au sommet, on ne nous avait pas menti, la vue est a couper le souffle sur une mer de dunes qui ne vont pas être simple.DSC03237 La descente du Zireg est fracassante, dans de gros rochers, ce n’est vraiment pas évident. Et enfin au km14, on arrive dans le sable, c’est interminable épuisant, on ne sait pas quel cap suivre, on est très loin des marquages rouges, il y a des coureurs partout  j’aperçois Robin pas loin devant, et je vais décider de m’accrocher au maximum pour ne pas le perdre de vue, ça m’impose de garder une certaine cadence, je ne  veux pas prendre un vent à ce moment là.DSC03240 Il est avec 2 gars qui sont en fait nos voisins de tente qui sont pas très loin de moi au classement du coup je me dis que l’on a les mêmes allures. On sort enfin de ce dédale  avec un arbre en vu. Il me reste 5km pour aller au CP2, on reprend un chemin à moitié sable et roche, mais au moins on peut courir, enfin c’est un bien grand mot, on peut traîner les pieds, pour ma part mes ampoules se réveillent et je sens que ça va pas être évident. Je me tape un fou rire tout seul car sur le coté il y a des journalistes, il fait tellement chaud qu’ils ne savent pas où se mettre, ils cherchent un buisson pour avoir un d’ombre, et nous il nous reste 60 bornes à faire en plein cagnard c’est pas gagné. A force de persévérance, je vois enfin ce malheureux CP2, j’ai mis 2h18 pour faire 12.5km, à ce moment là je m’attend à passer de longues heures pour finir cette étape, mais le cœur est encore là.

Détail très très important au CP2, on ne nous donne qu’une bouteille pour faire 12km alors que pour cette distance là, en principe on en  a 2, il va falloir être très vigilent avec l’eau.Du coup, il est déjà midi et demi, le soleil est au plus haut, j’arrive plus à courir, je décide dans ma tête de marcher durant tout l’après midi et d’essayer de re courir à la tombée de la nuit. Je sais que ça va être long, je me suis préparé, mais au moins je ne vais pas m’épuiser  à ce moment là mentalement il faut arriver à faire la bascule et se mettre en mode « costaud » car il est évident que l’on va broyer du noir. Ca fait un peu plus d’une heure que les premiers sont partis, il vont pas tarder à nous doubler, du coup ça me met un coup de boost car la veille j’ai discuter avec un couple de Luxembourgeois et ils m’ont dit que l’an dernier ils c’étaient fait doubler au 26e, j’y suis du coup ça me fait sourire, toute onde positive est bonne à prendre, il faut s’y raccrocher  Au 30e j’entends des applaudissements au loin, ils sont là, voilà Mohammad et Salahme, une allure de dingue, on dirait des gazelles, ils courent à 10m parallèle à nous dans les roches pour ne pas être gênés  tout sur la pointe des pieds c’est excellent,DSC03247 DSC03248je les encourage, je suis fasciné  ils nous font un petit signe de la main et 3′ après on ne les voit plus, juste impressionnant  ils sont partis 3h00 après nous, je ne suis même pas à mi course qu’ils me doublent, respect. 15′ après voilà le 3ième, l’italien fin comme une gazelle, DSC03251puis sur ces talons le portugais puis vient l’anglais. Et enfin j’aperçois le Jaguar, autrement dit Christophe Le Sceaux, premier français, là je m’arrête, et c’est gros gros encouragement, il sourit et me lance « allez courage », ce mec là joue le top 10 et passe a coté de moi en m’encouragent, il y a qu’ici qu’on voit ça! Pour nous vient le temps de changer de terrain et de rentrer dans l’oued Rheris asséché, on va manger de la poussière pendant 5km, il y a des buissons partout, il peut y avoir mille chemins, ma montre divague complètement  je suis au 40e km, c’est n’importe quoi, je suis seul, je n’ai pas vu Laurence Klein, ou Benoit Laval, et je me dit que je suis paumé et surtout j’ai du rallongé  ou pire j’ai manqué un CP, en plus de ça je n’ai plus du tout d’eau, c’est panique à bord, tout me passe par la tête, je fais pas le malin, puis enfin j’aperçois la sortie de ce calvaire avec le CP3 au fond. Je trottine  je veux en finir, j’ai soif, et là je me fait doubler par la légende vivante de l’ultra Marco Olmo,DSC03254 j’avais vu des photos, mais en chair et en os c’est impressionnant  je crois qu’il à 63 ans et il passe avec une légèreté te disant sort du chemin je vole! Mon calvaire touche à sa fin, secrètement j’aimerai que mon GPS ai raison à savoir que j’aurais sauté un CP, mais là je vais déchanter, j’ai 10km d’erreur, je ne sais pas pourquoi. J’aurais mis 2h53 pour faire 12km, horrible, je vais me poser et recuperer à l’ombre d’un arbre, la seule chose que je retient c’est que je suis quasiment à mi-course il est 15h31, j’ai 3h00 pour espérer arriver au CP5 sachant que désormais les distances entre CP sont raccourcies à savoir 9 et 9km, tout est jouable, du moins je vais vers la fraîcheur et ça c’est pas négligeable.

Je repars calmement dans une montée de dunes,DSC03255

DSC03258 presque seul, en me faisant doubler par des coureurs dans les 50 et même au 40e par les 2 première féminines, l’américaine et l’anglaise, pas de Laurence Klein, j’ai du mal à y croire tellement elle était au dessus du lot encore cette année. Au CP on nous a demandé de doublé notre ration de pastilles de sel, je regarde mes mains, on dirait le bonhomme Michelin, je ne peut même plus fermer les mains, ça me lance, j’ai des fourmis, ça sent rien de bon tout ça, et la j’en ai vraiment marre, plus de 7h30 de course, il reste 35 bornes, ça ne va jamais en finir, je baisse la tête et marche comme toujours surtout ne pas s’arrêter  puis dans la traversée d’un oued, j’entends des bip furieux d’un cardio, et devinez, mon ami Anton, le slovène, mon voisin de matelas lors du premier soir à Orly, il est complètement carbo, rouge comme une pivoine, je me met à courir à coté de lui, il est tellement mort qu’il ne me reconnait même pas, mais à force ma tête lui revient, je lui demande si ça marche pour lui, il me dit qu’il passe en mode course et plus du tout en mode compet, même s’il a terminé 8e à l’étape 1, 15e à la 2 et 21e à la 3, quand je vous disais que c’était pas un rigolo. J’ai beau vouloir faire 500m avec lui, y a pas moyen j’ai mal partout, je lui souhaite bonne chance et il repart! Un peu plus loin, on passe à coté d’un puits ou pas mal d’enfant s’amusent avec l’eau, c’est toujours sympa de rencontrer des gens alors que ça fait des heures que l’on est seul au monde. Un dernier jebel et enfin j’aperçois le lac asséché et le fameux CP4.DSC03261 Comme toujours je vais essayer de trottiner un peu sur la fin pour arriver enfin au CP, là je décide d’enlever le sac, pour respirer un petit peu avant d’entamer un gros morceau. J’ai mis 1h58 pour ces 9 kms, il est 17h30 mon plan de bataille est encore en marche, il commence à faire bon, enfin, arriver au CP5 durant le début de la nuit et je sais que ça sera gagné.

Il y a 9kms à parcourir, 9kms de dunes, mais des dunes de champion, immenses, voilà pourquoi je suis venu au MDS, me dépasser, chercher des limites encore inexplorées, découvrir des paysages magnifiques. Le sable est différent à cet endroit là, un peu orangé, il n’y a pas d’herbe, j’en profite pour prendre des photos, mais mon appareil n’en fait qu’à sa tête et vu qu’il y a quelques grains de sables qui se sont coincés dans l’objectif il ne vaut plus d’ouvrir, ça m’énerve vraiment, en haut un photographe me demande si je veux qu’il me prenne en photo, je lui répond que oui, et c’est la fameuse photo qui passera sur le site du MDS le lendemain.12366_10151426511807968_1761302731_n  Certains des 50 premiers me double encore, 2 anglais veulent que j’immortalise l’exploit en haut de la plus haute dune, je m’exécute. Pour ma part j’arrête pas de me retourner, je veux absolument prendre une photo avec le couché de soleil dans les dunes car c’est tellement indescriptible que je veux immortaliser le moment, à force de persévérance j’y arrive.DSC03266
DSC03268Il ne fait pas tout a fait nuit, je n’ai pas envie de prendre ma frontale n’y d’allumer mon bâton lumineux, je veux faire ça au CP, du coup j’avance, en compagnie d’une concurrente qui à une déchirure au mollet et qui me dit avoir fait top 10 l’an dernier total respect, même blessée elle avance plus vite que moi tellement je suis épuisé. Puis vient la 3e féminine au classement, qui me demande de lui accrocher son bâton lumineux au sac, je lui souhaite bonne chance pour la suite et on continu. Tout a coup un laser s’allume entre le CP4 et le cp5 les faisceaux sont alignés  le but est de donné le cap au concurrents en plus des bâtonnets lumineux placés sur le parcours. Je suis au 51ekm, a coté de Graham, un anglais avec qui j’ai discuté sur une étape les jours d’avant, il est épuisé, il marche avec ses bâtons  mais il n’arrête pas de glisser et de tomber, et jurant à voix haute, Fuck, fuck…et j’en passe, je sourie lui demande si ça va il me dit qu’il n’en peu plus en on continu notre chemin, à ce moment je suis obligé de prendre ma frontale, d’une j’ai peur de prendre une pénalité et en plus je n’y vois plus. En même temps j’entends des voix, de l’autre coté de la dune, c’est le boss en personne avec son second, leur 4×4 est à 90° planté en bas de la dune, ils sont tankés comme ont dit ici, alors la gros sourire, il me demande si je veux les aider à pousser, je réponds que même si je le voulais je ne pourrais pas! Bref je continu mon chemin en serrant les dents, j’ai de plus en plus faim, je n’en peu plus de ces barres énergétiques, je veux du solide. A force de persévérance, je vois enfin le CP5, je le franchis après 2h26 de course, il est 19h55, soit 11h30 d’efforts, il est temps de faire une vrai pause. Au niveau de ce CP, il y a énormément de tentes pour pouvoir se reposer, manger et s’il le faut dormir. Je vais rester plus d’une heure au CP, me préparant une soupe, et un couscous, je mange avec les deux gars qui était avec Robin au CP3, du coup je luis demande de ces nouvelles et ils me disent qu’il a du ralentir. Une fois mon repas terminé je me pose une petit quart d’heure pour reposer mes cuisses qui n’en peuvent plus, mes ampoules qui me font souffrir comme jamais, il reste un semi à parcourir. Un semi j’en fait un tout les matins si je le voulais, mais là ça me semble infranchissable même si je sais que le pari est quasi gagné je vais allé au bout, mais dans quel état.

Après cette longue pose je décide de repartir avant d’avoir trop froid. Mais là c’est une tout autre histoire, j’ai les muscles qui se sont énormément refroidis et avant de remettre la machine en marche, il va falloir du temps. Il n’y a plus de difficulté jusqu’à la fin, il faut juste marcher de longues heures avec les douleurs 11km puis 10km. Heureusement après 2kms seul au monde, je vais m’intégrer dans une groupe de 5 gars venus de Reims avec notamment un Père et son fils, ça va me donner de quoi cogiter pendant cette longue marche. Je dois vraiment leur tirer mon chapeau, Sébastien, le fils à un problème à l’adducteur  il faut voir comment il marche tellement il a mal, et son père Jean n’arrête pas de l’encourager. Je suis brisé, mais je m’interdit de lâcher ce groupe, il marche d’un rythme soutenu pas loin de 5-6 km/h, et à force on va arriver à ce fichu CP6, le dernier CP! J’aurais mis 3h04 avec une pause d’au moins une heure au cp5, tout le groupe se pose sous une tente, on n’en peut plus tout le monde est épuisé, on pourrait se dire, aller on ne s’arrête pas, prochain arrêt l’arrivée, mais non, le corps ne suis plus, physiquement c’est plus possible, il y a des coureurs qui sont salement amochés, perfusés, je bois un coup, prends un doliprane et je fonce, enfin il faut le dire vite. Mon groupe d’éternise, j’ai envie d’en finir alors il est temps de marcher même seul mais je veux voir le bout.

Je marche comme un zombie dans ces traces de 4×4, dans la poussière, ile me reste 10 km à faire, dans 2h00 ça devrait être fini! Je m’encourage seul, en me lançant des « allez – allez », puis au bout de 2km, j’entends des bâtons à une cadence régulière, le gars marche très bien, je lance la discussion, on est que tous les 2 alors autant finir ensemble. C’est Joseph un anglais de Londres, il est banquier et mutuellement on va prendre des relais pour essayer de ne pas fléchir, il n’a pas du GPS du coup, il ne sait pas du tout où l’on en est, et toutes les 30s il me demande combien de km il reste. On franchis un dernier oued avec des herbes à chameau partout, des buissons épineux, et enfin le graal, la lumière du bivouac et sa ligne d’arrivée, on serre les dents, il est aussi mort que moi, encore 2km, les 2 derniers fichus km. Le pas se fait de plus en plus rapide, 500m, 100m, on franchis ensemble cette ligne sous les applaudissements des bénévoles qui sont là à veiller que tout ce passe bien.

On l’a fait, j’ai vaincu la longue, 75.7km en 16h52, il est 1h27, pari gagné, je voulais rentrer dans ces eaux là, mission accomplie. Place à la récup, enfin si j’arrive à la tente…

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MDS 2013 (jour 5) : Etape 3 Jebel el Otfal – Jebel Mouchanne 38km

DSC03206Ce matin, la fatigue est bel est bien là, en plus une étape de 38 kilomètre ce n’est vraiment de tout repos, même si sur le road book que j’ai pu lire la veille, l’étape ne comporte pas forcément de difficultés comparé à la veille. Jean c’est réveillé en me montrant un tube de cachets antidouleurs…il est vide ! La veille il est allé ce faire soigner, on a dû lui arracher la moitié de la peau sous la voûte plantaire, bilan il est à vif, il nous dit qu’il a deux cœurs à la place des pieds tellement ça lui lance, on voit bien qu’il ne peut plus poser les pieds par terre, ça va être une rude journée pour lui… Il me dit qu’il va se le faire tranquille, quitte à marcher pendant des heures et des heures, arriver au bout c’est tout ce qui compte. Yassine a également les pieds en feu, idem pour Momo, Eric fidèle à lui-même fait de la prévention en se strappant les orteils, Jean Pierre, annonce clairement que ça va être une longue journée. Robin et Michel on l’air assez en cannes ça devrait le faire. Pour ma part étant donné que je me suis arrêté au CP la veille, les soins ont tenus et je vais repartir comme ça.

Vu la journée de la veille, et vu que j’ai encore les trapèzes en feu, je décide de changer de tee shirt, le modèle avec des rembourrages au niveau des épaules ça va être la solution à mes problèmes (note pour une prochaine fois, choisir un seul tee shirt pour éviter de porter sa garde-robe inutile). On part tous au départ, vraiment en traînant les pieds car l’étape d’hier a fatigué bon nombres d’entre nous, mais ce n’est rien comparé à ce qui nous attend. Aujourd’hui  il y a  3 CP, ma stratégie, essayé d’arriver à courir jusqu’au cp2 et on avisera par la suite. Musique habituelle, c’est parti, clairement ça part beaucoup moins vite, du genre petit footing lorsque on récupère après une bonne séance de fractionnés. 9a se passe plutôt bien, j’avale les 5 premiers kilomètres sans trop de problèmes, puis je retrouve un couple que je croise tous les jours, ils sont mode locomotive, un train de sénateur, et étant donné que l’on a un gros vent de face, je fais mon cycliste de base en restant derrière, le but rester là le plus longtemps possible et continuer à courir. 10e kilomètre, tout va bien j’ai marché 3’ pour m’alimenter, et je me dis qu’on a déjà fait ¼ de la course c’est vraiment pas mal. Patrick Bauer nous avait dit que l’on passerait à proximité d’habitations, on y est il y a 2-3 maisons traditionnelles avec un panneau camping – oasis, la photo s’impose, c’est juste magnifique.DSC03214DSC03216DSC03217A ce moment-là on part sur une piste sablonneuse avec des tonnes de poussières, c’est juste irrespirable, le vent s’est levé et on prend tout dans les yeux. Puis pour rajouter un peu de piment, on croise 3 camions bennes, chargés à bloc de pierre, un marocain est sur le toit avec le drapeau du Maroc, et ils nous klaxonnent comme des dingues, on est qu’au début de la journée, du coup à ce moment-là on sourit. Petite descente et nous voilà au CP1, globalement première partie de course parfaite, 13km en 1h38…
Mais voilà, au CP, c’est la mauvaise nouvelle de la journée, j’aperçois Jean, sans son sac, je lui demande s’il se pose et en fait il m’annonce qu’il abandonné après 500m du départ, c’était impossible, il ne pouvait plus marcher ! Ca me met un sacré coup au moral, je suis triste pour lui, il reste fier, fier comme un corse, mais on sent qu’il est touché l’ami. On échange 2 mots, et je lui promets qu’on y arrivera, qu’on arrivera au bout pour lui, pour la tente 77 !!

Je me remets en route, il faut désormais traverser un lac asséché, la réverbération est énorme, la chaleur y est étouffante, je me surprends à pouvoir courir encore un peu même si certaines ampoules se réveillent notamment au gros orteil gauche. J’arrive enfin au pied du jebel  Ras Khemmouna, il parait anodin à première vue, mais la fatigue cumulée te fait ralentir, le début de la monté se fait à travers les pierres encore et toujours, puis la suite se fait dans le sable, et rebelote, le cardio monte d’une façon incroyable, en haut il est temps de savourer.DSC03218 On va ensuite continuer dans une succession de montées et descentes en réalisant de temps en temps des rencontres exceptionnelles avec de jeunes enfants qui sortent dont je ne sais où, et qui nous demandent gentiment s’ils peuvent récupérer casquette, buff et même de l’eau, à ce moment-là on aimerait tout leur donner, mais c’est juste impossible, notre survie en dépend.DSC03223 Un dernière passe caillouteuse et j’aperçois enfin le CP2, j’ai les pieds en feu, le dos en compote, il est vraiment temps que je me pose. Bilan 9.5km en 2h00

Je repars, il ne reste plus qu’une difficulté qui se dresse en face de moi, le jebel  Mhadid Al Elehau, encore et toujours un mélange de roche et de sable épuisant a franchir, il me faudra plusieurs poses durant l’ascension. Devant moi Vladimir, ma vielle connaissance Estonienne.DSC03226 On va longer la crête encore face à nous des paysages fabuleux. Puis à la fin de cette crête vient le coup de massue le plus dur à vivre de la course, au sommet, je peux voir le CP3 à 8km et l’arrivée à 14km, et tu as déjà des heures de courses dans les pattes, c’est vraiment démoralisant à souhait mais le pire reste à venir. Avant le cauchemar, nous nous trouvons devant une énorme descente sablonneuse, fidèle à moi-même, j’écarte les bras et je descends comme un dingue, 2’ d’ivresse absolue. 644440_10151426527092968_647811912_nDerrière ça voilà le moment que j’appellerai la vallée de la mort, c’est le moment de la journée où il fait le plus chaud (on me dira le soir qu’ils ont mesuré 54°), et devant moi un ligne droite interminable dans ce foutu sable dont tu t’enfonces de 2-3cm assez pour t’épuiser pour la journée, à ce moment-là c’est tournée d’idées noires,DSC03227 j’en ai marre, je suis épuisé, j’ai mal partout, à cet instant, je me demande vraiment ce que je fou là. Autour de moi c’est une peu zombie land, il y a des coureurs partout, sur une largueur de 100m, j’en ai doublé certains il y a une heure, mais les voilà à coté, bref, je ne m’en sort pas, ces 5km jusqu’au CP3 seront interminables. Mais m’y voilà enfin, 10km en 2h26…

Je vais rester à l’ombre un petit moment, 100m avant le CP3 j’ai rattrapé Robin, mais lui décide de repartir après un arrêt éclair. De mon côté, j’ai les talons en sang, du coup je vais voir le doc en lui demandant ce qu’il en pense, et il me répond que vu le vent qu’il y a sous les tentes, le mieux est d’arriver et d’aller me faire soigner à la clinique dans de meilleures conditions, j’hésite fortement car j’ai en tête ce que ça a donné avec Jean, mais enlever ses chaussures ça peut également devenir un calvaire, du coup je décide de repartir avec Jimmy, un militaire du coté de Draguignan si ma mémoire est bonne, il est responsable du chenil de la base, on commence à discuter et on se dit que ça sert plus rien de courir, il reste 6 bornes, au pire on marche on en a pour 1h00 et si on court pour 45mn, le lendemain matin c’est la longue, et là il faut pas tortiller du coup la sagesse l’emporte. On discute de tout et de rien de nos familles, de nos enfants, puis de bouffe… Alors là ça devient n’importe quoi, la fatigue cumulée à la faim, on commence à parler de coca, de cassoulet, de confit, bref on a faim ! Un japonais nous rejoint, on commence à discuter avec lui, le gars est énervé car en fait il n’est pas du tout du Japon mais de Californie, il y a eu une erreur sur le dossard. On lui demande ce qu’il mange, il répond du riz, bref il n’est pas jap mais ça en a tout l’air… Il est temps de baisser la tête et de continuer, on est encore sur un lac asséché, et là j’en ai vraiment marre, il est temps de finir, on longe un piton rocheux, et enfin on aperçoit l’arche d’arrivée, un dernier effort, et 200m avant on commence à trottiner, il faut toujours se prouver que l’on est capable de recourir même exténué, on franchit la ligne en même temps, heureux tout simplement !

Bilan de la journée, très très dur mentalement, c’est la première fois que j’ai eu un gros coup de blues qui a duré un sacré moment, et dans ces cas-là, il faut savoir prendre son mal en patiente, l’épreuve est tellement longue, il vaut savoir savourer ces petites victoires comme arriver à un CP, puis franchir cette ligne en se disant une de plus… 38km en 7h07’53 à la 683e place.

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MDS 2013 (jour 4) : Etape 2 Oued Tijekht – Jebel El Ofta

Ce matin, c’est bien différent de la veille, on sent clairement que tout le monde a tapé dans la machine, le réveil est difficile, on reste un peu plus longtemps dans le duvet.  Les premières courbatures sont là, certains ont déjà du mal à remettre leurs chaussures, on est que le deuxième jour, bien loin de la longue, c’est le temps de la gestion. La préparation du matin devient un rituel, pour ma part je me strappe au niveau des trapèzes pour éviter les échauffements des bretelles, je double la dose de crème solaire, car j’ai littéralement brulé au niveau des avant-bras et des genoux, il n’y a plus la place à l’improvisation. J’en profite également pour aider Michel au niveau du dos, ou son sac à déchirer son tee shirt et a commencé à entamer son dos, du coup dose de Biafine, compresse, et strapp. Jean de son coté a soigné ses pieds la veille, heureusement d’ailleurs car ce n’était pas très beau à voir, et il nous annonce qu’il a encore mal. Jean Pierre fidèle à lui-même s’auto-strappe chaque orteils un à un, la force tranquille comme je vous disais. Puis la joyeuse bande toujours à l’arrache, enfin surtout Momo en chef de file, qui suit les directives de Yassine, qui a quand même bien du courage car il court avec une fracture à un orteil et enfin Eric toujours aussi calme qui se soigne en solo. N’allez pas dire que dès la première étape on est une tente d’éclopé, c’est dans la plupart des cas, du préventif.

Une fois cette étape passé direction le départ, ce dernier a été avancé de 30’ en raison des grosses chaleurs, le délai max est de 11h00, on a le temps de voir venir, enfin ça c’est ce qu’on se dit à voix basse, car c’est l’étape la plus courte, mais le délai est supérieur à la veille, bizarre…
Lors du briefing, on nous annonce le classement général, le Top 10 homme et le Top 5 femme, puis le nombre d’abandons, il y en a eu quand même quelqu’un et notamment 2 évacuations  par hélicoptère, ça fait flipper tout ça. Aujourd’hui, Patrick BAUER nous annonce qu’il y a l’organisateur de l’UTMB parmi nous (Mr Filipetti si ma mémoire est bonne), et qu’il lui dédit cette étape que l’on appellera l’étape UTMB, comment dire….euhh ça va faire mal.

La traditionnelle musique d’ACDC, let’s go ! Il n’y a que 2 CP, ma stratégie, courir jusqu’au CP1, marche course jusqu’au CP2, ramper jusqu’à l’arrivée, bref je pense que ça va être dur. J’ai regardé le road book la veille, il annonce 2 grosses difficultés, un jebel à 15% et un autre à 25%, pour ce qui font du vélo, ça va forcément leur parler, mixer tout ça avec du sable et 50°, vous êtes en train de comprendre petit à petit les 11h00 de délais.
Je peux courir, je suis bien physiquement alors je trottine tranquillement, je révise mes objectifs en cours de route, 15’ de course, 3’ de marche, je bois régulièrement, je mange un morceau de barre, à ce moment-là j’ai l’impression que tout est parfait, j’arrive enfin à faire ce que j’ai envie, mais je me leurre pas ça fait uniquement 1h00 que je cours, et là première image qui restera gravée en moi, le premier gros jebel, ce n’est pas la grosse difficulté, mais quand je vois les petites fourmis sur le sommet, je me dis que c’est le moment de vérité, je cherche au fond de ma mémoire le visuel du road book, et je visualise très bien les petites bosses de dromadaires.DSC03175 Allez c’est parti en mode combattant, je passe en mode marche active, en me rappelant mes Pyrénées et toutes ces balades en famille, c’est le moment d’ouvrir les yeux, la grosse montée ce basse bien, on est dans le dur au milieu des roches, je prends le temps de me retourner, il faut savoir savourer ces moments-là, je ne suis pas là pour gagner, mais me souvenir de cette course pour le reste de ma vie. Je regarde en contre bas, et ces centaines de coureurs qui trottinent, c’est assez sympa. DSC03177
DSC03180Mais à partir de ce moment-là c’est surprise surprise, on ne voit jamais plus loin que 200m, le menu à ce moment là c’est course de crêtes au milieu des roches, je me surprends à relancer quand je le peux, et quand il n’y a pas 10 coureurs devant moi… On redescend, et hop re monté de 150m, ça n’arrêtera pas, le tout devant un spectacle à couper le souffle, je pense que c’est le moment de la course que j’ai préféré durant les 250kms. J’ai également une pensé pour certains qui ont les pieds en vrac, on est vraiment malmené, les roches sont saillantes à souhait, mais c’est aussi ça le MDS. Certains endroit font flipper, il faut s’assurer avec les mains, passer d’un coté de la crête à l’autre, si certains ont le vertige, il vont être servis.

DSC03183Longue descente en vue, je vais me faire plaisir comme jamais je ne me suis fait plaisir sur un trail, je fais la descente seul devant, doublant certains coureurs qui ont les cuisses dures, bref un pur régal, en bas dure retour à la réalité avec un peu de sable, mais j’arrive au CP1, en 1h30, ça sera ma variable de la semaine, tous les premiers CP, je mettrais 1h30 en moyenne comme quoi, quand tout va on peut arriver à courir sur le MDS.

Sur le CP, je croise Robin, comme la veille on décide de repartir tous les 2, je me suis déversé une bouteille entière dessus, il faut savoir qu’au CP, certain remplissent leur gourde et laisse le surplus, du coup on peut en récupérer pour s’arroser. On commence à trottiner mais Robin n’est pas forcément dans son assiette, du coup je temporise, je le pousse un petit peu car les jambes sont là, mais du coup on décide de marcher à travers cette passe, sous un soleil de plomb. On arrive dans une passe sablonneuse, ce que je hais depuis la veille, car je m’y épuise, on arrive enfin au kilomètre 16.5, ça y est c’est la première difficulté, le jebel Joua Baba Ali à 15%, la première partie, ce n’est que du sable, tu as l’impression que tu es à 4000m d’altitude, tu fais 1 pas à la minute, ça te coute une énergie monstre tellement tu glisses, impossible d’avoir un appui sable, j’ai le cardio à 200 !DSC03184 DSC03185Certains s’écroule dans le sable, ils renoncent, ou du moins ils temporisent. Il y a des docs en bas, en haut, et la température ne cesse de monter. Sur le haut on retrouve des rochers, mais la pente est encore plus dure, obligé de poser les mains. Encore une fois, en haut vision magique, ça te ferais presque oublier ce que tu viens de passer.DSC03187DSC03191A ce moment-là, je respire 2 minutes, je me retourne, et je me dis : « on aime ça quand même », on prend les mêmes et on recommence, on est sur la crête, mais là on nous prévient que le passage va être chaud surtout regarder où l’on marche, c’est le moment ou mes pieds décident de « s’allumer » au niveau des ampoules, ça clignote un peu partout à l’avant, à l’arrière sur les talons, je sens que je suis de moins en moins à l’aise. A aucun moment on a le droit de se relâcher, de rêver, de s’épanouir, à chaque pas, ma chaussure doit se poser à un endroit précis et pas à un autre, après 3h00 de course c’est usant, le point positif, c’est que je partage cette partie de la course avec Robin, et depuis des kilomètres j’ai Vladimir juste devant moi, un estonien, qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Russe blond dans Rocky, une montagne le gars, il a le même sac que moi mais dans son dos on dirait un pin’s. On va sortir de se dédale de pierresDSC03195 et arriver sur une énorme descente de sable, alors là, c’est le moment dont j’ai rêvé durant mes entraînements  j’écarte les bras et descend comme un avion, comme un gosse, je me fais plaisir, tellement que j’ai failli trébucher.
A cet instant je vois le CP2, à 5km, ça met un sacré coup au moral, on voit se point tout au loin et on se dit que l’on va mettre des heures à arriver là-bas, car à ce moment-là, les ampoules, notamment une au pied gauche sur le talon, m’empêche totalement de courir, Robin est assez fatigué également, on se dit que ça ne sert à rien de forcer, on va marcher pendant presque une heure, et enfin arriver au CP2. Bilan 2h43 pour 12km mais avec de belles difficultés.

DSC03197Je décide d’aller voir le doc, j’ai vu les pieds de Jean la veille, et je m’interdis de prendre un risque même si l’arrivé n’est qu’à 6km. Un doc super sympa va me prendre en charge, il me dit si c’est un simple échauffement, je repars, si c’est plus sérieux, il répare. Je m’enlève la chaussure, bilan, j’ai une sacré cloque sur l’arrière du talon, comme sur le Gruissan Phoebus Trail, du coup l’arrêt va durer un peu plus longtemps, qu’importe, l’essentiel est d’être finisher. Sur le coup Robin disparait, j’ai perdu 20’ mais c’est pas grave, je repars en trottinant du coup, mais je m’arrête bien vite car quand je lève la tête je vois la dernière grosse difficulté le Jebel El Otfal, la première parti est dans la roche mais avec une pente insurmontable 25%, là c’est la cours des miracles, il y a des perfusés partout durant l’ascension, la dureté de l’effort, couplé à la chaleur et à la fatigue, certains ne supportent plus. Je serre les dents, derrière c’est quasi fini. J’arrive dans un entonnoir, du coup gros bouchon, il y a une marche de plus d’un mètres et certains coureurs ont du mal à la franchir, on sort de cette cheminée pour arriver dans le sable où une corde a été placée pour pouvoir arriver au sommet en toute sécurité, en haut c’est toujours cette même sensation de fierté, d’être allé au bout de soi-même.DSC03198 Il reste 4kms, on pourrait se dire c’est rien, mais le lit rocheux d’un oued qui va nous fracasser les cuisses pendant de longues minutes, DSC03200le tout en ayant le bivouac en point de mire, croyez moi j’ai regardé ma montre toutes les 5 minutes. On sort enfin de ces roches mais cerises sur le gâteau, on rentre dans de belles dunes, j’en peu plus, je suis épuisé mais je vois enfin le bout, je vois cette fichue arche, je vais même essayer de trottiner pour finir sur du positif, ça y est étape 2 dans la poche.

J’ai bouclé ces 30.7km en 6h19’59 à la 577e place, je retiendrais des vues magnifiques, de belles ampoules, et surtout plus de 700m de D+, apparemment c’est peu courant sur le MDS d’avoir des étapes aussi dures que cela.

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MDS 2013 (jour3) : 1ère étape Jebel Irhs / Oued Tijekht – 37.2km

DSC031545h40, la nuit a été plutôt bonne pour ma part, Michel a eu la riche idée dans la nuit de faire tomber le piquet avant de la tente, du coup on était plutôt pas mal au chaud. Tout le monde s’excite un peu car à 6h00, les « démonteurs de tentes » vont nous enlever le toit. Du coup tout le monde fait chauffer sa gamelle pour son premier petit déjeuner, pour ma part ça sera thé et muesli pas vraiment réjouissant mais bon ça fait quelques calories. Tout le monde se prépare minutieusement, on repli matelas et duvet, on compresse le sac a son maximum, il ne reste plus qu’à s’habiller. La chose frappante est que nous sommes tous, tout beau, tout propre, ça sera les seules minutes ou mon tee shirt sera blanc. L’excitation au bivouac est à son maximum, les appareils crépitent de partout, c’est la fameuse photo avant le grand départ, on décide également de se prendre tous les huit pour pouvoir faire la même à l’arrivée, on ne sait pas dans quoi on s’embarque, mais c’est le fameux jour J, un an de préparation et d’attente et nous y voilà. Il est également l’heure de récupérer  l’eau au centre du camp, j’en profite pour préparer ma mixture d’hydrixir d’en un des deux bidons, il fait déjà assez chaud.
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DSC03148 8h15 on s’avance vers la grande arche de départ, car il faut y être 30 minutes avant de partir pour le briefing quotidien. 80% des concurrents sont là, en avance, ça ne sera pas le cas les jours suivant, mais maintenant tout le monde à hâte d’en découdre. Patrick BAUER arrive, il rappelle les principales règles, l’eau, les pastilles de sels, bien se protéger du soleil, pour ma part j’ai mis de la crème indice 50, mais c’est comme si j’avais mis de la flotte, j’ai déjà l’impression de cramer alors que nous ne sommes pas partis. Vient ensuite le moment d’annoncer les anniversaires de certains coureurs, ça doit être assez énorme de fêter son annif à ce moment-là, tu t’offres un sacré cadeau, puis la pression monte de 2 crans avec la petite musique d’ACDC, c’est l’éphorie dans le peloton, ça y est 1’ et c’est parti, on s’encourage avec Michel, Robin, et Jean, 30’’, 10’’….c’est partiiiiiiiii !!!!!!!! A ce moment-là, la salive a du mal à passer, tu as tellement rêvé ce moment que tu n’y crois même pas, ça y est, maintenant il va falloir assurer.
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Je pars en trottinant tranquillement, tous ces mois d’entrainements m’ont appris à courir lentement entre 10 et 11, et c’est l’objectif que je me suis fixé en ce début de course, mais c’était sans compter que j’avais bu 2L de flotte avant de partir et que ça faisait 25’ que j’avais envie d’arroser les cactus, une première halte s’impose et là bang ! Plus de 200 personnes me passent, woww il va falloir remédier à tout ça, je reprends mon train et me retrouve à coté de Robin, on échange 2 mots et il me demande si ça me dit de faire l’étape à 2, pas de problème de mon côté, on court côte à côte en découvrant ces premiers paysages magnifiques. La monté du premier petit Jebel Mech Irdane est anecdotiqueDSC03161, la descente se fait dans une passe caillouteuse, les cailloux ça résume assez bien le MDS, on en mange à toutes les sauces, alors un petit conseil à ceux qui voudraient s’aligner en 2014, prévoyez des chaussures ayant un bon pare pierre, car la foulée devenant de plus en plus rasante, vous allez en taper des pierres. Un détail me gêne c’est mon sac à dos, j’ai l’impression que les 10kg se sont transformés en 40, les bretelles me scient les trapèzes, je n’ai jamais connu ça à l’entrainement, j’ai également une grosse barre au niveau des lombaires, et ça ne fait que 5 bornes, ça s’annonce assez mal. Nous arrivons au premier bac à sable, ce sable tant attendu, on déroule les premières foulées, mais on se rend vite compte que c’est complètement inutile tellement on perd de l’énergie, alors on va marcher, boire et prendre ces premières pastilles de sel. Cette passe n’est pas très longue, mais elle laisse présumer de ce que va être la suite, on continu sur une partie très sèche, et qui comporte énormément de crevasses, mais au Maroc quand on parle de crevasses, elles font entre 1 et 2m et on peut y courir dedans, du coup c’est un peu les montagnes russes qui nous emmènent vers le sommet d’un jebel, encore une fois pas très haut, on effectue la bascule et en bas,DSC03162 nous apercevons l’oued Rhéris, avec de l’eau qui y coule (je pense que c’est le seul endroit où nous verrons de l’eau durant toute la course), nous devons traverser un pont, et à cet endroit-là, toute la presse internationale c’est donné rendez-vous, en fait, la presse suit la course en 4×4 à travers une route bien définie qui longe la course, et il s’arrête au niveau d’endroits stratégiques. On traverse une petite route, puis nous nous retrouvons encore une fois à travers ces crevasses. Ces passages sont assez fatigants pour 2 raisons, il faut relancer en permanence, mais surtout on mange des kilos de poussières, le buff du TTT est d’une grande aide. Ca y est on est aux premières dunettes (l’expression peut faire rire, mais croyez-moi on ne rigole pas longtemps), courir ou marcher la dedans est épuisants, dès que l’on pose son pied, il descend de 50cm, du coup la meilleure technique est de faire des petits pas, et surtout attaquer la dune en travers. Après quelques efforts on arrive au CP1, 13.4km (c’est énorme comme distance) en 1h32’50, je suis relativement content, on a plutôt bien géré. On récupère 2L d’eau et on se pose à l’ombre d’un 4×4, je décide de ne pas enlever le sac, mais mon dos est en miette.
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On repart à travers ces dunes, qui sont quand mêmes magnifiques, une pose photo s’impose, j’essaye de m’alimenter correctement en fractionnant les barres énergétiques, en même temps les MuleBars sont tellement grosses, que la prise en une fois est assez difficile. On repart en trottinant à travers un sentier rocheux avec pour objectif les reliefs que l’on voit au loin.
Ça se voit que l’on est encore très frais, car on arrive à maintenir notre petite allure, dès la première bosse, on passe en mode marche, c’est là que je souffre le plus car le sac me brule à tous les endroits, on marche encore et toujours puis nous arrivons enfin au sommet, la vue est à couper le souffle,DSC03167 l’hélico fait des aller-retour sur nous, et comme à chaque fois, vous vient se réflexe, même exténué, de lever les bras. On redescend sur la passe sablonneuse, c’est certainement les terrains les plus durs du MDS, courir est épuisant, marcher l’est aussi car à chaque pas votre pied s’enfonce de 2 ou 3cm du coup on lutte. Derrière ça on pourrait s’imaginer un petit moment de répit, mais non, champs de dunes à l’horizon pour atteindre le CP2, 1h54 pour faire 11,4km à ce moment-là je me dis que cette course va être très très longue, les kilomètres ne veulent rien dire, la nature du sol vous dicte vos pas. Je décide d’enlever mon sac ce coup-ci car, ce n’est plus possible, j’ai besoin de respirer car en plus du poids, il me semble que ma ventrale est beaucoup trop serrée.

Je vais rester un moment à boire, et à souffler au CP2, en plus j’ai une ampoule qui commence à se former sur le gros orteil gauche, il ne me manquait plus que ça. On décide de repartir direction un oued asséché Depuis le CP, j’ai décidé de marcher car il fait beaucoup trop chaud, je dis à Robin de partir, je vois clairement qu’il peut courir et décidant de ne pas le pénaliser je l’incite à y aller, mais il me rétorque qu’il n’y a pas de problèmes, et que l’on va finir tous les 2. On ne croise pas grand monde qui court, se sont de longues lignes droites, tout le monde en garde sous le pieds…ou en fait pas vraiment, cette première étape d’acclimatation, n’est pas si simple, 37 bornes ça s’improvise pas, puis il fait pas loin de 45°… C’est l’heure des premières connaissances, on croise un américain qui vient de californie, je plaisante en lui disant que la chaleur pour lui ça doit être supportable, il me répond qu’en effet c’est pas loin de ses températures d’entrainements, je souri, puis on marche un bout de temps ensemble. Robin commence à prendre de la distance, il a trouvé 2 gars devant et marche d’un pas beaucoup plus soutenu que le mien, je ne le re verrais pas avant le bivouac, entre temps Jean m’a également doublé, mais il n’est qu’une centaine de mètres devant. DSC03169

DSC03170On monte sur la dernière difficulté de la journée, le dernier jebel, il ne reste plus que 4kms et l’on voit tout le bivouac au loin. Je serre les dents et décide de trottiner au maximum pour en finir de cette première étape, mais entre vouloir et pouvoir, je vais apprendre qu’il y a un énorme fossé. 1.5km avant la ligne je rattrape Jean qui me dit qu’il a les pieds en feux (c’est le début de ces problèmes), je trottine et passe enfin cette fichue ligne, exténué, courbaturé de partout avec le sac, mais je l’ai fait. Je ne vais pas m’éterniser, un petit coucou à la webcam pour rassurer tout le monde, je prends mon thé à la menthe Sultan, seul petit délice à quoi on a droit (un seul c’est le règlement), puis mes 4.5L d’eau et direction la tente. J’ai bouclé cette première étape en 5h54 pour 37.2km soit 6.27km/h à la 490e place au général…

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MDS 2013 (jour 2): La journée de contrôle

DSC031275h40, les premiers rayons de soleil apparaissent, la nuit a été courte et agité avec le vent du coup tout le monde se réveille à son rythme et on découvre enfin le spectacle féerique que provoque les lieux. Nous sommes au fond du bivouac, il y a 3 cercles concentriques de tentes berbères, tout le monde est regroupé par nationalité, devant nous se sont des hollandais, derrière des anglais qui ont mis un bordel pas possible dès le réveil, on comprendra le lendemain pour quoi ils sont si en forme. En fait on sent les habitués car ils ont tout prévu, à savoir un matelas gonflable d’une vingtaine de centimètres, radio…tu m’étonnes qu’ils ont la patate. De notre côté ce n’est pas la même histoire, pas du tout, pour ma part j’ai décidé de faire la course avec un matelas Thermarest et j’ai bien fais je pense car même si ce n’est pas ultra confortable, c’est toujours mieux que le sol. On regarde tous nos sac, c’est juste une catastrophe, rempli de sable de poussière, il y a pas à dire, on y est, à ce moment-là ce détail à son importance, mais après quelques jours de course, je vous promets qu’il n’en aura plus du tout.
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L’agitation commence à monter, le camp se réveille petit à petit, on est tout proche du djebel Irhs, des concurrents sont partis se promener dans les alentours. Dans le bus la veille, on nous a donné le Road Book, fidèle compagnon pour la course qu’il convient d’étudier la veille pour savoir la distance entre les checks points, la nature du sol, les difficultés, c’est un document très bien détaillé, on nous l’a remis uniquement dans le bus car le souhait de l’organisation est de diffuser au dernier moment le parcours complet aux concurrents. Du coup durant cette journée de contrôle, bon nombres de  coureurs vont aller à l’assaut des 2 premiers kilomètres pour savoir à quelle sauce ils seront mangés, pour ma part je préfère garder le coté surprise, puis il fait déjà presque 35° alors à quoi bon se crever inutilement, mon maitre mot pour cette journée : Récupérer.
Nous ne sommes pas encore en autosuffisance, un commissaire bivouac vient nous voir pour nous expliquer le déroulement de la journée : 6h00, récupération de l’eau, ensuite suivant le numéro de dossard, contrôle du sac, des examens médicaux, repas, à 16h30 briefing de Bauer, photos, et pour finir le dernier repas.
On part donc chercher l’eau, ça fait très nomade de dire ça, mais rien de bien sauvage, un camion se place au milieu du bivouac, avec des centaines de bouteilles et sont mis en place des files indiennes par rapport au numéro de dossard, vous récupérez vos 4.5l d’eau pour la journée, on marque le numéro de dossard sur la bouteille et le bouchon pour éviter de les jeter n’importe où, ce qui engendre une pénalité. Ce rituel sera quotidien et surtout obligatoire sous peine encore de pénalité.
Une fois l’eau récupérée nous nous dirigeons vers le petit dej, c’est quand même le pied absolu, de déjeuner dans cet endroit magique, au soleil, alors que trois jours avant j’étais en Allemagne, où il y avait encore de la neige sur les toits, à ce moment-là on savoure, et on se remplit le ventre car c’est assez copieux et 24h plus tard ça ne sera pas la même histoire car l’autosuffisance aura débuté.
Certains d’entre nous accélère la cadence, comme Michel et Robin car ce sont les premiers à passer au contrôles par rapport à leur numéro, on revient donc à la tente et là c’est l’heure des choix.
DSC03131 Vous vous trouvez en face de votre sac, optimisé et pesé au gramme près, mais dans votre valise, vous avez des dizaines de choses en double comme de la nourriture, des fringues, réchaud et pastille, buff, à ce moment-là,  c’est pas évident de se concentrer car vous vous êtes pelé toute la nuit et vous vous dites qu’un collant long serait le bienvenu alors que vous aviez prévu de rester en court…bref ça tergiverse, mais une fois le contrôle passé, impossible de faire marche arrière, détail essentiel, vous vous mettez en tenue de course à cet instant précis… La petite technique pour la plupart d’entre nous est de conserver  pas mal de choses sous la tente rien que pour passer la nuit (couverture, bonbons, gâteaux…) et donner le surplus aux monteurs de tentes qui ne roulent pas sur l’or il faut bien l’avouer.
DSC03133 10h30, ça y est, c’est mon tour, avec Jean nous partons, c’est un peu comme partir à l’abattoir, l’image m’a marqué, on voit ces coureurs traverser le bivouac avec leur grosse valise, toute notion de confort va disparaître à partir de cet instant. On fait donc la queue au contrôle, faire la queue va être un de nos jeu favoris durant les 10j, en effet même si j’ai trouvé l’organisation sans faille, vous devez prendre votre mal en patience pas mal de fois, mais en même temps, je vois pas ce que l’on peut faire d’autre durant la journée, je n’ai vu ni golf, ni piscine alors…
Voilà c’est à nous, contrôle de la convocation, de la carte d’identité, on prend ma valise, elle part directement à Ouarzazate à l’hôtel. On rentre sous la tente de contrôle ou on nous remet 2 cartes à accrocher à notre sac à dos, la carte de contrôle de l’eau (tous les jours sont détaillés : matin, cp1, cp2, cp3 , arrivée) et la carte du suivi des soins, ces 2 documents seront perforés par l’organisation, et si elle ne finit pas pleine de trous, c’est qu’il y aura eu un souci quelque part.
Vient ensuite le transpondeur, le corse l’appellera le transbordeur, avouez que c’est quand même plus original, on a sacrément rigolé avec cette histoire.. puis la fusée de détresse, un sacré engin à caser dans le sac, puis les pastilles de sel (au moins une centaine). On teste le transpondeur pour valider son bon fonctionnement, puis en face de nous se trouve un crochet pour peser nos sacs, bilan 9.5kg sans l’eau, voilà en parti une des raisons de mes souffrances du lendemain, mais on y reviendra.
On nous redirige vers des docteurs pour faire un point santé, il faut fournir un certificat médical de l’organisation (certains auront celui de médecin et prendront 1h00 de pénalité, il ne plaisante pas avec ça), puis l’électrocardiogramme au repos, de mon côté pas de problèmes, mais certains seront obligés d’en repasser un, moyennant 200€, avouez que ça fait mal… Ensuite, les questions habituelles, la fréquence de la pratique du sport, habitué au trails ou non, puis le contrôle des calories, on a du remplir un tableau avant, et là j’avoue que je suis très surpris, je m’attendais à un contrôle draconien et en fait il n’en a rien été, tout est basé sur la confiance, néanmoins à n’importe quel moment de la course, ils peuvent vous arrêter pour contrôler le contenu du sac, il ne vaut mieux pas tricher, de mon côté la bouffe c’est sacré donc j’étais pas embêté de ce côté-là, j’avais ce qu’il fallait.
Dernière étape, on récupère les fameux dossards, et un commissaire dossard vous attends à la sortie, alors là c’est le point de règlement par excellence qu’il faut respecter sous peine de sanctions, un dossard sera mis sur le haut du sac à dos, et l’autre sur l’avant mais sur une zone ultra précise, je voulais mettre ma ventrale en haut et le dossard dessus, mais pas possible, cela m’amène à modifier mon portage, par contre à ce niveau-là le sac MDS WAA est juste parfait, c’est le sac de référence pour cette course en particulier, des crochets sont prévus pour le positionner correctement, et l’enlever quand c’est nécessaire.

On revient à la tente, et on sent que l’atmosphère est en train de changer, on est comme dénudé, ces 9 et quelques kilos sont vos seuls compagnons pour les 6 prochains jours de course, ça fait peu comparé à vos départ en vacance ou votre femme vous fait charger la voiture jusqu’à ce que le châssis touche les pneus… A ce moment-là c’est l’éternelle discussion : « Et toi ton sac il fait combien…ah oui mais moi je vais jeter ça demain matin… » bref, on est quasiment que des novices dans la tente alors il est sûr que l’excitation est à son comble.
Je passerais l’après-midi avec Michel à essayer désespérément de charger la GoPro avec un chargeur solaire mais en vain, ça à le don de nous énerver car n plus de ne pas pouvoir l’utiliser, il va falloir se la trimbaler  Qu’importe j’abandonne, j’ai mon appareil photo ça fera l’affaire.
DSC0313416h30, c’est l’heure du grand oral du directeur de course, tous les concurrents se rassemblent au centre du bivouac en arc de cercle, on se demande à quelle sauce on va être manger, tous les coureurs représentants une association ont porté un petit drapeau, ou chacun à le drapeau de son pays, la scène est assez sympa. Puis au bout de quelques minutes, BAUER arrive et monte sur le toit d’un 4×4 avec la traductrice, il nous souhaite la bienvenue, et va annoncer quelques chiffres, la scène est bien menée, on sent le coté marketing, ce n’est pas anodin mais ça fait partie du jeu.
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Il énonce les différents pays participants avec une bronca de chaque participants, a n’en pas douter, la colonie la plus brillante est la colonie anglaise, certain coureurs sont seuls, comme l’inde, l’Estonie…et même Tahiti (même si c’est la France, il vient de loin celui-là…). Vient ensuite la présentation des 2 vainqueurs de l’année dernière, Laurence Klein, et Salameh AL AQRA,  ils sont affutés croyez-moi, splendides dans leur tenue respective, mais ils sont également là pour nous montrer comment porter les dossards, quand je vous dis qu’ils ne rigolaient pas avec ça.
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Nous aurons droit à une démonstration concernant les toilettes construites à façon spécialement pour l’évènement, par un concurrent, un sacré fou rire… Puis le chef des docs trotteurs viendra nous parler de la prise des pastilles de sel ainsi que du déroulement des soins à la fois sur la course puis sur le camp. Reste un ultime détail à voir, l’utilisation de la fusée de détresse, par une fille dont j’ai oublié le nom, mais qui excuser du peu a traversé l’atlantique à la rame, et elle est dans l’équipe bénévole, sympa. Une fois le briefing terminé, il nous est demandé de se rassembler à l’intérieur des cordes qui forment le fameux 28 car l’organisation va prendre la fameuse photo depuis l’hélicoptère, l’ambiance monte encore d’un cran, cela fait partie des images qui reste gravée dans la mémoire…
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Il est temps de se ravitailler, à 18h30 il fait nuit donc, manger rapidement est important, surtout savourer car on y est, c’est le dernier repas avant l’autosuffisances, alors la moindre goutte de coca, la moindre miette de pain est savourée, car ce n’est pas demain la veille que l’on va y retoucher…
Ce coup-ci on ne s’est pas fait avoir, la tente est correctement fermée, on commence à être rodé, il est temps de dormir, demain c’est le grand jour !!!

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MDS 2013 (jour 1): Le grand départ…

Des mois de préparation, des dizaines et des dizaines de kilomètres, des heures à passer à peaufiner son équipement, peser la nourriture, reconditionner les lyophilisés, voilà que jeudi  4 avril, j’étais fin prêts pour le grand départ, c’était le début de la grande aventure.
18h00, ma femme et mon fils, me déposent à l’aéroport Toulouse Blagnac, direction Paris Orly. Après de longs adieux, ce n’est pas tous les jours faciles de laisser ces proches plus de 10 jours… je rentre dans le terminal, aperçoit ici et là quelques sacs rouges  Raidlight et d’autres jaunes MDS, un sourire en coin, pas besoin de long discours, on fait partie de la même histoire, les coureurs du sud-ouest se sont donnés rendez-vous au même endroit pour aller marcher dans le sable.
Je passe le portique de sécurité, un gros fou rire des contrôleurs quand ils voient mon sac que je peine à ouvrir tellement toute la place est optimisée, ils me demandent où je pars courir, et comprennent seulement à ce moment-là qu’ils ont vu passer d’autres coureurs durant l’après-midi, ils abandonnent totalement l’idée de me vider le sac, voyant la peine que j’ai eu à le faire ! On embarque, mon voisin dans l’avion me regarde des pieds à la tête et sourit également car je suis en train de feuilleter Esprit trail, il me dit : « Vous savez je suis coureur moi aussi, je pars au Marathon de Paris ! », il m’en fallait pas plus pour discuter, je lui expose de mon coté mes futurs plans, et nous voilà arrivé à Orly à 22h00.
Je change de terminal, car j’ai prévu de dormir à l’aéroport, non pas que dormir par terre m’excite mais il faut être là très tôt le lendemain matin, alors autant rencontrer d’autres coureurs dès ce soir-là. Il y en a partout ici et là, toujours ces sacs qui vous trahissent ou bien vous rapprochent, je m’assois sur un banc entre 2 coureurs qui sont à une dizaine de mètres de moi, je demande s’ils dorment là, ils acquiescent, j’avoue que je commençais à flipper un peu de dormir tout seul à ce moment-là. Puis tout d’un coup un
gars arrive tout en Salomon, Anton, un slovène, il nous dit que c’est son 5e MDS et qu’à chaque fois c’est pareil, il a un petit recoin pour dormir, on se fait pas prier, nous le suivons, il nous dégotte, un petit espace tranquille avec des prises 220 pour recharger nos portables, bref on sent l’expérience, on a tous duvet et matelas alors pourquoi galérer, ni une ni deux, nous voilà installé. Il y a donc Anton, un furieux amateur de courses par étapes, qui est juste le dernier vainqueur de l’Africa race au Cameroun, et du coup nous parlons d’un ami que nous avons en commun, Anton n’est pas du genre à se laisser surprendre, dans son sac, il nous sort bières et jambon de pays, mais on sent clairement qu’il n’est pas là pour se promener. Il me pose également des questions sur l’Ambit, qui n’a pas pris le temps de paramétrer en mode 50h, du coup il stresse un peu, et il me dit qu’il faut absolument qu’il trouve un concurrent japonais car ces gens-là ne se déplacent jamais sans leur ordinateur portable… Ensuite il y a un Tchèque, impossible de comprendre son nom, il ne parle pas anglais, mais ma foie il fait que sourire, et je le recroiserai relativement souvent durant la course sans qu’il n’arrive à me remettre. Notre dernier colocataire est Jean Pierre, un homme discret, 64 ans, c’est son 3e MDS, on pourrait le résumer en disant que c’est la force tranquille, jamais un mot plus haut que l’autre, on sentait qu’il profitait des derniers instants de repos avant la tempête.
IMG_1669Après quelques réglages, nous voilà tous couchés, ce n’est pas LE BRISTOL, mais on est au chaud et on peu dormir, vers 3h00 du mat des vigils viendront mettre un souk pas possible à 10m de nous, j’ai toujours pas compris pourquoi, mais voilà qu’il est déjà 6h00, l’heure pour nous de prendre un petit dej avant de fondre dans la foule arrivant à Orly.

Direction les comptoirs Transavia, je regarde le panneau d’affichage, le vol pour Ouarzazate de 10h40 est affiché, je me dirige vers le lieu de rendez-vous, on ne peut pas se tromper c’est l’effervescence, coureurs, amis, famille, tous sont là… On se croirait dans un SAS avant le départ d’un marathon, sa piétine, ça s’excite bref vivement que l’on parte. Tout d’un coup, on m’interpelle, c’est Michel, une connaissance que j’ai fait par internet, un dingue de course à pied, qui ne fait rien à moitié, la preuve, en aout il était à l’UTMB, en octobre, à la Diagonale des fous, et le voilà au MDS… il prend un café avec Jean, le corse, à lui on ne peut pas le louper avec son accent, du coup on reste tous les 3 tranquillement, en attendant d’être appelé. Autour, il y a du beau monde avec Laurence Klein et Damien Vierdet avec qui j’échange deux mots et qui me dit, « Aïe, plus de 9kg, ton sac, ça  va être chaud…. », hum…merci  Damien, parfait pour la confiance. On finit par laisser nos sac, puis passer en salle d’embarquement, là c’est un peu l’attraction, 350 coureurs avec leurs sac jaunes reconnaissables entre tous, les gens se retournent. On récupère une autre connaissance, Robin, le Montpelliérain, qui fera également parti de la bande, on prend 2,3 photos, mais attention, il faut garder de la batterie pour tout le périple ça va pas être facile.
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Puis on finit par embarquer. Je m’assois, commence à discuter avec le gars à coté, je lui demande d’où il est, « Toulouse », punaise j’en crois pas mes yeux, je luis réponds que je suis de Colomiers, et là il me dit que lui aussi en fait… J’ai dû courir plus de 2000kms sur les 12 derniers mois et l’on ne s’est jamais croisé alors qu’on habite à 5kms à vol d’oiseau, puis il me demande vers qu’elle heure je m’entraine, je lui réponds plutôt très tôt à jeun, et là il sourit en me demandant si je m’entraine avec une frontale, sourire réciproque, en fait cela fait 3 mois que l’on se croise tous les matins au même endroit, que l’on s’aveugle avec nos frontales, mais que ni l’un ni l’autre ne sait qu’il participe au MDS. On passera le vol à discuter course à pied, il ne fait pas semblant lui non plus, son dernier trip, Toulouse-Caen à 2 avec un suiveur, ça impose le respect…

IMG_1675Je regarde par-dessus le hublot, la couleur du sol a changée, on est vraiment dans les ocres, ça y est c’est le Maroc, les sommets de l’Atlas sont encore enneigés, on effectue une dernière boucle d’approche, et voilà que l’on atterri sur la petite piste de Ouarzazate, tellement petite, que l’avion fait demi-tour sur la piste, c’est la première fois que je vois ça pourtant je voyage…
On descend par la passerelle, première surprise, il ne fait que 16°, c’est plutôt une surprise, je m’entendais à autre chose, je sors ma Gopro pour faire un petit bout de film, batterie à 0, alors ça c’est le truc qui va m’énervé pour le reste de la journée, bref, direction la douane. Je pense qu’en temps normal s’il y a 3 avions dans la semaine c’est beaucoup, là il y en a 4 dans la matinée, autrement dit, on est pas sorti de l’auberge, on va faire la queue un peu plus d’heure, tout le monde se regarde, les bande de velcros sur les chaussures, d’autres ont déjà les guêtres aux pieds car ils les ont cousues, la situation est assez comique. On va finir par s’en sortir, récupérer nos baguages et là Mr BAUER Patrick (directeur de la course, pas le gars qui joue dans 24 ou dans Plus Belle la vie), nous accueille en personne, en nous souhaitant la bienvenue, je trouve ça assez sympa.

Direction les bus, tout est programmé au millimètre, on monte et là c’est le drame, on nous annonce au moins 5h30 de bus pour se rendre au départ, aïe ! Nous voilà tous les quatre regroupés à l’avant du bus, ça sent la colonne vertébrale de la future tente. Nous sommes trois bus à partir en même temps, c’est un peu une sorte de convoi spécial, trois autres sont partis une heure avant, nous sommes escorté par 2 4×4 à l’avant et à l’arrière, après avoir roulé 10mn, on s’arrête pour charger les lunch bags ainsi que de l’eau en bouteille Sidi Ali (ces bouteilles seront un peu nos « doudou » pour les 9 prochains jours) et c’est parti.
IMG_1677Alors là, il faut avoir le cœur solidement accroché, car premièrement on n’est pas du tout sur nos autoroutes bien entretenues, mais sur des routes au relief chaloupés, après 1h00, il y en a déjà qui sont malades dans le bus de devant, un arrêt s’improvise avec une première intervention des docs, on sent que le voyage va être long. La route, sur le papier fait 2 voies, mais en réalité, elle n’en fait qu’une et demi, et si par malheur vous croisez un camion, c’est pas pour cela que l’on va ralentir, on manquera de se renverser une ou deux fois… ça serait dommage, on a pas commencé à courir.
Après 1h30, vient le temps de s’arrêter pour manger, il est vrai que depuis 18h00 la veille, j’ai le ventre qui commence à crier famine. On descend du bus, et là, un vent à décorner les bœufs, c’est également la pause pipi, tout le monde à sa petite pudeur, et s’éloigne jusqu’à 500m, on verra que ce petit détail, n’aura plus sa place après quelques jours de courses et de cohabitation. On découvre se petit paquet repas, bien fournit, cacahuètes, saucissons, Tuc, Taboulé, abricots secs, compote et jus de fruit, repas complet en quelques sortes. Mais le détail qui tu concernes l’eau, comme tout coureur, avant chaque compétition on se force à boire des litres et des litres, encore plus lorsque l’on part courir dans le désert, mais voilà il reste encore presque 4h00 de bus, je vous explique pas le nombre de pauses pipi qu’il va falloir faire. Une fois le repas englouti, tout le monde remonte pour effectuer la dernière ligne droite. A ce moment-là le temps semble très long, tout le monde s’inquiète de plus en plus, et aux alentours de 18h, nous arrivons proche du bivouac, mais on nous indique qu’il faut rester sur ce bord de route, car les espagnols sont en train d’arrivés… Après la coupe du monde, ils nous passent devant même à ce moment-là, on va patienter encore un long moment la nuit est tombée, et l’inquiétude guète.
Ca y est, on à le feu vert, on redémarre, et on nous dépose au point d’extraction. Là 2 camions de l’armée marocaine (transport de troupes) nous attendent, on monte dedans, pour faire 2kms jusqu’au bivouac ! A ce moment-là, on y est, impossible de faire marche arrière. Place à la recherche d’une tente, les anglais sont là depuis midi, ils sont déjà au lit, nous c’est le début de la galère, on sait que les français sont dans les tentes de 50 à 100, on en cherche une avec 4 place libres, à force on trouve le précieux sésame, la tente 77. Le vent redouble, elle est ouvert au quatre vents, le tapis au sol est remplit de sable, mais bon, on est heureux d’être là. On jette les sacs, et direction la cantine en plein air, ou le repas nous est servi. Ce soir-là c’était une sorte de tagine, un régal. Une fois le repas avalé, on repart vers notre petit chez nous à l’aide de nos frontale, il y a encore plus de sable que l’heure d’avant, puis arrive nos quatre nouveaux colocataires, une connaissance de l’aéroport, Jean Pierre, et la fine équipe Eric, Momo, et Yassine, nous voilà tranquille, nous allons passer notre première nuit dans le désert marocain.
Passer une nuit, il faut le dire vite, il y a tellement de vent, qu’une fois dans le duvet, ce sont des sceaux de sable qui vous rentrent dedans, il fait très froid, le tout cumulé à la fatigue, nous n’allons tous dormir que par tranche de 2h00, il y a pas à dire on est dans le bain…

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Article La Dépêche du Midi 21/04/13

part1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/21/1610668-colomiers-bertrand-revient-du-marathon-des-sables.html

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Le 1er jour du reste de mon MDS…Etape 1

ETAPE N°1

MDS 28 Etape 1A BIS 0113JEBEL IRHS / OUED TIJEKHT : 37,2 Km

Km 0 : Prendre direction Sud (cap197°) jusqu’au Km 2,2. Peu vallonné.
Km 2,2 : Passe dans Jebel Mech Irdane. Virer à gauche dans la vallée direction S/E (cap135°).
Km 3,9 : Franchir la passe caillouteuse puis suivre E/SE (cap 116°) jusqu’à la passe suivante.
Km 5,1 : Passe sablonneuse.
Km 5,5 : Sortie de passe. Prendre direction Sud (cap 177°) jusqu’au groupe de palmiers.
Km 7,3 : Groupe de palmiers. Rejoindre le pied du jebel.
Km 7,8 : Petite montée dans le jebel.
Km 8,5 : Pont Rheris. Virer à droite à la sortie puis direction Sud (cap 172°) jusqu’au CP1.
Km 9,1 : Terrain accidenté, crevasses du lit de l’oued Rheris.
Km 9,7 : Sortie d’oued. Bien suivre balisage pour éviter les failles profondes du bord d’oued.
Km 11,3 : Crevasses.
Km 12,8 : Entrée des dunettes.
Km 13,4 : CP1. Prendre direction S/SO (cap 198°) pour sortir du champs de dunettes.
Km 15,1 : Pointe de relief à main gauche.
Même direction (cap 196°) à travers bosses de sable et herbes à chameaux.
Km 16,7 : Passage dans petit amas rocheux. Traversée la vallée direction Sud (cap192°)
Km 18 : Reliefs vallonnés. Suivre sentier pour atteindre le plateau.
Km 19,4 : Sommet du plateau. Descendre vers la passe sablonneuse direction Sud (cap 174°)
MDS 28 Etape 1B 0113Km 22,2 : Traverser champs de dunes cap 200°.
Km 24,8 : CP2 à la fin des dunes de l’erg Aitoulhetan. Prendre direction Sud (cap 184°)
Km 26 : Passage sablonneux dans petit relief. Prendre direction S/SE (cap 153°) jusqu’au Km 33.
Km 28,8 : Traversée d’un lit d’oued sablonneux. Vallée ± caillouteuse.
Km 29,7 : Petite maison à main gauche.
Km 33 : Jebel à main droite. Vallée caillouteuse. Direction Sud (cap 173°) jusqu’au Km 34,2
Km 34,2 : Sommet d’une petite passe sablonneuse dans le jebel Amessoui.
Suivre le lit d’oued qui descend jusqu’au bivouac, direction S/SO (cap 213°).
Km 37,2 : Arrivée B2.

 

CARTE ETAPE 1

 

Voilà les gars, je suis actuellement en 379e place, j’ai bien passé le 2eme PC je viens donc d’etre ravitaillé en eau… je continue d’avancer… a plus tard….

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MDS jour 1…Que mon aventure commence….

Journée de contrôle

• 06H15 à 07H30 : petit-déjeuner organisation presse + 3 l d’eau minéraleDRAYMDS2012-04-13-2630
• 07H30 à 08H30 : petit-déjeuner concurrents remis par AOI
• 06H30 à 07H30 : distribution de 4,5 litres d’eau sur le bivouac

08H30 : contrôles administratifs et techniques par vagues de 150 concurrents et par ordre de numéros de dossards, toutes les heures

• 12H00 à 13H30 : déjeuner concurrents remis par AOI
• 13H30 à 14H30 : déjeuner presse et organisation
• 17H00 à 18H00 : breafing général de présentation (obligatoire) concurrents, presse.
• 19H00 à 20H30 : dîner concurrents
• 20H30 à 22H00 : dîner organisation et presse + distribution de 1,5 l d’eau minérale
• Nuit bivouac

A très demain tout le monde pour la suite de mes aventures

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ensablées …

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Contenu du sac à dos MDS…la chasse au superflux

Je ne suis pas parti que le MDS, c’est déjà pas mal d’émotions, notamment la premier courrier que tu recois et qui t’attribue ton numéro de dossard, pour moi 405! Il y a également les gros sponsors que l’on décroche, et cette fameuse petite phrase: « C’est OK on vous accompagne dans cette aventure! ».
Mais un des plus gros moment c’est quand tu te retrouve face à tout le « barda » qu’il faut emmener durant cette épreuve, que tu as ton sac à la main, et là tu dis, ça va jamais rentrer! Un peu comme la veille des grandes vacances quand il faut charger la voiture…
Avant ça donnait ça:
 


Certes j’ai peut être pas adopté le même chargement que tout le monde, mais je pense avoir l’essentiel, j’ai le matos obligatoire (c’est le plus important) et au final tout est rentré!!

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Prépa MDS 12/13: On commence à faire du jus


Comme lors d’une prépa marathon classique, les deux dernières semaines sont primordiales, on ne baisse pas forcément le nombres de sorties la première semaine, mais on baisse l’intensité, la fatigue est belle est bien là, il me manque quelques fois l’envie même de temps en temps, du coup j’ai ré adapté mon entrainement pour faire le « juste ce qu’il faut ». Les dés sont jetés de toute façon, le travail de fond a été fait, ce ne sont pas les petites sorties d’une heure qui vont changer la fin des choses.
Par contre j’ai vraiment profité de ce temps là, pour essayer tout le matériel et même faire une sortie avec le sac définitif pour valider le « sanglage » et que rien ne cloche.
Mardi: Sortie 1h00 à 11km/h, en mode testeur Kalenji avec toute la panoplie trail, 11.01km en 0h58, chaussures Kalenji XT3
Vendredi: Sortie 1h00 allure MDS, en mode validation du collage du velcros,11.41km en 1h01, chaussures Adidas Riot 5
Samedi: Sortie 1h30 avec 2×15′ allure 3, pas du tout facile sous la pluie et face au vent, 15.60km en 1h18, chaussures Adidas Boston 3
Dimanche: Sortie 50′ allure MDS, avec 9kg sur le dos et tout le bardas MDS, 8.55km en 0h50, chaussures Riot 5 + guêtres

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A quoi ressemblera l’homme des sables…

Je n’aurais jamais pu prendre le départ du prochain  MDS 2013, sans l’aide des sponsors qui m’ont aidé financièrement à monter ce projet: Jet Alu, La fondation Credit Agricole, Le Pousse au Crime, L’Alégria, New Tech Distri, Pyrenex, Raidlight…
Donc si sur le suivi live webcam des arrivées vous me cherchez, voici à quoi je ressemblerai:
 

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Qui suis-je

Records CAP
- 5km: 19'31 (Larra,2012)
- 10km: 40'44 (Toulouse,2012)
- Semi: 1h32'01 (Carcassonne, 2012)
- Marathon: 3h21'22 (Paris, 2012)

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